‹ Les critiques littéraires du dix-neuvième siècleChapitre 149 sur 223 · vol. in-S"; Paris, librairio Calmann-Lovy · texte numérisé non relu

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WEISS (Jean-Jacques)

Né le 19 novembre 1827, à Bayonne, au régiment où servait son père, J.-J. Weiss fut d'abord enfant de troupe et suivit jusqu'à douze ans la vie nomade du régiment paternel. Puis il commença ses études au collège royal de Dijon, les poursuivit au collège Louis-le-Grand ; il se préparait à entrer à Saint-Cyr, lorsc[u'il remporta au concours général le prix d'honneur de philosophie. Ce succès décida de sa vocation. En 1847 il entra à l'École normale dans la section des lettres, fut reçu agrégé et envoyé comme professeur d'histoire au lycée de la Rochelle. 11 sortit un moment de l'Université, eu 18oo, à la suite d'une réponse un peu vive qu'il avait adressée, au nom de ses collègues, à l'inspecteur d'Académie, en réponse à une circulaire dont les termes avaient froissé les professeurs. 11 profita de ce loisir forcé pour préparer ses thèses de doctorat. En 1836, il fut appelé, après Prévost-Paradol, à la chaire de littérature française de la faculté d'Aix. Enfin, en 18u8, il fut nommé professeur d'histoire à la faculté de Dijon.

11 quitta l'Université en 1860, pour entrer au Journal des Débats. Eu 18G7, il fonda avec Edouard Hervé le Joiumal de Paris, où il combattit vivement M. Duruy. Cependant le cabinet présidé par Emile OUivier l'appela, en janvier 1870, au poste de secrétaire général des beaux-arts, puis aux fonctions de conseiller d'État Après la guerre de 1870, il attaqua le gouvernement républicain, particulièrement dans le Paris-Journal, bien qu'il fût encore conseiller d'État. Aussi le ministère Waddingtou le releva-t-il de ses fonctions en juillet 1873. Cependant, son opposition s'adressait plutôt au groupe avancé du parti républicain, car dès 1873 il s'était rallié à la République modérée, dans des articles où il blâmait les illusions monarchiques. Cette adhésion attira sur lui l'attention de Gambetta, qui, en prenant le pouvoir, appela Weiss aux fonctions de directeur des alî'aires étrangères. Ce choix souleva les protestations de la presse républicaine. Après la chute de Gambetta, Weiss dut donner sa démission , le 4 février 1882. Il collabora alors au Figaro, au Gaulois, enfin à \a. Revue Bleue, où il fit, jusqu'en 1883, une chronique parisienne de quinzaine, sous le pseudonyme de Pierre et Jean. Jusqu'en 1883, il rédigea la critique théâtrale au Journal des Débats, où il fut remplacé par M. Jules

Lemaître. Eq cette même année on le nomma bibliothécaire du palais de Fontainebleau. Dès 1863, il avait publié entre autres ouvrages un recueil de ses principaux articles, intitulé Essais sur l'histoire de la littëruture française. Eu 1889 il lit paraître le Théâtre et les Mœurs, recueil de ses meilleurs articles de critique théâtrale au Journal des Débats. Il mourut au mois de mai 1891, et l'on publia en 1893 un nouveau choix de ses feuilletons dramatiques sous ce titre : A propos de théâtre.

Comme critique, J.-J. Weiss est un classique fervent. Mais son admiration n'a rien de convenu et de banal. Bien cjne parfois capricieuse et un peu excessive, elle est très sincère, très originale, savamment et artistement motivée, féconde en larges aperçus littéraires et historiques; surtout elle est essentiellement française, et aussi sévère pour les divagations exotiques que pour les excès du romantisme.

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