‹ Les crochets du pere Martin drame en trois actesChapitre 56 sur 74 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

AMÉLIE

Six mois, et depuis lors.. . rien, pas un mot, ni d’Armand, ni du capitaine! cela me rend bien malheureuse. Mon parrain le voit et cherche à me rassurer ; mais, dans le fond, il s’inquiète autant que moi... et vous-même, vous n’êtes pas tranquille, avouez-le !

FÉLICIEN

Bah ! il ne faut pas non plus mettre les choses au pis! Qui sait s’ils ne sont pas en route pour revenir? Et, dame, en pleine mer, on ne trouve pas aisément des bureaux de poste... Ça viendra... peut-être... mais ils ne sont pas encore établis... Allons, allons, ne vous tourmentez pas... un de ces quatre matins vous le verrez débarquer ici, frais, bien portant et des millions dans ses poches.

AMÉLIE, secouant la tète. ^

Des millions I

FÉLICIEN, gaiement.

Parbleu!., est-ce que tout le inonde ne fait pas fortune en Australie? Elle n’a été inventée que pour ça.

Ah 1 le ciel vous entende! Puisse Armand être à même de réparer un jour le mal qu’il a fait!... Mon pauvre parrain!... Après avoir travaillé si longtemps pour se procurer sur ses vieux jours un peu d’aisance et ae rejios, se voir forcé de supporter mille privations, mille fatigues!.. Ah! c’est bien triste!

FÉLICIEN

Et vous, mam’selle Amélie, vous voilà en course pour aller donner vos leçons?

AMÉLIE

Je cherche à utiliser le peu de talent que l’on m’a donné, à créer quelques ressources à ceux qui m’ont élevée, soignée comme leur enfant... et, de ce côte, du moins, je suis contente... ça va bien.

FÉLICIEN

Oh ! tant mieux.

AMÉLIE

Et puis, quand j’ai un petit moment à moi, je vais sur la jetée guetter les navires qui entrent dans le port... j’espère toujours...

FÉLICIEN

Voir arriver le Neptune, n’csl-ce pas ? Eh bien, il ne faut pas qué je vous retienne... Allez, ne [vous gênez pas et bonne chance ! Moi, j’irai tantôt dans la maison Duhamel, lès armateurs du Neptune, et si l’on a des nouvelles, je vous guetterai au passage pour vous en faire part.

AMÉLIE, lui tendant la main.

Que VOUS êtes bon ! Allons, au revoir, monsieur Félicien, je vais vite donner une leçon et puis je reviendrai... J’ai promis à mon parrain de repasser par ici à l’heure de son dîner... Une

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