MAI T
3° L'épreuve de MARTINET est d’une interprétation difficile lorsque l’ensemble des résultats obtenus ne classe pas le sujet comme franchement € normal » ou franchement « hyposystolique ». Or, nous avons très fréquemment observé une discordance, non seulement entre ses trois parties (A, B et C), mais même entre les divers facteurs (P, Mx, Mn) d’une seule d’entre elles. C'est là un obstacle à une utilisation efficace de cette épreuve. :
49 L'épreuve de CRAMPTON serait à retenir davantage, à ne considérer ses résultats chez les sujets { normaux ». Sa valeur est plus discutable si l'on envisage la comparaison de ses résultats avec ceux fournis par les autres épreuves similaires chez les sujets malades. SCOTT, nous l'avons déjà dit, en tient d’ailleurs moins compte que de l'épreuve de SCHNEIDER.
50 Quant aux épreuves de LIAN et de SCHNEIDER, les résultats obtenus isolément avec chacune d'elles, nous avaient déjà montré tout leur intérêt. La discussion de la valeur comparative des épreuves nous a démontré, en outre, que les données fournies par ces deux méthodes concordent de façon très satisfaisante, dans la très grande majorité des cas, d'une part entre elles, d'autre part avec l'état clinique du sujet considéré.
Nous pensons donc donc que ces deux épreuves sont appelées à rendre de grands services dans la pratique journalière, et ne méritent pas le discrédit total dans lequel elles sont tombées. Et ceci nous amène à discuter deux objections faites par leurs détracteurs à ce mode
d'examen :
LR oUve
19 Les épreuves en question ne sont pas des épreuves d'aptitude « cardiaque ».*
Nous reconnaissons, avec VAQUEZ, que « l'accélération cardiaque est un phénomène complexe, relevant au moins de quatre facteurs (excitation du système nerveux accélérateur, intra ou extra cardiaque : diminution des résistances périphériques et plus où moins grande facilité de l'évacuation de l’ondée sanguine : difficulté de la diastole et, par suite, défaut de déplétion des ventricules; manque d'énergie de la systole conditionnée par un affaiblissement de la force du ventricule) et résulte non pas de l’un quelconque de ces facteurs, mais de l’action combinée de plusieurs d’entre eux » Et il convient même d’ajouter encore aux éléments ci-dessus énumérés la diminution de tonicité du vague, qui semble bien avoir un rôle prépondérant dans la genèse du phénomène ( cf. Louis MERKLEN, 105).
De même, la pression artérielle « est le produit de trois facteurs principaux : énergie des systoles cardiaques, volume de l’ondée sanguine qu’elles propulsent et résistances périphérique », (Pierre MERK- LEN, 101).
Un autre fait encore ressort bien de nos propres observations : sans être, à proprement parler, des cardiaques », un certain nombre de malades (tuberculeux, néphritique, etc.) présentent aux épreuves d'aptitude « cardiaque » des réactions aussi insuffi- Santes — sinon davantage — que des cardiopathes francs.
Faut-il voir là des raisons logiques pour condamner
définitivement ce mode d'examen ? Loin d'y puiser un argument contre les épreuves, nous inclinerons volontiers à y trouver une nouvelle preuve de leur valeur. N'étant plus de simples épreuves fonctionnelles « cardiaques », elles prennent, en effet, un sens beaucoup plus général et deviennent ainsi de véritables critères d'aptitude physique, dont l'utilité, nous l'avons déjà dit dans notre ( introduction, » devient de jour en jour plus évidente dans des cas de jour en jour plus nombreux (armée, industrie, éducation physique, sports, etc.).
En définitive, ce qu'il faut critiquer, c’est beaucoup plus, à notre avis, le terme ( cardiaque » que les « épreuves » fonctionnelles, elles-mêmes.
2° Les épreuves d'aptitude cardiaque à l'effort sont dangereuses. Nous-même avons observé (observation 74) un sujet qui, lors de l’accomplissement de l'épreuve de LOEHE, fut pris d’une dyspnée intense avec cyanose et sensation d’étouffement, symptômes qui nous amenèrent à ne pas poursuivre l'examen fonctionnel plus avant.
Nous devons, en outre, à l’obligeance de M. le professeur PERRIN les deux observations inédites
suivantes : | OBSERVATION A
M. X.., brigadier du train, âgé de 34 ans, chapelier, scarlatine dans l'enfance : aurait eu de la péricardite à 18 ans, mais avec moins d'une semaine d'invalidité ; trois ans de service dans l'infanterie ; à 26 ans, œdème des pieds sans albuminurie. Mobilisé d’abord dans l'auxiliaire pour fracture, puis versé dans le service armé et utilisé comme automobiliste. Lors d’une visite à l'occasion d'un change-
ment d'unité en 1917, on trouve un cœur suspect et cn le fait affecter comme secrétaire. En septembre 1917, est évacué avec les diagnostics successifs de crise d'asystolie, myocardite et arythmie.
Séries alternées de congés de convalescence et de séjours au dépôt. Le 14 janvier 1918, il m'est adressé par le médecin du dépôt avec le diagnostic de ( myocardite chronique, arythmie ». Il se plaint de dyspnée d'effort, de dyspnée nocturne avec insomnie de « doigt mort » le matin, de palpitations avec sensation d'angoisse revenant toutes les heures environ et durant une à deux minutes.
Pointe du cœur basse, roulement présystolique, parfois dédoublement du deuxième bruit. Pouls petit et irrégulier : 60 à 88, selon les jours ; arythmie perpétuelle. Le Pachon donne 16/9 et plus tard 16/6. Foie débordant toujours trouvé douloureux, débordance (variable) jusqu'à deux travers de doigt ; subictère.
Pas d'œdème, urines ordinairement abondantes (régime lactovégétarien) avec peu d’urée et d’acide urique. Réactions sérologiques négatives.
Une épreuve de résistance cardiaque à une minute de pas gym-
nastique sur place, au début de février 1918, risque de provoquer une catastrophe ô
Avant : pouls à 76. Le malade, après la minute de pas gymnastique sur place, reste debout dans la position de repos.
(T-mmute apres Va. PRE 76 2e — in MEL RAT PE EEE 56 ge RAS MER AS 52 4e SR PRES NET FE a LE 5° D A NE A TS MERE 52 6° DA LOTS RAD SUR SUN TEN CNERREES 48 15° A EM AS ROUE NRA AL er ee 68
(On doit asseoir le malads, qui accuse: une sensation d'anhélation avec peu d'angoisse.)
J'ai conclu à une myocardite chronique avec légère sténose mitrale, les lésions du myocarde étant prédominantes (arythmie perpétuelle, blocage du cœur au cours de l'épreuve du pas gymnastique). J'ai donc proposé ce brigadier pour réforme avec pension, en raison de l'aggravation probable pendant son séjour aux armées des troubles cardiaques latents. AS
"Qu