‹ Les crises nitritoïdes localiséesChapitre 17 sur 28 · HAUR · texte numérisé non relu

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de Wassermann reste très positive. Le malade effrayé par ces derniers incidents reste un an sans venir, se contentant d’un traitement mercuriel. Quand on le revoit après ce délai, on constate une aggravation importante de tous les symptômes qui l'avaient amené la première fois, et de plus on note un phénomène nouveau : une sudation constante de jour et de nuit qui occupe le côté gauche de la tête à l'exclusion de la région matillaire inférieure, sans trouble de la sensibilité objective (chaleur et douleur) dans cette même région. Le sujet reçoit donc 0,15, 0,30 et 0,45 de néo-salvarsan; les deux premières injections ne donnent lieu à aucun incident: mais la troisième est immédiatement suivie de nausées, d'efforts de vomissements, sans congestion du visage; puis surviennent des crachats de sang presque pur alternant avec d’abondantes expulsions de salive pure ou mêlée de sang. Cette salivation sanglante dure sept heures. Une semaine après, nouvelle crise de sialorrhée sanglante à l’occasion d’une injection de 0,45 : salive d’abord pure, puis mêlée de sang rose, pour devenir ensuite rouge noirâtre. L’injection suivante est constituée par une ampoule de chlorhydrate de pilocarpine intra-musculaire à la place du néo : elle est bientôt suivie d’une sensation de fraicheur avec sudation sur la moitié gauche du front qui ensuite va s'étendre à toute la face en devenant abondante; en même temps sialorrhée importante mais non sanglante. Dans la suite on a pu reprendre le néo en faisant précéder chaque injection d’une autre, intra-musculaire, d’adrénaline (1 milligramme). Les incidents se réduisent alors à un vomissement immédiat avec sialorrhée non sanglante. Il semble s'être produit une amélioration des lésions sous l'influence du traitement.

Voici donc encore une ancienne et très belle observation, riche en conclusions pathogéniques.

Le système sympathique de ce tabétique est certainement atteint ; on sait l'importance de l’altération de ce nerf dans la détermination de nombreux symp-

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tômes de la maladie. De plus, cette altération prédomine nettement à un territoire cutané, la peau de la moitié gauche de la tête qui est le siège d’une sudation importante, c’est donc dans ce territoire que va se produire l’accident de vaso-dilatation. Et cet accident, nous allons le reproduire, à l’hémorragie près, par une injection de pilocarpine, inhibiteur du sympathique. On ne saurait mieux démontrer l’action du 914 sur ce nerf ; cette observation a la valeur d’une constatation expérimentale. On voit dès maintenant combien ces faits de crises nitritoïdes localisées sont instructifs quant à la pathogénie de la crise nitritoide en général ; ils mettent bien en évidence le rôle joué par le système nerveux sympathique ; et l’on ne peut s'empêcher de conclure à un rôle analogue dans la grande crise généralisée avec, dans ce cas, manifestations d’insuffisance surrénale associées.

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