SCÈNE V
Les mêmes, MARTIN, puis LAURENT.
(Martin est vêtu en homme du port et porte péniblement sur ses croehets des malles et des bagages. Un grand changement s’est fait en lui; scs cheveui, gris dans le premier acte, sout devenus tout & fait blancs, et ses traits portent les traces de fortes souffrances morales.)
OLYMPIA, bas à Félicien.
Comment, ce commissionnaire qui porte nos bagages?..
FÉLICIEN, bas.
C’est le père d’Armand.
CHARANÇON, é part.
Diable !.. je suis fâché de la rencontre. (Allant vivement A l’hôtel et appelant.) Garcon !.. holàl.. garçon !.. (a Laurent, qui entre.) Vite, prenez ces malles, entrez-les à rilôtcl. (Laurent aide Martin à ôter tes crochets.) Vous donnerez vingt sous à ce brave homme.
LAURENT, le reconnaissaut.
Tiens I monsieur Charançon !
MARTIN, relevant virement la tète.
Charançon I
CHARANÇON, à part. *
Imbécile ! (prenant Olympia par la main.) Vcncz, cltèrc amie, Venez! au rcvoir, clicr.
MARTIN, les arrêtant et ôtant sa casquette.
Pardon, Monsieur, vous vous nommez Charançon?
CHARANÇON, embarrassé.
Oui, oui... sans doute.
MARTIN
En effet, je vousreconnais... Je désirerais vous dire un mot... en particulier...
CHARANÇON
Maif c’est que...
Rien qu’un petit mot !
Digilized by Goc^le
CHARAr^ÇON, faisant un pas en avant.
Allons, dépêchons, car naa femme est très-pressée.
MARTIN, s’approchant et le regardant en face.
Canaille !
CHARANÇON
Monsieur I (Martin remet sa casquette et tourne le dos à Charançon sans lui répondre.)
LAURENT, à Martin.
Voilà vingt sous !
MARTIN, vivement.
Donne, mon garçon... cet argent-là, je ne l’ai pas volé, moi I
(Olympia appelle dans l'hdtel.)
CHARANÇON
Me voilà, chère amie, me voilà ! (il entre a l’hôtel, suivi par Laurent et un autre garçon qui portfe les malles.)’