‹ LES CRITIQUES LETTERAIRESChapitre 242 sur 243 · II. et M. Extraits des critiques · texte numérisé non relu

II. et M. Extraits des critiques

Histoire) je n'étais pas en garde, quand la figure de Jacques dressé sur son sillon me barra le chemin, figure monstrueuse et terrible... Grand Dieu! c'est là mon père, Fhomme du moyen

îige? Oui, voilà mille ans de douleurs! Ces douleurs, à

l'instant je les sentis qui remontaient en moi du fond des temps... C'était lui, c'était moi qui avions souffert tout cela... » Voilà ceux qu'il aime particulièrement, au milieu de son amour universel; et parce qu'il les aime, voilà ceux qui sont vraiment grands, bons, justes, et qui ont raison, toujours raison.

Voilà ceux dont il écrit le poème avec amour, dont il décrit la vie comme une pure et charmante idylle (le ménage d'ouvriers au xix® siècle dans le Peuple) ; voilà ceux qu'il croit plus clairvoyants et intelligents que les habiles, faisant de la simplicité je ne sais quelle surnaturelle lumière et seconde vue.

Enfant malheureux et triste, jeune homme laborieux* et concentré, solitaire toujours, du fond de son cabinet et de sa bibliothèque, son âme aimante et naïve, aussi peu avertie et prévenue que possible, débordait sur ce monde qu'elle ignorait, l'aimait de toute la bonté qui était en elle, et, pour l'aiqier mieux, le faisait bon. Nous aimons les êtres et même les choses pour toutes les qualités que nous leur prêtons. [Études littéraires sur le dix-neuvième siècle, Michelet^.)

i. Les Souvenirs d'enfance et de jeunesse de Michclet ont été publiés, depuis la mort du grand historien, par M*"* Michelet. 2. Lecène et Oudin éditeurs, Paris.

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