Personnages du théâtre de M. Dumas ûls
connu que nous avions en nous un Alceste et un Philinlc, que nous étions l'un ou l'autre suivant les heures, et peutêtre les deux à la fois dans nos meilleurs jours. Car, s'il est beau de s'indigner contre la vie, il est excellent de vivre.
Comment voulez-vous que, avec ces idées en tète et une vision si peu nette de ces deux figures pourtant si simples, nous recevions du Misanthrope une impression directe et claire et que nous sachions au juste ce qu'il en faut penser? J'ai cependant fait mon possible pour apporter à ce spectacle un esprit libre de préventions, pour ignorer la pièce, pour la voir du même œil que si elle m'était absolument nouvelle.
Vous dirai-je le résultat de cet essai loyal? Je ne suis pas très sûr de sa loyauté, mais je vous le livrerai quand même. Il y a dans le Misanthrope des caractères qui m'ont fait rêver et peut-être divaguer, comme vous avez pu voir, une action qui paraît à tous (soyons francs) un peu vide et traînante' et chargée d'épisodes, un grand morceau de critique littéraire- qui m'a inquiété, et un tableau de mœurs ^ qui m'a surpris, quoique je le connusse depuis longtemps. Laissons le reste de côté. Je n'ai jamais si clairement senti à quelle distance nous sommes de cette critique et de ces mœurs, et dans quel lointain tout cela semble se perdre pour nous.
{Impressions de thénire, f^ série''.)
M. DESCUAXEL ET RACINE
M. Deschanel» comprend Racine de la bonne façon : en l'aimant. Mais puisqu'il l'aime tant au fond, pourquoi, parlant du poète, prend-il si souvent un air d'apologie, et pourquoi, parlant de l'homme, se permet-il sur son caractère plus que des insinuations, et si malveillantes?
I. Cette critique parait exagérée: de ce que la comérlie du Misantlvopf to^wq ossontiellement sur une étude de caractères, il n'en résulte pas que l'action soit ville et traînante.
-. A propos du fameux sonnet d'Oronte.
3. Un tableau des mœurs de lasociété frivole et légère qui s'agite dans le salon de Célimène.