‹ Les critiques littéraires du dix-neuvième siècleChapitre 35 sur 223 · ŒDIPE · texte numérisé non relu

ŒDIPE

Je tremble que le devin n'ait été clairvoyant. J'en serai plus sur, si tu ajoutes un mot.

Ailleurs, La Harpe trouve une vraie grandeur, un caractère héroïque dans le témoignage que Philoctéte rend à l'amitié. Sans doute ce sont de belles sentences et des vers brillants :

Qu'eussé-je été sans lui, rien que le fils d'un roi. Rien qu'un prince vulgaire ; et je serais peut-être Esclave de mes sens, dont il m'a rendu maître.

Rien que le fils d'un 7m dut être fort applaudi'. Mais où est la vérité antique dans ce souvenir d'Alcide transformé en un guide austère, par qui

l'âme éclairée Contre les passions se sentit assurée

La fable a sa couleur, qui est sa vérité ; on peut la rejeter comme surannée ; mais l'altérer ainsi n'était pas un progrès de l'art ; et que tout cela est loin du pathétique et de la poésie de Sophocle!

{La Littérature au dix-huitième siècle, quatrième leçon-.)

1. Ces hardiesses politiques plaisaient fort aux esprits frondeurs du xvni' siècle. Aussi les rencontre-t-on souvent dans le théâtre de Voltaire. Nous lisons dans Mer ope :

Le liremier qui fut roi fut un soldat heureux...

2. 4 vol. in-12, Paris, librairie académique Didier; Perrin et G'°, éditeurs.

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