LES ÉVANGILES
Ce qui me frappe dans l'Évangile selon saint Mathieu, et qui, s'il n'est pas l'original même de cet apôtre, est traduit de l'hébreu et rédigé en grande partie d'après lui, c'est moins le récit des actions, l'encadrement des circonstances, que les discours, les dires et sentences de Jésus, qu'on saisit ici dans tout leur jet primitif et toute leur fraîcheur. Le premier et le plus célèbre de ces discours, qui se rencontre également chez saint Luc, mais moins développé chez celui-ci et comme morcelé, est le Sermon sur la montagne. On peut dire que le jour où un tel discours fut proféré du haut d'une colline de la Galilée, il s'était produit et révélé quelque chose de nouveau et d'imprévu dans l'enseignement moral de l'homme. Moïse, redescendant des hauteurs du Sinaï, avait, en promulguant le Décalogue, établi le dogme de l'unité du Dieu vivant et réglé les prescriptions sévères qui s'y rattachent; il avait déclaré et imposé « les premiers principes du culte de Dieu et de la société humaine ». Mais du jour où, dans une province de Judée éloignée de Jérusalem, sur une colline verdoyante, non loin de la mer de Galilée, au milieu d'une
1 . Parce qu'ils sont le témoignage matériel et tangible du sentiment de la beauté antique, dont on ne respire plus que le parfum dans les livres.
i. Phidias, le plus grand des sculpteurs grecs (490-432), vécut à Athènes, et fut l'ami de Périclès. C'est à lui que l'on doit les magnifiques sculptures du Parthénon dont on voit encore les ruines, et la statue de Jupiter Olympien, que nous n'avons plus.
3. La poésie est, en effet, l'art des arts, parce qu'elle est, à la fois, masique pour l'oreille, peinture pour les yeux de l'imagination, et que par sa puissanceelle rend, en quelque sorte, tangibles les idées évoquées.