MOLIÈRE
Aimer Molière... j'entends l'aimer sincèrement et de tout son cœur, c'est, savez-vous? avoir une garantie en soi contre bien des défauts, bien des travers et des vices d'esprit. C'est ne pas aimer d'abord tout ce qui est incompatible avec Molière, tout ce qui lui était contraire en son temps, ce qui lui eût été insupportable du nôtre.
Aimer Molière, c'est être guéri à jamais, je ne parle pas de la basse et infâme hypocrisie, mais du fanatisme, de l'into- Jérance et de la dureté en ce genre, de ce qui fait anathéma- ■tiser et maudire ; c'est apporter un correctif à l'admiration même pour Bossuet et pour tous ceux qui, à son image, triomphent, ne fût-ce qu'en paroles, de leur ennemi mort ou mourant*; qui usurpent je ne sais quel langage sacré et se
1. C'était le moment où Corneille penchait vers son déclin, avec Œdipe (1659), Sertorius (1663), Othon (1665), AgésUas (1666).
2. tt Boileau était un esprit dans le genre de La Bruyère : observateur fin, écrivain énergique et précis, peu propre aux grands mouvements, peu capable de longues inspirations, se plaisant aux détails, peintre qui n'aimait que les petites loiles et qui n'avait pas assez d'haleine pour remplir les grandes. » (Nisa.rd.)