SCÈNE X
Les mêmes, GENEVIÈVE, AMÉLIE.
GENEVIÈVE
Dubourg va bientôt partir... Entendez-vous la cloche? Tiens, Armand, voilà tout ce que nous avons pu réunir à la hâte pour ce pauvre enfant à qui je m’intéresse... comme s’il était a moi.
ARMAND, ému.
Ma mère!..
MARTIN, l’interrompant.
Tu vas le lui portt;r toi-même. (GeneTiève s’occupe à' fermer la valise. — Martin se retourne vers Amélie, qui est venue lu! toucher doucement le bras.) Qu’cst-ce que tu veux, Amélie?..
AMÉLIE, bas.
Ah! mon parrain, pardonnez-moi... J’étais là, j’ai tout entendu... Prenez... prenez tout l’argent qui m’appartient... mai.s, je vous en conjure, ne le laissez pas partir! .
MARTIN, de même.
Te dépouiller pour... Non... non... jamaisl
GENEVIÈVE
La!.. c’est lini. Tiens, Armand, va vite.
ARMAND, maîtrisant à peine sou émotion.
Oui, ma mère... oui...
MARTIN , sévèrement.
Dis à Dubourg que je compte sur sa promesse.
Dis-lui que je lui recommande encore notre jeune protégé.
ARMAND
Oui... oui... ma mère.
GENEVIÈVE
Tiens... embrasse ce pauvre enfant pour moi... (Elle embrasse
Armand, qui détourne la tète pour cacher sou émotion.)
AMÉLIE, retenant ses larmes et lui offrant son chapeau.
Et serrez-lui bien la main de ma part !..
ARMAND
Amélie!... (il s’approche de son père sans être vu de Geneviève, et lui prend la main ; celui-ci fait un violent effort sur lui-mème, dégage sa main,
et, stns pouvoir parler, lui fait ligne d'ubéir. •“ On entend le dernier coup de cloche du départ.)
GENEVIÈVE, donnant la valise à Armand.
Va vite, Armand, le temps presse... (Armand embrasse sa mère une dernière fois, serre la main à Amélie et sort avec douleur. Martin tombe anéanti prés de ta table de droite.) ^