II. — TRAVAIL MUSCULAIRE
Du fait qu'ils sont mieux connus, les effets.de l'activité musculaire sur la fréquence du pouls d'une part, sur la pression artérielle d'autre part, nous retiendront moins longtemps.
A) Effets sur le rythme du pouls
Dès 1735 (voir p. 11), BRYAN RoBiNsoN (123) avait signalé l’action, sur le rythme cardiaque, des courses de « vitesse » et des courses « de fonds ». Les travaux confirmatifs n'ont pas manqué depuis lors ; et, au cours des dernières années, l'extension, prise par l'éducation physique et les sports ont suscité — et suscitent encore journellement — sur ce sujet des études dont les résultats globaux concordent, et dont il serait fastidieux et vain de tenter ici une revue générale. Bornons-nous à mentionner le travail inaugural de Louis MERKLEN (105), d'où il résulte bien que, si le mécanisme de l'accélération cardiaque au cours du travail musculaire présente encore certaines obscurités, ses modalités sont actuellement parfaitement connues, et que sil peut présenter des variations individuelles importantes dans son intensité et sa durée, le phénomène n'en est pas moins absolument constant.
B) Effets sur la pression artérielle.
Après une période de désaccord apparent entre les
divers auteurs (Louis MERKLEN, p. 195 et suivantes),
PACHON (113 à 115) et ses élèves LEGER (72) et FaBre (31) ont établi qu'ils peuvent être définis comme suit (LEGER) :
€ TT bhase. — Sous l'influence de l'effort produit
par la mise en action des muscles nécessaires à l’ac-
complissement de l'exercice, effort ayant sa répercussion sur le cœur, on voit constamment Mx et assez fréquemment Mn s'élever dès le début et atteindre des valeurs qui constituent, suivant l'expression de M. PACHON, les « valeurs de travail » de l'appareil cardiovasculaire pour l'exercice considéré. Dans ce premier cas, le cœur passe de son régime de repos à son régime de travail.
2 phase. — Pendant un certain temps, la pression se maintient à cette valeur de travail, constituant ainsi un plateau, le « plateau de travail » de M. PACHON. Pendant tout ce temps, d'autant plus long que le sujet en travail est mieux adapté à l'exercice qu'il accom- : plit, le cœur fournit un effort soutenu. Nous avons ici la preuve qu'il accomplit dans de bonnes conditions de fonction la tâche qui lui est imposée.
32 phase. — Le sujet continuant son effort, voit sa pression maxima baisser brusquement ; c'est que le muscle cardiaque, épuisé par le travail qu'il vient de fournir, ne peut plus le continuer dans les mêmes conditions de bon fonctionnement que tout à l'heure. Il faiblit, c'est alors le moment de faire cesser cet exercice qui va devenir dangereux, moment qui est indiqué par la chute des pressions et surtout de la pression maxima, constituant, suivant l'expression de M. PACHON, un véritable « signal d'alarme ».
4 phase. — Les pressions prennent, une fois l'exercice terminé, des valeurs de repos soit normales dans les cas d'entraînement, soit inférieures à la normale dans les cas de fatigue et de long entraînement. Dans
ce dernier cas, l’hypotension se prolonge en fonction du fléchissement et de la fatigue produite par l'exer-
cice,
Les variations de la pression artérielle lors et à la suite du travail musculaire constituent donc un reflet de la manière dont le cœur réagit à ce travail : et ELoiRE (27) notamment a montré les services que peut rendre, pour l'appréciation de la fatigue dans le travail industriel, le « critère oscillomètrique ».
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