LES CROCHETS HO PÈRE MARTIN
AMÉLIE; aidant sa marraine à mettre le coufèrt.
Eh bien! où est donc mon parrain?
miBOURG.
Est-ce que Martin va manquer à l’appel?
' GENEVIÈVE
Je l'entends qui ferme la porte de la ruelle. 11 est allé accompagner un monsieur qui était avec lui.
AMÉLIE
Ahl qui donc?
GENEVIÈVE
Est-ce que je sais! est-ce que les maris n’ont pas toujours un tas de cachotteries pour leurs femmes!
DL’BOÜRG , riant.
Ah! ah! il paraît que vous faites toujours mauvais ménage!.. •
GENEVIÈVE , riant.
Je suis bien malheureuse^ allez!.. Aide-moi à porter la table,
fillette. (Elles placent la table au milieu du théitre.)
DUBOURG
Allons donc! tyran, arrive doricl
MARTIN, entrant en affectant la gaieté.
Mc voilà! me voilà! mes amis.
DLBOl'RG.
Viens recevoir ton savon. 11 paraît, monstre d’homme, que nous rendons notre femme malheureuse.
MARTIN
Qui ça?.. Elle? Geneviève? ah ! par exemple 1 T’as dit ça, toi?
(il lui prend la main.)
GENEVIÈVE, le repoussant comiquement.
Oui... oui... fais ton bon apôtre!., parce qu’il y a du monde! Qu’cst-ce que c’est que ce monsieur qui fait des mystères pour te parler?
MARTIN, embarrassé.
C’est... c’est... un monsieur...
DUBOURG, riant.
Ah! te voilà à la côte, mon brave, il faut amener pavillon".
MARTIN
Eh bien, quoi? C’est... un monsieur qui venait pour affaires... des affaires qui... Enfin... puisque le couvert est mis, pourquoi la soupe n'est-elle pas sur la table?.. Si tu crois que Dubourg a du temps à perdre.
GENEVIÈVE
Eh ben ! c’est bon, on y va.
hUBOURG, allant accrocher sa casquette au porte-manteau du fond.
En effet... la marée monte, le vent souffle, et je devrais déjà avoir levé l’ancre; mais je n’ai pas voulu pousser au large sans embrasser la mère Martin... ainsi que cette chère enfant.
AMÉLIE
C’est bien aimable à vous, capitaine.