GENEVIÈVE, AMÉLIE
(au lever du rideau, GeoevièTe dresse des fruits sur une assiette à la table à
gauche. Amélie met des fleurs dans une corbeille. Quatre heures sonnent.)
CENEyiÈVE,'écoutant l’horloge.
Quatre heures ! et ces messieurs ne sont pas encore de retour!.. je me fais un mauvais sang!..
AMÉLIE
Vous n’ètes pas raisonnable, marraine ; voilà deux jours qu’Armand est arrivé de Paris. et il est bien naturel que son père le conduise chez scs amis, qu’il n’a pas vus depuistrois ans.
GENEVIÈVE
C’est ça... les amis avant la famille, avant la mère; hier, c’était le jardin qu’il fallait lui -montrer... les greffes, les boutures, les plants de fraises; et puis la maison, de la cave au grenier; et puis... que sais-je? il y a toujours une raison pour que Martin accapare son fils. Passe-moi les pommes... Comme si je n’avais pas autant de droits que luil.. Enfin, c'est une horreur de priver une pauvre mère de son enfant!..
AMÉLIE, prenant les pommes dans le buffet et les passant à Geneviève. ’
Savez-vous?.. Demain nous l’enfermerons et ndus le gardederons pour nous seules, toute la journée.
GENEVIÈVE
C’est ça, fillette, une bonne farce que nous ferons à monsieur son père!... Parce qu’il a un fils avocat !.. ne voudrait-il pas le manger... son fils l...