‹ LES CRITIQUES LETTERAIRESChapitre 235 sur 243 · ANDRE CHENIER · texte numérisé non relu

ANDRE CHENIER

Il faut se le figurer comme un excellent poète imitateur qui allait se dégager et devenir original lorsqu'il a été frappé, et qui avait pleinement acquis, juste à ce moment, une perfection de forme capable de soutenir tous les sujets et d'être à la hauteur d'une forte inspiration personnelle. — Tel que nous l'avons, il est quelque chose comme notre TibuUe, un Tibulle qui aurait quelquefois la voix d'un Juvénal, et beaucoup plus souvent l'art laborieux, et les trop bonneséludes et la mémoire indiscrète d'un Properce.

Il était peu connu comme poète à l'époque où il avait vécu. Il était discret, montrait peu ses vers et les publiait encore moins. Le Jeu de paume et les Suisses, c'est tout ce qu'il a fait imprimer en fait de poésie de son vivant. Il ne faut pas tout à fait croire cependant que Chénier ait éclaté tout à coup en 1819, lors de l'édition de Latouche, et fût absolument ignoré auparavant. La Jeune Captive avait paru six mois après sa mort dans la Décade, et Idi Jeune Tarentine dans le Mercure de

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