‹ Les crises nitritoïdes localiséesChapitre 9 sur 28 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans son mémoire initial (1921) sur la crise nitritoide — qu’il avait déjà décrite pour la première fois en 1911 à la Société Française de Dermatologie, — M. MiraN établissait d'emblée, à côté d’une étude clinique minutieuse, la pathogénie réelle de l’accident et le traitement qui en découlait rationnellement : l’administration d’adrénaline. Il mettait en évidence l’action toxique élective du 914 sur le système nerveux sympathique et dans certains cas sur les glandes surrénales — dont la physiologie est du reste étroitement liée à celle du sympathique —. Il rapportait déjà quelques cas de crises nitritoïdes localisées à un territoire sympathique limité, où l’on pouvait même, dans certaines observations, retrouver la lésion nerveuse antérieure, expliquant ainsi que des doses de 914 trop faibles pour être toxiques normalement puissent chez de tels sujets, au système sympathique amoindri, déterminer des accidents. De plus, par le fait même que la crise nitritoïde pouvait se manifester sur un territoire nerveux limité, se trouvait écartée l'hypothèse d’un trouble humoral physico-chimique, soutenue par certains auteurs pour expliquer la crise nitritoide banale ; on ne voit guère, en effet, comment un processus aussi général pourrait déterminer des accidents parfois singulièrement limités,

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Depuis cette époque, d’autres cas de crises nitritoïdes localisées ont été publiés — en particulier par M. GOUGEROT -— venant renforcer encore cette théorie pathogénique déjà bien solidement établie. Actuellement, après les travaux de divers collaborateurs et élèves de M. Micraw, elle apparaît comine la seule capable d’expliquer tous les faits cliniques observés.

Dans ce travail, nous essaierons de montrer, en groupant la grande majorité des observations connues de crises nitritoides localisées, superficielles ou profondes — viscérales —, comment la théorie pathogénique sympathico-surrénale se trouve étayée par chacun de ces faits, dont certains sont encore inédits. Nous irons du simple au complexe ; de l’accident le plus localisé, aux atteintes viscérales plus diffuses. Et nous serons alors amené à décrire certains accidents dans la pathogénie desquels une notion récente se fait jour : ce sont les cas de crises nitritoïdes viscérales associées à une réaction biotropique directe localisée sur le viscère touché. Cette notion capitale, si elle vient compliquer la pathogénie de ces tableaux cliniques très complexes, n’en est pas moins riche en déductions thérapeutiques et permet d’entrevoir un traitement plus efficace d'accidents graves, jusque-là souvent mortels.

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