‹ Les crises nitritoïdes localiséesChapitre 10 sur 28 · DEFINITION · texte numérisé non relu

DEFINITION

Le grand accident de l’arsénothérapie de la syphilis, la crise nitritoide généralisée peut se définir cliniquement : un accident aigu brutal de vaso-dilatation portant tant sur la peau et les muqueuses de la tête, que sur les organes profonds où il va parfois jusqu’à déterminer des hémorragies. C’est lui qui produit la congestion intense avec tuméfaction du facies, des lèvres, de la langue; les fourmillements aes membres; la céphalée fréquente ; le gonflement de l’épiglotte ; l'injection conjonctivale. C’est enfin à ce phénomène que la crise doit son nom qui lui a été donné par M. MiLrax, à cause de son analogie avec la vaso-dilatation du nitrite d’amyle. On peut donc résumer cette définition strictement objective de la crise par deux mots : vaso-dilatation et sa conséquence — inconstante — l’hémorragie. La vaso-dilatation sera donc l’élément que nous exigerons pour porter avec certitude le diagnostic de crise nitritoïde nous permettant d'éliminer tous les autres accidents susceptibles de la simuler, et même s’associant parfois à elle.

Nous pouvons donc donner maintenant la définition de la crise nitritoide localisée :

Accident de vaso-dilatation aigu limité à un territoire quelconque superficiel ou profond.

Notre définition élimine tous les accidents qui, étant

pire

localisés et survenant très brusquement, parfois au cours d’une injection de 914, pourraient en imposer pour des crises nitritoïdes localisées. Au nombre de ces accidents sont tous les phénomènes biotropiques directs localisés dûs à une exaltation, chez un syphilitique, du tréponème en un point déjà touché antérieurement par lui (récidives sur un organe, réaction d'Herxheimer..) ; et aussi tous les accidents biotropiques indirects localisés, chez un sujet touché antérieurement par un germe quelconque.

Tous ces phénomènes, purement microbiens, n’ont rien à voir avec la crise nitritoide, accident {oxique. Il faut savoir les en différencier cliniquement : c’est l'élément vaso-moteur qui nous le permet.

Le diagnostic sera facile quand cet élément sera visible, ou décelable par une hémorragie extériorisée dans la suite ; mais, par contre, il sera beaucoup plus difficile en cas d’atteinte profonde, viscérale : heureusement que la plupart du temps, ces cas s’accompagnent soit d’une congestion légère et fugace du facies, soit d’une crise franche généralisée qui ouvre la scène, pour se localiser ensuite rapidement sur un viscère déterminé ; on peut alors, si l’on veut, parler de crise secondairement localisée. Maïs si la vasodilatation n’est pas cliniquement évidente, le diagnostic doit être réservé. Il faut du reste savoir qu’il peut devenir extrêmement difficile, comme nous le verrons plus loin, en cas d'association à une crise nitritoïde authentique de ces phénomènes biotropiques dont nous avons parlé plus haut.

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