AVANT-PROPOS
La nécessité pour toute puissance militaire de se tenir au courant des progrès réalisés à l'étranger est actuellement plus grande qu'à aucune autre époque de Thistoire» et les difficultés de cette étude ont augmenté et augmentent chaque jour avec les progrès continus de la Science et de l'Industrie; les transformations sont plus fréquentes et» pour ne pas être dépassé par les nations étrangères» pour régler comparativement k elles ses travaux et ses dépenses» il est indispensable de noter le plus souvent possible l'état de leurs forces militaires, d'enregistrer les progrès réalisés» ceux dont on peut prévoir la réalisation. C'est cette tâche que j'ai essayé de remplir dans le cercle des questions militaires que la nature de mes études me permettait d'embrasser» en entreprenant l'examen et la description du matériel naval des principales puissances maritimes.
Dans un précédent Ouvrage» j'ai étudié la Marine cuirassée» navires d'escadre et garde-côtes; j'ai passé en revue les progrès réalisés depuis les batteries de Kinburn et la Gloire jusqu'à la Dévastation anglaise et au Redoutable français ; puis, après avoir exposé la situation des différentes marines» j'ai cru devoir conclure de cette étude des progrès parallèles de l'attaque et de la défense, à la nécessité du décuirassement des navires d'escadre» tout au moins en dehors d'une ceinture à la flottaison.
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Mais la guerre d'escadre, le besoin de protéger les côtes ne constituent pas seuls les nécessités auxquelles doit satisfaire une marine de premier ordre : il faut encore protéger la marine marchande nationale et empêcher un ennemi de se servir de la mer pour accroître ses ressources ; c'est le but de la troisième partie de toute flotte» de la marine de croisière.
Convaincu que les guerres maritimes futures réservent un glorieux avenir à ces navires spéciaux, j'ai entrepris de rappeler leur histoire, de montrer quelles qualités essentielles on doit réclamer d'eux, jusqu'à quel point les navires existant satisfont a ces nouveaux desiderata.
En publiant cette série d'études, je me suis proposé d'être utile à mes camarades de la marine en réunissant des documents épars ou en faisant connaître des renseignements qu'il m'avait été possible de recueillir personnellement; si j'ai pu, en outre, faire ressortir l'importance des navires de croisière et contribuer, dans la plus modeste mesure, à faciliter l'étude des qualités qu'on doit exiger du croiseur, je m'estimerai trop heureux d'avoir pu contribuer, pour ma part, au but que éous avons tous en vue, le perfectionnement de notre matériel naval.
P. DISLBRE.
Paris, le 25 octobre 874.