‹ Les crochets du pere Martin drame en trois actesChapitre 70 sur 74 · ACTE III, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XI

Je suis bien sûre que mon parrain n’y pense déjà plus.

gene;viève. v'

C’est égal... je ne peux pas rester une minute fâchée avec lui. Il est là... je veux l’embrasser... (Elle s’approche et s’arrête à la Tue d’Armand.)

AMÉLIE, vivemenl.

Ce n'est pas lui !

GENEVIÈVE, tremblant.

Âhi mon Dieu!

ARMAND, relevant la tète et courant à GenevièTe.

Ma mère!..

AMÉLIE

Armand !.. (Armand embrasse sa mère, puis Amélie. — Tous trois se regardent en se tenant les mains et sans pouvoir parler.)

GENEVIÈVE

Mon Armand!., c’est donc toi!.. Et tou père... tu as vu ton père?...

ARMAND

Oui mère... oui... je l’ai vu... roulant devant lui de lourds fardeaux.

GENEVIÈVE

Ahl oui... je comprends... ça l’a fait peine aussi, à toi.

ARMAND

Je suis resté immobile et sans voix... et je suis tombé, désespéré, sur cette pierre.

Que veux-tu, mon ami? ton père avait commis une grande faute, et, depuis deux ans, il l’a cruellement expiée.

ARMAND

Lui... ma mère?..

AMÉLIE, bas, à Armand.

Oh! je VOUS en prie... pas un mot... elle ne sait rien.

GENEVIÈVE

Faut pas lui en vouloir... il croyait doubler sa fortune et taire notre bonheur à tous. Et, au lieu de ça, d’abord il a fallu vendre notre maison pour faire face au plus pressé. El puis les irais, les intérêts, ont mangé les trois quarts de ce ijui nous restait. — Cette chère enfant ne voulait-elle pas nous donner sa dot!.. Mais ton père s’est fàclié tout rouge... moi aussi I Alors il a repris bravement ses crochets. «Vois-tu, femme, medisuil-il, notre fils peut ne pas réussir, faut pas qu’il puisse accuser son père d’avoir gaspillé son patrimoine. Je veux, quand il reviendra, qu’il trouve notre honneur sauf et un morceau de pain sur la planche. » (Armand se cache la tête dans ses mains.)

AMÉLIE

Monsieur Armand, ne vous désolez pas, ça ferait trop de peine à votre père.

LES CHOCHETS Dü PÈRE MARTIN.

Ça serait comme un reprodie.

ARMAND

Un reproche à lui ! quand c'est moi... moi seul...

AMÉLIE, montrant Geneviève.

Plus bas!... plus bas, je vous en conjure!

GENEVIÈVE, regardant au fond.

Le voilà!.^ le voilà qui revient !... Oh ! mon Dieu !... la joie, le saisissement, il n’en faudrait pas davantage. Vite, cache-toi... laisse-moi le préparer.

AMÉLIE

Oui... là... venez... venez... là. (sue entraîne Armand tous la porte de l’h£tel, où ila diaparaifsent Un moment.)

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