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Francois-Reué, Ticomte de Chateaubhiand, né à Saiut-.Malo le 4 septembre 1168, était le dernier de dis enfants. Il fut élevé au château de Combourg, puis envoyé au collège de Dol, pour s'y préparer à entrer dans la marine royale. Il est mis ensuite au collège de Rennes, et de là il se rend à Brest pour y chercher son brevet d'aspirant. Sans l'attendre il retourne brusquement à la maison paternelle, part bientôt pour Cambrai, en qualité de sous-lieutenant au régiment de Navarre. Il vient à Paris vers 1788, fréquente les gens de lettres, puis, en 1191, part pour l'Amérique du Nord avec le dessein de découvrir le passage polaire : il se contente de visiter les États-Unis, et en janvier 1192 il débarque au Havre et retourne eu Bretagne. Il se marie, et va aussitôt rejoindi'e les émigrés. Il assiste au siège de Thionville, est laissé pour mort pendant la retraite des Prussiens, et, après mille épreuves, gagne enfin Londres. C'est là qu'il publie en 1191 sou premier ouvrage, VEssai sur les révolutions anciennes et modernes, considérées dans leurs rapports avec la Révolution française. Rentré en France, il donne Atala, et bientôt après le Génie du Christianisme (1802), où il apprécie d'une manière neuve et originale au point de vue chrétien les chefsd'œuvre de la littérature moderne. Pour s'attacher l'auteur, le premier consul le nomme secrétaire d'ambassade à Rome, puis chargé d'affaires dans le Valais. A la mort du duc d'Enghien, il donne sa démission. Il publie en 1805 René; l'année suivante il part pour Jérusalem, visite la Grèce, la Syrie, revient par l'Egypte, Tunis et l'Espagne. De ce voyage datent Vltinéraire de Paris à Jérusalem et les Martijrs, sorte d'épopée en prose. En 1811, élu par l'Académie française pour succéder à Chénier, les allusions hardies qu'il fait daus son discours aux souvenirs de la Révolution et au présent
irritent l'empereur, et il ne peut être reçu. Plein de rancune à l'égard de l'Empire, il écrit eu 1814 son pamphlet De Buonaparte et ■des Bourbons. 11 entre alors à pleines voiles dans la politique. 11 accompagne Louis XVIII à Gand pendant les Cent-jours; à la seconde Restaui'atiou, il est nommé pair de France, est un instant ministre d'État, puis, privé de son titre, se jette dans l'opposition (1816). Plus tard, il se rapproche de la cour et est envoyé successivement ^omme ambassadeur à Berlin et à Londres. Ministre des affaires 'étrangères en 1822, il se déclare pour l'intervention de la France en Espagne. Disgracié brusquement eu 1822, il s'occupe de publier «es Œuvres complètes, où figurent pour la première fois les A'atchez, ■les Aventures du dernier Aùencerage et une tragédie de Moïse. Envoyé comme ambassadeur à Rome par M. de Murtiguac, il rentre un au après dans la vie privée. Hostile au gouvernement de Louis- Philippe, il se mêle à des intrigues légitimistes qui le font traduire devant le jury en 1832. Eu 1833, il se rend à Prague auprès des Bourbons exilés pour y parler eu faveur de la duchesse de Berry, échoue, et consigne dans ses Mémoires d'outre-tombe l'expression de son désenchantement.
Les lettres occupèrent la fin de sa vie. On sait assez ce qu'il réunissait d'admirateurs dans le salon de .M""'^ Récamier. 11 mourut le 4 juillet 1848. Il avait demandé à être enterré au rocher du Grand- Ce, dans la rade de Saint-.Malo. Ses dernières années, comme bien des périodes de sa vie, avaient été marquées par des prodigalités et d'incessants besoins d'argent : afin d'assurer son repos, il vendit pour 250,000 francs une fois payés et une pension annuelle de 42,000 francs ses Mémoires d'outre-tombe (1836 .
Dans les ouvrages qui n'ont pas été cités, il faut mentionner ses Études historiques (1831), un Essai sur la littérature anglaise (1836), le Congrès de Vérone (1838) ^il y raconte complaisammcnt le rôle qu'il y joua, eu 1822, comme ministre plénipotentiaire), et enfin la Vie de Rancé (1844).
Quelques lignes du Génie du Christianisme feront connaître le point de vue nouveau auquel se place l'auteur pour juger les œuvres .littéraires, en y rechei'chant l'intluence exercée par la religion chrétienne : » En traitant du génie de cette religion, comment pourrions-nous oublier son influence sur les lettres et sur les arts, 4nflueuce qui a pour ainsi dire changé l'esprit humain? »