J.-.I. WEISS
Etre Français en France, voilà l'originalité véritable, et c'est celle que possède M. Weiss. II a le naturel, la simplicité relevée par la flnesse du trait, l'abandon aimable, l'élégance sans prétention, la justesse des aperçus, l'heureux accord de l'expression et de l'idée, et le courage d'être franchement de son propre avis. Ceci est à noter en un temps où l'esprit de parti, les amitiés, les passions de secte et de petite Eglise, les cahiers des charges acceptés ou imposés, les conventions, les transactions et les sous-entendus de toutes sortes tiennent une si grande place dans la critique et dans l'histoire littéraire. M. Weiss est un indépendant, et j'aurais pu dès lors me dispenser de le traiter d'original, ce qui ressemble à un pléonasme. Rien de plus délicat à définir et de plus difficile à pratiquer que la véritable indépendance. On croit avoir tout dit et tout fait quand on a effacé de sa vie ou éloigné de son chemin tout ce qui porte les signes traditionnels d'un servilisme quelconque, quand on a rejeté avec une sainte horreur ou un dédain superbe certain collier qui explique pourquoi le chien est si gros et le loup si maigre. Hélas ! sans parler politique, il y a, en littérature, une infinie variété de