‹ LES CRITIQUES LETTERAIRESChapitre 38 sur 243 · BOSSUET ET MONTESQUIEU · texte numérisé non relu

BOSSUET ET MONTESQUIEU

Un parallèle est toujours chose intéressante, sous la plume d*un critique éloquent comme l'était Villemain. On verra avec quelle pénétration il a su saisir les nuances qui marquent les rapports entre deux écrivains tels que Bossuet et Montesquieu.

Un homme qui avait porté la force de son génie sur une foule d'études diverses, pour les subordonner à la théologie, et qui semblait, en parcourant toutes les connaissances humaines, les conquérir au profit de la religion, Bossuet examina la grandeur romaine ^ avec cette sagacité et cette hauteur de raison qui le caractérisent ; mais, préoccupé d'une pensée dominante, attentif à une seule action dirigée par la Providence, l'origine et l'accomplissement de la foi chrétienne, il ne regarde les Romains eux-mêmes, il ne les aperçoit dans l'univers, que comme les aveugles instruments de cette grande révolution 3, à laquelle tous les peuples lui paraissent également concourir. Cette pensée, qui l'autorisait, pour ainsi dire, à ne pas expliquer des effets ordonnés d'avance par une volonté irrésistible et suprême, ne l'a pas empêché

1. 4 vol. in-12, Paris, librairie académique Didier; Perrin et C* éditeurs.

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