‹ Les cris de ParisChapitre 8 sur 26 · UN PORTEUR D'EAU · texte numérisé non relu

UN PORTEUR D'EAU

A l'eau ! à l'eau î (Il traverse le théâtre.')

JACQUOT

Un coup de brosse , la pratique ?

GRaND-JEAN.

Oh! il est joliment brossé comme ça.

HYPOLITE, à Jacquot.

Allons , dépêche-toi. ( 17 met son pied sur la sellette de Jaauot qui le décrotte.

GRAND- JEAN

Vous v'ià ben calé pour rentrer dans vot' magasin.

HYPOLITE

Oh! je le lâche pour aujourd'hui ; il faut que je trouve de l'argent et que j'essaye de rattraper celui que j'ai perdu.

GRAND-JEAN

C'est ça, allez-moi ben vite mettie en pension vot' toquante et vos berloques ; l'préfets'chargerades mois d'nourrice. Oh! dépravation des mœurs! démolition générale des hommes, des femmes, des enfans , qui atteindra jusqu'au dernier mioche d'ia société.

HYPOLITE , bas à Jacquot.

Tu comprends ce que je t'ai dit ?

JACQUOT

Pardine! c'teslaminet qu'est z'au coin dla rue des Lavandières ; jVois ça d'ici. J'irai vous avertir aussitôt que mademoiselle Claudine s'ra arrivée... Ah! ça, vous y serez ?

H1PPOL1TE.

Peti bêta' puisque je te dis que je t'y attendrai ; Ne dis met à personne.

JACQUOT , finissant de le cirer.

V'ià ce que c'est, not' bourgeois .

( io )

HYPPOLITE

Tiens, voilà une pièce de quinze sous;

JACQUOT

JVas queri d'ia monnaie.

HYPOLITE

Garde tout , et ne manque pas de venir me chercher.

JACQUOT

Soyez paisible, mon petit homme. Jarni, v'ià une bonne enne. A

.AKD-JEAN. Il regarde plusieurs marchands de légumes et de paissons qui viennent étaler slir la place.

Allons, allons, v'ià le marché qui s'meuble ! . . . chacun

se rend à son poste. J'aime ce tableau là , mol.

AlR du Vaudeville des Blouses.

Vive la hall' , vive à jamais la halle ! Elle aliment' les petits et hs graTwte; C'est la nourrie' de not' bonn' capitale, Elle doit ètr' chère à tous ses eiafans..

Tandis que chaciui dort sur les d'eux oreilles , L' bon paysan Ljuitt' ses 1 us-tiques- toits } Et ben gai ment du produit de ses veilles , Vient engraisser ucs paisibles ))Ourgeois.

Là , le pêcheur, sans filets et sans uasse ,

Prend , tant qu'il \tuit, toute espèc' de poisson ,

Et le chasseur peut faire bonne chasse ,

Sans aucune arme , et sans poudre , et sans plomb.

S 'Ion les états chez nous chacun s'.dliehe , Guy' a z'en tout temps des densé's à tout prix : Des turbots fins pour la tablé du riche, L'es harengs sauis pour le pauvre commis.

Pour vendr , ach'ter, lout's les bouch's 6ont ouvertes ; Pour son commerce en u* s'enrhume jamais ; Tandis qu' l'un crie : à deux, sous les noix vertts ! Un autre crie : à deux liards les Anglais!.

Four les gourmets , et surtout pour les belles , Les fleurs, les fruits aruv'ut en tout' saison ; C'est là qu'on irouv' des ros's toujours nouvelles, Du lait tout chaud et des oeufs frais. . . de Lyon.

( fi )

O. ique province j fait acte d' pre'seuce : Bri' , Fontain'bleau , le Mans lant rechercha. Si bien qu'on peut faire sou tour de Fiance , Pourvu qu'on veuill' fau' le tour du marche.

U ;n- les emplois faut toujours qu'on s ' démène ; Tour prend' vot' place , on voit tant d'intrigans ! Chez nous, du moins , gn*y a pas d'mtrigu qui tienne ; On n' prendra pas la p!aerdés lnnocens.

Pour nous fronder , j 'avons pas d' jonrfiaiistes , Sans s' tourmenter chacun fait son e'ieiuin ; Ici , 1' coco coul' pour tous les artistes , Et la foulain' pour tous les maichands d' vin.

J' sais que j'avons les formes un peo grossières , Et que j' pailons sans ortographe. . . . Mais Lorsque j' disons qu' tous les Français sont fières , J' crois que j' parlons tout d' même eu bon français.

Vive la hall' ! rive à jamais Li halle ! Elle aliment' les petits et les grands •, C'est la nourrie' de uot' bonn' capitale , Elle doit ètr' chère à tous ses enfans !

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