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CHAPITRE II

LA CRISE NITRITOIDE LOCALISEE AUX PAUPIERES

Dans cette forme, les accidents deviennent singulièrement localisés, puisqu'ils ne débordent pas la région conjonctivo-palpébrale. (Observation de M. Mira.)

Un homme, âgé de 40 ans, vient consulter le 26 octobre 1928 pour un chancre syphilitique de la verge datant de 25 jours. On décide immédiatement la mise au traitement par le 914 et à 5 heures du soir le patient recoit une injection de 0,30 de novar par la méthode lente à la gaveuse après dilution étendue dans le sérum artificiel; de plus cette solution est additionnée de traces d’adrénaline. L’injection qui dure 10 minutes ne s’accompagne d’aucun incident; mais cinq minutes après la fin de celle-ci, le malade accuse une sensation de gêne dans les yeux sans autre malaise général. Les conjonctives oculaires et palpébrales sont violemment injectées; en même temps survient un œdème des paupières supérieures et inférieures augmentant progressivement, cependant qu’elles prennent une teinte légèrement rosée. Cet œdème aboutit à une oblitération complète de la fente palpébrale, celle-ci ne pouvant plus s’ouvrir de plus d’un millimètre. Il existe un peu de rougeur du front, mais aucune modification des téguments de la face, ni des muqueuses buccopharyngées (voile du palais et luette intacts). Le malade masque ses yeux de sa main comme pour les protéger de la lumière. Il présente comme seul phénomène concomi-

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tant à cette crise de vasodilatation conjonctivo-palpébrale, une petite toux sèche, assez fréquente, sans dyspnée; il n’y a pas de nausées, ni de vomissement. Il reçoit la « rinçure de seringue » d’adrénaline : il ressent immédiatement une sensation d'angoisse pré-cordiale, avec accélération du pouls et pâleur intense du visage, tous symptômes qui montrent bien qu’il réagit normalement à l’adrénaline et qu’il ne s’agit pas d’une intolérance générale au 914. La réaction empêche du reste de renouveler cette dose, bien que l’œdème palpébral n’ait subi aucune modification; il persiste encore quelques heures, pour disparaître dans la nuit. Il est à noter que le sujet présentait des lésions intra-nasales (altérations de la muqueuse). |

Cette vaso-dilatation locale semble donc bien sous la dépendance du sympathique qui commande à la région ; peut-être y avait-il une altération de ce nerf en rapport avec les lésions nasales anciennes du sujet ? En tout cas, on ne peut pas s’empêcher de faire un rapprochement entre cette observation et les nombreux cas de conjonctivite arsenicale décrite autrefois par M. MizraAN comme signe prémonitoire d’intoxication.

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