‹ Les critiques littéraires du dix-neuvième siècleChapitre 151 sur 223 · F^oème du Tasse · texte numérisé non relu

F^oème du Tasse

2. Desmahets de SAiNT-Soni.iN (1596-1076), poète français qui prit vivement parti contre les Anciens, dans la querelle suscitée par l'errault ; on a de lui des tragédies et une comédie, les Visionnaires.

dans le Paradis perdu ' et même la Messiade - ! Et combien pourtant les deux pièces d'Esther et d'Athalie sont plus selon les conditions ordinaires de l'art profane et de la nature humaine !

L'objurf,'ation de Mardochée, la prière d'Estber, l'exposition de la vraie doctrine aux Gentils dans le discours d'Estber à Assuérus, la sublime vision de Joad, l'effusion des chœurs, la morale divine imposée aux rois, la glorification des humbles, sont dans toutes les mémoires; elles ont pénétré, elles ont façonné des générations de chrétiens. C'est un cœur gonflé de Dieu qui y déborde ; c'est un esprit vivifié de Dieu et tout plein de la plus saine extase religieuse, qui y frémit et qui y prophétise. La magnificence, l'action et la majesté du langage y semblent comme un reflet de Dieu, et, si ce n'était un sacrilège, on serait tenté de dire qa'Eslher et Athalie achèvent la révélation et la couronnent. A s'en tenir au premier des deux drames et au personnage principal de ce drame, Esther est un type adorable de la fille et de la femme selon Dieu. Oh ! si l'on comparait d'un peu près l'Esther du Livre d'Esther^ avecl'Esther de la tragédie de Racine, on trouverait que Racine a un peu changé et embelli l'Eslher originale.

Dans le langage de l'exégèse orthodoxe, on exprimait la métamorphose en disant que Racine a substitué à l'Esther selon la loi ancienne une Esther selon la loi nouvelle. Mais il faudrait se corriger tout aussitôt; c'est un point que je note en réponse à ceux qui, comme Saint-Évremond, accusaient Racine de ne point observer exactement les mœurs historiques; il faudrait, aussitôt après avoir relevé dans Esther l'empreinte chrétienne, revenir sur la chose dite et ajouter qu'Esther est cependant bien une femme biblique, une fille de Jacob et d'Abraham, une Juive enfin, une fleur de vie patriarcale et domestique.

On m'élevai t alors solitaire et cachée...

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