OBSERVATION B
M. X..., artilleur de 45 ans, pêcheur, traité en mai 1916 pour coliques hépatiques ; en février 1918, il est évacué pour asthénie et mauvais état général ; en maïs, on constate de l'arythmie cardiaque. Il a une première crise de tachycardie le 10 mars 1918, de 8 à 9 heures du soir, sans perte de connaissance ni crise épileptiforme ; deuxième crise en avril.
Débutant brusquement, cette tachycardie est discontinue, s'’arrêtant quelques minutes pour reprendre ensuite. En dehors des crises, il n'y a pas de véritable tachycardie, mais des faux-pas du cœur assez fréquents. Etat général médiocre.
Cœur petit, pas de frémissements ; rien à l'aorte, souffle systolique à la pointe s'entendant surtout après un effort. Dédoublement du deuxième bruit à l’orifice pulmonaire et à la pointe. Une minute de pas gymnastique sur place le 24 avril est mauvaise :
Avant l'épreuve : pouls 68.
Après l'épreuve :
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(Au cours du.pas gymnastique, syncope avec pause cardiaque : le malade reste ensuite couché, le pouls est très arythmique.) ee Après une longue période de repos et de traitement, le 28 juin
1918 on essaie de lui faire faire des mouvements de flexion (pouls antérieur 104). Après 20 mouvements assez lents, syncope.
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Ici encore, mais moins immédiatement et moins nettement ralentissement du pouls par blocage.
Il s'agissait donc encore ici de myocardite scléreuse avec -arythmie perpétu Ile et légère endocardite. Le moindre effort était mal supporté. Proposition pour la réforme,
À la suite de ces deux cas, ajoute M. le Professeur PERRIN, j'ai formellement interdit à mon entourate de faire des épreuves de résistance cardiaque dans tous les cas de lésions mal compensées, d'insuffisance ventriculaire manifeste, d'arythmie perpétuelle, d'œdèmes, etc,
Il faut à mon avis les réserver aux sujets plus résistants.
Nous conviendrons donc volontiers que certaines épreuves ne doivent pas être effectuées par des individus à lésions cardiaques mal compensées et que, notamment, les épreuves de LIAN (une minute de pas gymnastique sur place), de MARTINET (vingt flexions des genoux en 20 secondes) et de LAUBRY (course de cent mètres) demandent un effort relativement trop intense pour ce genre de sujets. Mais nous croyons également que l'épreuve de SCHNEIDER peut être effectuée sans danger par un très grand nombre des malades que leur état n'oblige pas à garder cons- tamment le lit. L'exercice consistant à passer de la
position couchée à la position debout, et à monter cinq fois sur une chaise en l’espace de quinze secondes ne nous parait pas, en effet, capable de provoquer des accidents sérieux.
Nous concluerons donc en préconisant l'emploi du test de SCHNEIDER — sans que celui-ci dispense d'ailleurs des procédés ordinaires d'investigation clinique — pour tous les cas où il est nécessaire de se rendre compte rapidement de l'aptitude physique d'un sujet donné. En cas de résultat favorable, les renseignements ainsi fournis seront utilement complétés par l'exécution de l'épreuve de LIAN, si le sujet semble en mesure de la supporter.
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