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Les crustacés

ur une plage quelque peu enfoncée , s'élevait le cercle de l'Huître, rendez-vous journalier des crustacés d'alentour. Nous disons cercle et non point café, car le cercle est vraiment le lieu de réunion des gens qui se respectent, des gens pru- )^'^W* ~* dents, mûrs, sages et bien assis. Le café, l'estaminet, le cabaret sont abandonnés à ces animaux inférieurs, bivalves ou univalves, qui barbotent dans la vase , jouets perpétuels de la marée et des flots.

Aussi la maîtresse de l'Huître comprend ses devoirs et l'importance des hôtes qu'elle héberge.

lls'sont installés d'une façon très confortable ; un énorme

tison brûle sous le manteau de la cheminée , les sièges sont douillets et bien rembourrés ; les liquides ne laissent rien à désirer. Si parfois l'un de ces messieurs souhaite une petite gâterie, Mme l'Huître s'y prête avec une complaisance sans égale. Ils sont là comme chez eux, moins les contrariétés du ménage.

Tout est combiné pour leur rendre ce séjour agréable. Les parois , tapissées de papier chamois , sont ornées d'estampes appétissantes. Ici Napoléon Ier, sur un cheval fougueux , passe le Saint-Bernard ; plus loin c'est Geneviève de Brabant avec sa biche ; plus loin encore un recoin mystérieux abrite le Coucher de la mariée, et les crustacés ne se tournent jamais de ce côté-là sans éprouver des sensations volupteuses.

Epicure semble avoir présidé lui-même à cet arrangement, si propre à chasser la mélancolie et à plonger l'âme dans une extase de Sybarite. Les pensées tristes, les inquiétudes restent au dehors : les peines de la vie ne franchissent jamais le seuil du cercle. On n'y respire que bonheur, joie douce et satisfaction paisible.

Au moment où nous contemplons cette aimable retraite, un crabe tourteau , bien commodément installé sur un fauteuil capace, expose à la flamme du foyer ses bonnes grosses pattes et son abdomen proéminent. La félicité intime dont il jouit ne se manifeste au dehors que par un petit rire, assez semblable au gloussement d'un volatile , et par le balancement chronique de son chef pelé.

Auprès de lui, deux autres crustacés , pleins d'une gravité sans mélange, s'efforcent de faire mentir l'antique proverbe que jamais le jeu du piquet n'entra dans la tête d'une bête. Mais aussi quel piquet! on en jugera bientôt.

La galerie se compose d'une langouste à toupet, qui suit le jeu d'un air nonchalant, et d'une jeune crevette mâle, que pour plus de clarté nous appellerons un petit crevé, car nos lecteurs ne sont peut-être pas tous familiarisés avec l'histoire naturelle.

Le premier des joueurs est un homard d'âge moyen, à tenue roide et empesée.

— Avez-vous écarté? dit-il à son adversaire, autre homard chauve et décrépit.

— Pas encore; vous êtes bien pressé, vous avez donc beau jeu ! Puis, après un moment de réflexion: Allez, c'est. fait.

— Cinq cartes?

— Bon.

— Quatrième majeure?

— Encore meilleur.

— Trois as?

— Oui.

— Cinq et quatre font neuf et trois as douze, joué treize. Le vieux crustacé tire alors de son jeu une tierce majeure qu'il étale sur la table :

— Une tierce majeure me dira trois.

— J'ai une quatrième.

— Tant pis ! vous ne l'avez pas montrée !

— La voilà.

— C'est trop tard. Et le point me dira six.

— Vous auriez dû annoncer le point avant la tierce.

— Je l'ai annoncé en même temps.

— Non, il ne compte pas.

— Ni le vôtre non plus , alors. Et trois dix me diront neuf.

— Six, puisque le point ne compte pas. D'ailleurs j'ai trois as.

— C'est trop tard, vous avez accepté les trois dix. Enfin la partie se termine, et le vieil homard, M. Du-

cancre, qui a perdu, enfonce lentement dans son gousset une main hésitante , et amène une bourse longue , de laquelle il extrait péniblement trois sous, qu'il pose devant son vainqueur.

— C'est six sous que vous me devez.

— Six sous? Non: la partie est de trois sous, et je n'ai perdu qu'une seule partie.

— Vous en avez perdu deux. J'en appelle au témoignage de ces messieurs.

La langouste interpellée répondit :

— Je n'ai pas fait attention au jeu.

Le petit crevé avait mieux suivi les joueurs.

— Oui, M. Ducancre, vous devez six sous à M. Croùtard. Le débiteur jeta un triste regard sur son juge , puis

fouillant de nouveau dans sa bourse longue, il y prit trois autres sous.

— Voilà, monsieur. Ah! depuis quelque temps j'ai bien du malheur au jeu.

— Six sous! Est-ce donc une grosse somme?

— Non, mais six sous aujourd'hui, quatre hier et trois avant-hier, cela se compte.

— Monsieur Ducancre, s'écria le petit crevé, quand on est riche comme vous.

— Si j'avais fait comme des gens que je connais, monsieur Max, je serais maintenant réduit à la mendicité.

Pendant cette conversation intéressante, la conduite du crabe était au moins singulière; les gloussements de son gosier avaient redoublé d'intensité; il frottait ses deux pattes l'une contre l'autre; on eût dit une paire de castagnettes.

— M. Croùtard se retourna:

— Qu'avez-vous donc, cher monsieur Tourteau, qui vous fasse rire de si bon cœur? Des idées gaillardes? Des souvenirs de jeunesse? C'était le bon temps alors.

— Monsieur Croùtard, vous êtes donc sorcier que vous lisez dans ma pensée. Oui, puisque vous devinez si bien,

je vous dirai toute la vérité. Je songeais donc que mon ami Ducancre et moi nous avons bien fait d'amasser notre petit

magot il y a quelques dix années, car aujourd'hui

Et le bon M. Tourteau fut pris d'un nouvel éclat de rire, qui ébranla toute sa carapace.

— Eh bien? aujourd'hui?

— Aujourd'hui, bernicle pour ma fameuse affaire des colzas, où j'ai gagné presque toute ma fortune.

— Tu as raison , Tourteau. C'est la banque qui allait bien ! ajouta M. Ducancre.

— Oh ! vous ! vous ! interrompit la langouste, que nous appellerons à l'avenir M. Glumeau, tout vous a réussi, tandis que moi

— Vous avez eu de la fortune et une excellente éducation , répondit Max, c'est déjà beaucoup; tout le monde n'en a pas autant.

— Oui, reprit le gros Tourteau en riant de plus belle, et avec tout cela il n'est arrivé à rien. Et l'on dit que l'instruction mène atout. Nous, mon pauvre Ducancre, qu'étions-nous donc à l'école?

— De pitoyables élèves. A peine savions-nous lire et écrire . Cepend ant

— Mais nous avions ce qui vaut mieux que de l'instruction: de l'économie et du savoir-faire. Dans ma grande affaire des colzas

— Oui, oui, nous la connaissons de reste.

— N'ai-je pas montré du talent commercial? Maintenant tout est dégénéré. Il ne suffit plus d'être un bon travailleur pour réussir. Les chemins de fer

— Le télégraphe électrique.

— Et par-dessus tout les idées de liberté et d'égalité

qui pénètrent dans les classes inférieures de la société. II n'y a pas jusqu'à Nanon, ma domestique, qui ne se croie mon égale, et ne s'offense quand je la brusque. Drôle d'égalité!

M. Tourteau se remit à pouffer de rire.

M. Croùtard se redressa, releva le col de sa chemise, et d'un ton magistral et convaincu, adressa aux crustacés la harangue suivante :

— Messieurs, permettez-moi de compléter le tableau sinistre que vous avez simplement ébauché. Si, par la pensée, nous nous reportons à vingt années en arrière, quel changement s'est opéré autour de nous ! Alors le travailleur avait des goûts peu exigeants et peu coûteux, son labeur suffisait amplement à entretenir sa famille et à créer une épargne pour les mauvais jours ; les plus belles vertus fleurissaient, la moralité publique n'était souillée par aucun scandale, les magistrats étaient respectés et considérés comme les pères de leurs administrés. Alors l'envie n'habitait pas dans le cœur du pauvre. Content de la situation où la Providence l'avait placé, il supportait gaiment le poids de sa misère, sans jeter des regards de convoitise sur ceux qui possédaient. Depuis la révolution qu'ont subie les idées religieuses, sociales et politiques, les vices ont envahi les masses, amenant avec eux la misère et le désespoir. Quelle est la cause du malaise qui nous entoure? Le progrès faussement ainsi nommé. C'est lui qui a corrompu les âmes et chassé les vertus.

— Bravo, monsieur Croùtard, que c'est beau! comme vous comprenez bien les questions !

— Monsieur Tourteau, veuillez ne pas m'interrompre; le plus important me reste à dire.

En présence de cet état de choses, devons-nous rester inactifs? N'essayerons-nous pas d'opposer une digue à la mer orageuse qui menace de tout engloutir? Efforçons-nous, messieurs, par nos paroles et notre exemple, de ramener l'âge d'or dont nous avons encore vu quelques brillants reflets. Résistons au progrès, employons nos forces, notre temps, notre argent....

— Halte-là, monsieur Croûtard, je vous arrête, interrompit M. Ducancre; cet argent, si péniblement gagné, vous voulez que je le prodigue pour un résultat incertain !

— Et moi, ajouta M. Tourteau, que le progrès avance tant qu'il voudra, je ne mettrai à le retenir ni mes forces , ni mon temps, ni mon argent. J'ai fait une bonne petite pelote ; je m'inquiète fort peu de ce qui se passe autour de moi, pourvu qu'on me laisse jouir de la vie et qu'on ne me demande rien. D'ailleurs, monsieur Croûtard, vous, si éloquent, je n'ai pas remarqué que vous vous soyez mis souvent à la brèche autrement que par de beaux discours. C'est déjà quelque chose, je l'avoue, vous parlez comme un livre, en vérité; moi je n'en saurais faire autant. Il faut en convenir, vous parlez bien; c'est un charme de vous ouir.

— Vos paroles, monsieur Tourteau , renferment deux assertions que je m'empresse de rectifier. Vous me reprochez de n'avoir pas combattu avec acharnement l'hydre du progrès, .le lui ai toujours opposé son plus grand ennemi, la force d'inertie... Ainsi votre inculpation n'est rien moins que fondée. En second lieu, vous avez eu l'obligeance d'applaudir à mon talent oratoire. Chez moi ce n'est pas un talent; je ne cherche pas les mots, les phrases redondantes, je ne prête aucunement l'oreille à l'harmonie de mes pé-

riodes. Ce que je dis est tout simple, et c'est simple parce que cela part du cœur.

— Monsieur, continua M. Glumeau, je sympathise entièrement avec les opinions que vous avez manifestées. Elles sont l'expression exacte de ma pensée. Mais ceux qui les soutiennent et s'appliquent à les faire triompher négligent souvent de précieux auxiliaires. Ils s'adressent en général à des publicistes d'un talent fort contestable, au lieu de songer aux hommes dont le cœur et la tête sont également solides. Moi, par exemple, je suis méconnu; jamais on ne m'a prié de m'associer à quelque grande entreprise du genre de la vôtre, et cependant je sens que j'ai une valeur, et que toute ma puissance intellectuelle se perd dans l'inaction forcée à laquelle je suis condamné.

— Messieurs, dit Max, vous n'êtes pas les seuls que ces questions préoccupent. Plusieurs de mes amis ont formé le projet de créer un organe qui défende les intérêts de la classe bourgeoise...

— Qui est à la base de l'édifice social, qui est la colonne de la civilisation moderne.

— Sans doute, monsieur Croûtard. Ce journal aura pour titre : Le Rocher.

— Bien, jeune homme, bien, dit avec un aimable sourire M. Tourteau. Vous le rédigerez ce journal, Max, vous en êtes bien capable. Je vous connais, vous ferez un excellent journaliste.

— D'ailleurs le travail ne sera pas grand , les articles abonderont. Frédéric nous en a déjà promis une quantité.

— Cette idée de journal ne me sourit guères, monsieur Max, car il faudra sans doute prendre des actions, et je n'aime pas trop ces valeurs.

— Rassurez-vous, monsieur Pucancre, les fonds sont prêts.

— Alors, monsieur Max, j'applaudis de tout mon cœur à votre entreprise.

— Moi qui allais vous offrir ma coopération financière ï dit M. Tourteau.

— Je vous céderai quelques actions, c'est bien facile.

— Non, non, ce serait vous gêner. Du moment que le& fonds sont prêts...

— Pour vous je le ferai, monsieur Tourteau.

— Bien, bien, nous en parlerons une autre fois. Cependant la nuit précipitait sa course , accompagnée

de son cortège d'étoiles, et les crustacés bâillaient comme des huîtres. Nos amis sortirent pour regagner leurs demeures.

Bientôt ils se séparèrent. M. Croûtard, raide et satisfait, se félicitait d'avoir été si éloquent.

— Quel dommage, pensait-il, qu'il n'y ait pas eu plus de monde pour m'écouter. J'étais en voix ce soir; mes idées, claires et nettes, se pressaient sur mes lèvres. Le fait est que je suis heureusement doué.

Le fait est que M. Croûtard, polysyllabe au cercle, était monosyllabe avec son épouse, dont le ton criard et les manières brusques imposaient silence à la faconde oratoire de son docile mari. Ce soir-là, il eut beau ployer l'échiné, se faire humble et modeste, M,ne Croûtard ne l'en accueillit que plus mal.

— D'où viens-tu si tard? Du cercle, sans doute. C'est Là que ces messieurs passent leurs soirées, tandis que leurs [>;mvres femmes veillent et travaillent.

— Mathilde, je t'assure...

— Que tu as énormément bu. Va te coucher bien vite. Et elle ferma sur eux deux la porte de la chambre conjugale; ce qui nous empêche de raconter la fin de la scène, et les humiliations que dut subir M. Croùtard pour obtenir la paix.

MM. Tourteau et Ducancre étaient partis, bras dessus bras dessous, un peu obliquement, comme il convient à de bons crustacés. M. Tourteau riait toujours.

— Dis donc, Ducancre, ce Croùtard, ce beau parleur, est-il ennuyeux? N'est-ce pas que je l'ai bien frotté de beurre, tout en lui disant son fait?

— Oui, parbleu, il recommande sans cesse aux autres de donner leur argent pour soutenir la bonne cause, mais lui ne prodigue pas le sien .

— Il s'imagine que notre cercle est une assemblée délibérante ; il croit toujours être ta la tribune. Et le petit Max avec son journal, eh, eh!

— Joli rédacteur, ma foi !

— Avec des bottes à l'écuyère.

— Le journal n'en marchera que mieux, il jouera de l'éperon.

— En attendant il ne jouera pas avec nos écus.

— Pas avec les miens, en tout cas. Quant à toi, qui lui en as offert?

— Eh ! eh! je sais ce que je fais.

Puis, comme leurs maisons se touchaient, bientôt après s'être quittés, ces messieurs étaient chacun dans son lit et ronflaient non loin de leurs chastes moitiés.

Quant à Max , il sifflait en marchant et faisait sonner ses molettes, selon l'habitude des gens de cheval , mais sa pensée courait bien loin du manège.

— Ça marche, ça marche, disait-il en lui-même, à condition toutefois que ni Croùtard, ni Glumeau ne s'en mêlent, surtout Glumeau. Je les connais ses articles filandreux, et interminables, suffisants pour éreinter le journal le plus solide. On verra si nous autres qu'on traite d'inutiles

Le malheureux Glumeau, la langouste incomprise, marchait la tète basse et se livrait à de pénibles réflexions.

— Encore une journée d'ennuis et de déceptions! Ce petit Max, qui ne songe pas à moi, qui ne me demande pas même un «article. Mais c'est ma destinée de passer pour un imbécile. On ne s'est jamais donné la peine de me mettre à l'épreuve. — On ne veut pas de moi. — Décidément je suis relégué dans les rangs des incapables, tandis que Croùtard, avec sa langue flexible, Tourteau et Ducancre avec leurs écus, le petit Max lui-même, ce brinborion d'écurie, voilà, parbleu ! des personnages considérables ! Patience ! on verra, on verra. Au moment où l'on s'y attendra le moins, Glumeau sera là ; non pas Glumeau l'humilié, le méprisé, mais le véritable Glumeau, aussi différent de l'autre qu'un papillon d'une chenille. Que l'occasion se présente, je la saisirai aux cheveux.

M. Glumeau, célibataire, avait, pour tenir son ménage de garçon, une gouvernante modèle, aux petits soins, de l'humeur la plus caressante ' C'était une veuve de trentecinq ans, non point forte en carrure, comme vous ou moi l'aurions voulue, mais avec une figure longue, une stature effilée, et des formes un peu anguleuses. A peine le pas du vieux garçon eut-il retenti sur le seuil, que Mme Mouson ouvrit la porte, éclaira son maître et lui dit, après l'avoir salué cordialement :

— Onze heures viennent de sonner, j'étais sûre d'en-

tendre venir monsieur. Car monsieur est un homme bien exact. Mais monsieur est triste. Monsieur a quelque chose.

— Non, Charlotte, je n'ai rien d'extraordinaire. Je suis aujourd'hui comme tous les jours.

— Monsieur a du noir. Je sais bien pourquoi. Toujours la même chose, n'est-ce pas?

— Oui, Charlotte.

— Eh bien, parole d'honneur, je ne comprends pas les gens qui peuvent faire de la peine à monsieur. Ils ne le connaissent pas. S'ils savaient les gros livres qu'il y a dans sa bibliothèque, et comme monsieur les lit tous les jours, et la belle écriture de monsieur, s'ils entendaient, comme je l'entends, le raisonnement de monsieur, ils vous estimeraient comme vous le méritez.

— Que voulez-vous, Charlotte, il n'est pas donné à chacun d'être heureux en ce monde.

— Ce qui m'étonne chez monsieur, c'est sa douceur et sa résignation. Quand on me mépriserait

— Charlotte, on ne me méprise pas; on ne pense pas à moi, voilà tout.

— Oh ! l'un revient à l'autre.

— Que voulez-vous, ma pauvre Charlotte? Je vis seul depuis plus de vingt années, et je ne suis compris de personne.

— Excepté de moi !

— Oui, je le crois, ma bonne Charlotte.

— Merci, monsieur Glumeau. Monsieur n'a besoin de rien.

— Non, Charlotte.

— C'est que les nuits sont froides et humides, et que

si monsieur n'a pas bien chaud à la poitrine, il pourrait s'enrhumer.

— Je n'ai besoin de rien.

— N'oubliez pas, monsieur, de descendre votre bonnet bien sur vos oreilles ; c'est par là qu'on prend froid.

— Je le ferai. Bonne nuit, Charlotte.

— Bonne nuit, monsieur Glumeau.

Le vieux garçon pénétra dans sa chambre à coucher, content de lui-même et de sa gouvernante, mais très irrité contre le reste des humains.

— La bonne femme, murmurait-il ; elle seule me connaît à ma valeur, elle seule m'apprécie. Quel dommage qu'elle appartienne à une caste inférieure !

Et le sommeil vint bientôt clore ses paupières.

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