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Chapelain, Préface de la Pucelle

3. Scudéry, Préface dUAlaric. — Cf. Vauquelin de La Fressaye, Art poétique :

Et qui selon cet art du tout se formera Hardiment peut oser tout ce qui lui plaira.

cine lui-même a dû se défendre contre ces juges intolérants : « Je les conjure, disait-il, d'avoir assez bonne opinion d'euxmêmes pour ne pas croire qu'une pièce qui les touche et qui leur donne du plaisir puisse être absolument contre les règles. La principale règle est de plaire et de toucher, et toutes les autres ne sont faites quepourparvenir à cette première*. » Et Molière les comparait plaisamment à « un homme qui aurait trouvé une sauce excellente et qui voudrait examiner si elle est bonne, sur les préceptes du Cuisinier français^ ».

Cet aveugle attachement aux règles aurait un autre résultat funeste pour l'art, celui d'opposer les connaisseurs au public, comme si les chefs-d'œuvre dont l'humanité s'honore n'étaient faits que pour un petit nombre d'initiés. Pour en avoir une intelligence complète, il faut sans doute une certaine culture; mais en présence des œuvres vraiment belles, les connaisseurs et le public s'unissent dans une commune admiration, qui est seulement chez les uns plus consciente d'ellemême, chez les autres plus instinctive. ^

L'Académie n'avait pas tort de prétendre qu'il ne suffît pas, pour qu'un ouvrage soit bon, qu'il plaise au vulgaire.: « Nous ne dirons pas sur la foi du peuple qu'un ouvrage de poésie soit bon parce qu'il l'aura contenté, si les doctes aussi n'en sont pas contents^. » Mais Boileau n'avait pas moins raison de soutenir, ce qu'on n'aurait pas attendu peut-être du « législateur du Parnasse », qu'il ne saurait suffire qu'un ouvrage soit approuvé des connaisseurs, s'il déplaît au public : « Un ouvrage a beau être approuvé d'un petit nombre de connaisseurs : s'il n'est plein d'un certain agrément et d'un certain sel propres à piquer le goût général des hommes, il ne passera jamais pour un bon ouvrage ; et il faudra à la fin que les connaisseurs euxmêmes avouent qu'ils se sont trompés en lui donnant leur approbation '\ » C'est ce qu'il exprime sous une autre forme, en parlant du Cid, dans une de ses satires :

L'Académie en corps a beau le censurer.

Le public révolté s'obstine à l'admirer^.

« Je crois, a dit Alfred de Musset, qu'une œuvre d'art, quelle

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