TRADITION
Notre première preuve est la tradition. Du temps de César il existoit quatre oppida qui tous portoient le nom de Noviodunum.
Noviodunum Biiurigum, que les uns ont placé à Neuvy-sous-Barangeon, petit village sur le chemin
au milieu du iii« siècle, les fondements du Noviodunum des Eduens et de leur religion. »
(i) Absolument, dans l'endroit même.
de Bourges à Nevers ; que d'autres ont placé à Vierzon, Dun-le-Roi, et encore Châteauneuf, ce qui a plus de vraisemblance.
Noviodunum Diabliutum, que l'on croit trouver à Laval, Châteaubriant, Mayenne, etc.
Noviodunum Suessionum, que malgré M. Lebeuf, qui n'a ébranlé personne, tout le monde place à Soissons.
Enfin le Noviodunum Œduorum, dont jil s'agit :
La tradition ne s'est |pas continuée ; elle a été interrompue et il n'y en a 'peut-être jamais eu qui n'ait été contredite à l'égard des deux premiers Noviodunum. Il n'en est pas de même à l'égard des deux derniers : la tradition a toujours été une ; elle s'est conservée telle dans les écrits de tous ceux qui ont parlé de .Soissonset de Nevers et de siècle en siècle, les anciens, les modernes et les nouveaux autheurs se sont trouvés parfaitement d'accord sur ce point de fait.
Jusqu'à l'abbé Lebeuf, ces deux villes jouissoient de leur tranquille possession, et Nevers en jouiroit encore si cet écrivain n'eût entrepris de prouver que le Noviodunum Suessionum était Noyon, et si Parmentier n'avait visité les tables des ouvrages de l'abbé Lebeuf. On a vu cy-devant que ce n'étoit que par occasion que celui-cy avoit attaqué Nevers, qu'il n'avoit jamais pu indiquer une autre place au Noviodunum Œduorum et qu'il ne s'en est tiré suivant sa coutume, qu'en supposant une personne du Bourbonnois qu'il n'a point indiquée, et que cette personne inconnue n'a jamais rien dit ni écrit à cet égard. Il faudroit donc être privé de bon sens pour abandonner une tradition constante et écouter l'abbé Lebeuf, qui réellement s'est mocqué du monde.