fUciNK, Phèdre, acte IV, scène vi
3. AntiTifur, en ce sens que la légende dont elles s'inspirent remonte à la {)Ius haute antiquité.
Les tragédies classiques sont charmantes parce qu'elles sont infiniment suggestives, et qu'elles fournissent d'admirables thèmes au rêve et au souvenir. Il est certain que les comédies et les drames qui nous mettent sous les yeux des mœurs ou des histoires d'aujourd'hui nous causent des plaisirs plus vifs ou des émotions plus fortes. Jamais vous ne pleurerez à une tragédie, ni n'en aurez envie, je pense. Mais votre esprit s'y occupera et s'y délectera de diverses manières. D'abord vous goûterez, d'une âme tranquille, la beauté un peu refroidie de la forme ; puis, si cela vous plaît, vous transposerez la fable, vous la « moderniserez », vous Timaginerez se déroulant chez nous, vous prêterez aux personnages des corsages collants et des habits noirs S et peut-être alors vous sentirezvous tout près d'être touchés. Ou bien, par un amusement inverse, après avoir approché la fable de vous, vous remonterez jusqu'à ses lointaines origines ; vous chercherez à reconnaître dans le drame les apports des siècles successifs , et vous aurez la joie de planer sur les âges à la façon d'un dieu.
{Impressions de théâtre, 1'^ série 2.)