LES CROCHETS 1)U PÈRE MARTIN
commander à Dubourg. Tu m’as dit souvent que tu serais heureux d’avoir avec toi un jeune homme actif, dévoué, qui pût te seconder dans les affaires qui le sont contiées; eh bien!., je te demande d’emmener celui-là. Je te le demande au nom de sa famille, au nom de sa mère dont l’avenir est compromis et à qui, par son travail, il pourra rendre un jour, peut-être, le repos et le bonhéur !
GENEVIEVE se lève et embrasse tendrement son fils. — Amélie enlève la ' salade et donne le dessert.
Ah ! mon Armand!., mon fils bien-aimé ! que Dieu est bon • de ne pas me condamner à une pareille épreuve!
DUBOt'RG, prenant la main de Martin, i part. '
Martin, qu’as-tu donc?
MARTIN, vivement.
Rien... rien... Tais-toi !..
AMÉLIE, à part.
Je suis toute tremblante.
GENEVIEVE
C’est beau, tout de même, à ce jeune homme de se dévouer ainsi lorsque son père est dans le malheurt..
MARTIN
Dubourg, j’ai compté sur toi !.. j’ai promis en ton nom... Tu vas retourner à ton bord, bientôt mon jeune protégé ira t’y rejoindre et deviendra le tien. Tu consens, n’est-ce pas?
DUBOURG
L’amitié a ses devoirs et je saurai les remplir.
MARTIN, lui serrant la main avec émotion.
C’est bien!., oht c’est bien ce que tu fois là... Dubourg... et il y a là-haut quelqu’un qui ne l’oubliera pas.
GENEVIÈVE
Capitaine, traitez ce brave jeune homme comme votre enfant; je vous le demande au nom de sa mère...
DUBOURG
Je vous le promets !
GENEVIÈVE
Et comme il ne faut pas qu’il parte dénué de tout, Mélie, tu vas venir m’aider... La garde-robe d’Armand est assez bien montée pour que le pauvre voyageur y trouve sa part... Tu le veux bien, Armand?
Ah ! ma mère!.. (On entend dans l’éloignement la cloche d’appel d’on ba||au.)
DUBOURG
Hâtez-vous alors, car le temps presse.
MARTIN, se levant.
Allons, un dernier verre à ta santé, mon brave Dubourg. (oa
se lève.)
DUBOURG
A la vôtre, mes amis, (on trinque, on boit.)