De même, Alfred de Musset a pu dire
Cet homme aux rubans verts,
ij\ii se fichait jailis pour quelques mauvais vers, S'il rentrait aujourd'hui dans Paris la grand'ville, H y trouverait mieux pour émouvoir sa bile Qu'une méchante femme et qu'un mofhant sonnet. ( Une Soirée perdue.)
ticisme et d'un peu de mépris des hommes, faite aussi d'indulgence et de bonté réelle, est proprement la sagesse de Molière. Mais il faut croire quePhilinte avait, lui aussi, des parties malléables, ou mieux des dessous indéterminés, car dans les temps cruels et grossièrement idéalistes*, où Alceste était devenu le juste, le philosophe, le cit03'en intègre et le bon jacobin, Philinte était considéré par Fabre d'Églantineet parles terroristes comme un lâche, un hypocrite, un modérantiste. Aujourd'hui nous avons réconcilié Alceste et Philinte. Nous disons : Philinte le philosophe accommodant, c'est encore Alceste, un Alceste mûri et plus renseigné, qui, après la protestation douloureuse contre le mensonge et l'injustice et contre le mal universel, nous propose en exemple la résignation ironique et la curiosité détachée : si bien que l'âme de Molière est également dans l'un et dans Tautre , et qu'il présentera tour à tour les deux attitudes du poète. Philinte, plussavant^, a plus d'amertume au fond. Alceste, plus naïf, eu a plus à la surface. Mais voici qu'avec le temps les deux se sont fondus en uu, soit que Philinte ait emprunté à Alceste sa mélancolie, soit qu'il lui ait prêté son dilettantisme. Alceste, après être devenu Saint-Preux '% NVerther", Benedict'' et je ne sais qui encore, a été gagné, vers 1850, par la raillerie froide de Philinte. 11 a gardé l'intégrité de son jugement moral, mais il a beaucoup perdu de sa naïveté. Philinte l'a conduit dans de mauvais endroits pour y faire ses expériences, et Alceste, n'ayant plus le droit de s'indigner, a donné dans l'ironie à outrance.
Philinte-Alceste s'est alors appelé Desgenais, Olivier de Jalin, de Ryous et Lebonuard". Et, comme il y a en effet deux façons de prendre la vie, nous avons nous-mêmes re-