‹ LES CRITIQUES LETTERAIRESChapitre 112 sur 243 · l vol. ia>i2; librairie Michcl-Lévy · texte numérisé non relu

l vol. ia>i2; librairie Michcl-Lévy

(Armand-Augustin-Joseph-Marie de)

Armand de Pontinartin naquit à Avignon le 16 juillet 1811. Il fit de bonnes études au collège Saint-Louis à Paris et commença son droit. Mais après la Révolution de juillet, il retourna dans sa ville natale, où il vécut au milieu d'une société légitimiste, k laquelle l'attachaient sa parenté et ses goûts. 11 sluspira donc des "idées de cette société pour combattre l'esprit philosophique du xvme siècle et le libéralisme moderne. C'est dans ces dispositions qu'il débuta dans la Gazette du Midi (1833-1838), puis dans une revue mensuelle qu'il fonda, V Album d'Avignon. De 1839 à 1842, il publia dans la Quotidiejine, organe des idées légitimistes dans le Midi, ses Causeries provinciales. Les nouvelles et les romans qu'il fit paraître dans la Mode attirèrent sur lui quelque attention* C'est alors qu'il donna à la Revue des Deux Mondes ses premiers essais de critique.

La révolution de 1848 lança M. de Pontmartin dans la polémique politique et littéraire. Il collabora, dès lors, à VOpinion publiquer journal ardemment légitimiste, et à VAssemblée nationale, dans laquelle il publia pendant quatre ans ses Causeries littéraires (1853-1856) , qui durent une partie de leur retentissement à la véhémence de ses attaques contre les personnages les plus considérables du parti libéral. Ce succès le mit en goût, et il fit paraître une série de critiques du même genre, sous le titre de Causeries du samedi on de Revue littéraire, dans des journaux tels que VUnion, la Revue contemporaine, le Correspondant, la Gazette de France.

M. de Pontmartin est mort le 29 mars 1890. Ses articles critiques ont été réunis eu 19 volumes, sous les titres généraux de Semaines, de Causeries et de Samedis. On a de lui, également, im certain nombre de romans qui n'ajoutent rien à sa réputation.

On a reproché, non sans raison, à M. de Pontmartin d'avoir modifié la hardiesse de ses jugements selon les journaux ou les recueils périodiques dans lesquels il écrivait, et d'avoir eu ainsi, suivant le mot de Sainte-Beuve, « des opinions de position encore plus que de conviction ». 11 faut pourtant reconnaître en lui une véritable unité d'opinion qui domine tous ses écrits. Mais on

H. et M. — Extraits des critiques. 11

vient d'assembler; on est soi-même un juge impartial et sévère. Si l'on n'a rien écrit qui vaille la peine d'être écouté, on ne l'ignore pas. Le succès ne console pas toujours de ce témoignage accablant. On a beau faire, on a beau compter les applaudissements, on n'impose pas silence à celte voix intérieure. Quand la conscience nous dit que le succès n'est pas mérité, la honte nous saisit, et la flatterie la plus assidue ne guérit pas notre plaie. Pour jouir de la louange, pour la- savourer librement, sans trouble et sans confusion, il faut trouver en nous-mêmes le sentiment d'une force noblement dépensée. Pour les intelligences élevées, rien ne peut remplacer une telle joie. Une fois connue, elle devient un besoin de tous les instants. Aussi je nourris la ferme espérance qu'il se trouvera toujours, pour les travaux histoririques, des hommes résolus à l'étude des documents originaux ; car leur labeur ne reste pas sans récompense.

[Études littéraires, Lamartine historien^.)

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