vol. in-12; Calmann-Lévv éditeur, Paris
TAINE (Hippolyte-Adolphe)
Taine naquit le 21 avril 1828. Il fit de brillantes études au lycée Condorcet, où il eut pour coudisciples Guillaume Guizot, le marquis de Barthélémy, et entra le première. l'École normale. Il fut reçu agrégé de philosophie, puis, successivement, nommé pi-ofesseur à Nevers, à Poitiers et à Besançon. La hardiesse de ses idées lui ayant suscité des difficultés dans l'Université, il donna sa démission et entra dans le journalisme; il fit ses débuts littéraires dans la Revue de l'instruction pulAUiue.
Il publia en 1856 les Philosophes français au dix-neuvième siècle : en 1837, les Essais de critique et d'histoire; en 1838, les Écrivains actuels de l'Angleterre; en 1862, V Histoire de la littérature anglaise; en 1864, l'Idéalisme anglais; en 1863, les Nouveaux Essais de critique et d'histoire; en 1866, la Philosophie de l'art en Italie et le Voyage en Italie; en 1867, Notes sur Paris, ou Vie et opinions de M. Frédéric-Thomas Graindorge, qui avaient paru dans la Vie parisienne ; en 1868, l'Idéal dans l'art, leçons qu'il avait faites à l'Ecole des Beaux-Arts comme professeur d'esthétique ; puis, en 1869, l'Art dans les Pays-Bas ; en 1870, l'Art en Grèce et son grand ouvrage De l'Intelligence , ouvrage dans lequel il résume ses doctrines philosophiques; enfin, à partir de 1875, les Origines de la France contemporaine, ouvrage dont la première partie parut en 1875, sous le titre de l'Ancien régime; puis, en 1878, l'Anarchie; en 1882, la Conquête jacobine, et en 1884 les Gouvernetnents révolutionnaires. Enfiu, le Régime moderne a paru en 1893.
Taine fut élu à l'Académie française le 14 novembre 1878, succédant à M. de Loménie.
Résumer l'œuvre et le talent d'ua écrivain dans une qualité maîtresse qui domine toutes ses productions, et expliquer cette qualité maîtresse par le milieu dans lequel cet écrivain est né et s'est développé, telle est la théorie maîtresse de M. Taine. « Ce (\w'\\ faut lui répondre, dit Sainte-Beuve (dans les Causeries du lundi, t. XIII), quand il s'exprime avec une affirmation si absolue, c'est qu'entre un fait si général et aussi commun à tous que le sol et le climat, et un résultat aussi compliqué et aussi divers que la variété des espèces et des individus qui y vivent, il y a place pour quantité de causes et de forces plus particulières, plus immé-
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(liâtes ; et tant qu'on ne les a pas saisies, on n'a rien expliqué. Il en est demème pour les hommes et pour les esprits qui vivent dans le même siècle, c'est-à-dire sous un môme climat moral: ou peut bien, lorsqu'on les étudie un à un, montrer tous les rapports qu'ils ont avec ce temps où ils sont nés et où ils ont vécu ; mais jamais , si l'on ne connaissait que l'époque seule, et même la connùt-ou à fond dans ses principaux caractères, on n'en pourrait conclure à Tavance qu'elle a dû donner naissance à telle ou telle nature d'iudividus, à telles ou telles formes de talents. »