MARTIN, FÉLICIEN
MARTIN, montrant le poing pendant la sortie de Charançon.
11 y a deux ans que ça m’étouffait!.. Ouf! j’ai vu le moment
où je lui tombais dessus, (s’essuyant le front avec son mouchoir.) Âvec tout ça me v’Ià en nage I (ll pose ses crochets à terre, contre la maison de gauche, en s’asseyant dessus.) Ah 1 mes vieilles jambes ne valent plus ce qu’elles valaient autrefois... les ressorts sontrouillés...
(Félicien, qui était resté au fond, s’avance comme pour parler k Martin, mais il s’arrête tout à coup.) Ah ! v’ià l'autrc, maintenant., lui, c’est autre chose !
FÉLICIEN, à part, embarrassé.
Ça me reprend... le frisson... la frayeur...
MARTIN, à part.
Oui, oui... tourne autour du pot, mon bonhomme!.. Je vois bien ce que tu voudrais !
FÉLICIEN, à part.
Ah! tant pis... je n’ose pas... (ll va pour rentrer) Martin tousse; Félicien s’arrête, se retourne, et Martin, sans le regarder, lui tend silencieusement la main. Félicien s'élance et la saisit avec joie.) Ah ï monsieur
Martin, y a-t-il longtemps que j’attendais ça !
MARTIN, avec malice.
Je croyais que vous deviez faire le plongeon pat-dessus la jetée?
FÉLICIEN
Oui, oui... j’y avais d’abord pensé, mais...
MARTIN
Mais il paraît que vous n’aviez pas de goût pour l’eau salée...
FÉLICIEN
Et puis, je vais vous dire... Au moment de piquer une tête,