TOME I
Les Cardïsomes. (Cardisqma Latr. )
Ayant les quatre antennes et tous les articles des pieds» mâchoires extérieurs à découvert $ les trois premiers articles des mêmes pieds-mâchoires droits , le troisième plus court que le précédent , échancré supérieurement , presque en forme de cœur; enfin le premier des antennes latérales presque semblable et large.
On les désigne aux Antilles sous le nom de crabes blancs ; quelquefois cependant le test est jaune , avec des raies rouges (i).
Les Gécarcins. ( Gecarcinus. Leach. )
Dont les quatre antennes sont recouvertes par le chaperon; dont le second et le troisième article des pieds-mâchoires extérieurs sont grands , aplatis , comme foliacés, arqués, et laissant entre eux, au côté interne, un vide; ou le dernier de ces articles est en forme de triangle curviligne , obtus au sommet; il atteint le chaperon et recouvre les trois articles ( 4 , 5 et 6 ) suivants.
L’espèce la plus commune ( Cancer ruricola , Lin. ), Herbst, III, 36, jeune âge ? IV : XX, n6; xlix , i, est d’un rouge de sang plus ou moins vif, et plus ou moins étendu, quelquefois tacheté de jaune , avec une impression en forme de H, très marquée. Divers voyageurs lui ont. donné le nom de crabe violet , de crabe peint; celui de tourlourou me paraît plus spécialement propre à cette espèce (2).
Tantôt ie tesi est presque carré , subisométi ique, ou guèiA plus large que long, aplati, avec le front rabattu dans
(1) Cancer cordatus ; Lion. ; — Cancer camifex ■; Herbst. , xli , 1 , iv, 3y ; — - C. guanhumi , Marcgrave. Les tarses on; quatre arrêtes; iî y en a deux de plus dans les gécarcins.
(2) Voyez l’article Tourlouroux de FEncycIopédie méthodique. MM. Viétor Audouin et Miîne-Edwards ont communiqué dernièrement à l’académie royale de sciences des observations très curieuses sur un organe propre à ces animaux , et formant une sorte de réservoir susceptible de contenir une certaine quantité d’eau , et placé immédiatement au-dessus des branchies. Voilà pourquoi ces crustacés ont les côtés antérieurs du thorax plus bombés que d’ordinaire.
FAMILLE DES BRACHYÜliÈS.
presque toute sa largeur. Les pédicules oculaires sont courts et insérés aux angles latéraux antérieurs. Les deux divisions ordinaires des antennes intermédiaires sont très distinctes. Les pieds-mâchoires extérieures sont écartés entre eux intérieurement , et forment par cet écart ^ un vide angulaire; leur troisième article est presque aussi long que large. Les serres sont courtes, épaisses, et les autres pieds sont très aplatis ; la quatrième paire et ensuite la troisième sont plus longues que les autres ; les tarses sont épineux.
Les Plagusies. ( Plagusia. Latr. )
Ont leurs antennes mitoyennes logées dans deux fissures longitudinales et obliques, traversant toute l’épaisseur du milieu du chaperon (i).
Elles sont inférieures ou recouvertes par cette partie, dans Les Grapses. ( Grapsus. Lam. )
Lêur test est un peu plus large en devant qu’en arrière , ou du moins pas plus étroit, tandis qu’il s’élargit un peu de devant en arrière dans les plagusies.
Les grapses sont répandus dans toutes les parti es du monde, mais plus particulièrement dans celles qui sont situées près des tropiques. On n'en trouve plus en Europe au-delà du 5o° environ de latitude. Il me paraît qu’à la Martinique on les appelle cèriques. Marcgrave en a figuré des espèces du Brésil , sous les dénominations d ’aratu, aratu pinima(Grap sus cruentatus , Latr. ), et de carara-tina. A Cayenne on les appelle ragabeumba , qui veut dire soldat.
Ces animaux se tiennent cachés pendant le jour sous les pierres et autres corps qui sont dans la mer. Quelques-uns même, à ce qu’il m’a été raconté, grimpent sur les arbres du rivage et se retirent sous leurs écorces. La forme large
(i) P. Depressa , Latr.; Herbst. , ni, 35; -—P. clcivimana , Latr , Herbst. , lix , 3; Desm. , Consid. , xiv, 2. La queue ne m’a paru composée que de quatre segments bien distincts. Le troisième offre cependant une ou deux lignes enfoncées et transverses. Dans les grapses, ces segments sont au nombre de sept, et le troisième est dilaté, de chaque côté de sa base , en manière d’angle ou d’oreillette
et aplatie de leur corps et de leurs pieds leur donne la faculté de se soutenir momentanément sur l’eau ils marchent toujours de côté, tantôt à droite, tantôt à gauche. Certaines espèces vivent dans les rivières, où la marée monte, mais plus souvent sur les bords ou hors de l’eau. Ils se rassemblent en nombre considérable , et lorsqu’il paraît quelqu’un dans les lieux où ils se trouvent, ils se sauvent dans l’eau, en faisant un grand bruit avec leurs serres, qu’ils frappent l’une contre l’autre. Leur manière de vivre est d’ailleurs la même que celles des autres crustacés carnassiers. ( Voyez Fliist. nat. des crust., par M. Bosc. )
Nos côtes offrent
Le grapse madré ( Grapsus varius . Latr.; Cancer marmo ratus. Fab.; Oliv., ZooL, Adr., Iï , i ; le cancre madré de Rondelet; Herbst,, XX, i i4); 11 est de taille moyenne, presque carré, à peine plus large que long, jaunâtre ou livide , très alongé en dessus, avec un grand nombre de lignes très fines et de petits points, d’un brun rougeâtre; quatre éminences, aplaties, disposées transversalement , à la base du chaperon, et trois dents à F extrémité antérieure de chaque bord latéral. Ses tarses sont épineux.
Le G. porte -pinceau, ( Cuv., Règne anim. IV, xii, i; Rumph., Mus. X2; Desm., Consid., XV, 1) est remarquable par les poils nombreux, longs et noirâtres, qui garnissent le dessus des doigts des pinces. Les tarses n’ont point d’épines , caractère qui lui est exclusivement propre. Cette espèce (1) se trouve aux Indes orientales.
Notre quatrième section, les obbiculaires (Orbiculata) (2), a le test soit sub-globuîeux ou rhomboïdal, soit ovoïde, et toujours très solide; les pédicules oculaires toujours courts ou peu alongés; les serres d’inégale grandeur, selon les sexes ( plus grandes dans les mâles); la queue n’offre jamais sept segments complets ; la cavité buccale va en se rétrécis-
fi
(1) Voy. , pour d’autres , l’article plctgusie de l’Encyclopédie méthodique, et l’Histoire des animaux sans vertèbres de M, Delamarck , genre grapse ,
(3) Les orithyies et les dorippes me paraissent, dans une série naturelle , appartenir à cette section , et conduire aux coristes ; leur test est en forme d’ovoïde tronque'.
FAMILLE DES BRACHYURES.
sant vers son extrémité supérieure, et le troisième article des pieds-mâchoires extérieurs est toujours en forme de triangle alongé. Les pieds postérieurs ressemblent aux précédents, et aucun de ceux-ci n’est jamais très long.
Les Corystes. ( Cqrystes. Latr. )
Ontle-test ovoïdo-oblong , crustacé, avec les antennes latérales longues, avancées et ciliées; les pédicules oculaires de grandeur moyenne, écartés ; et le troisième article des piedsmâchoires extérieurs plus long que le précédent, avec une échancrure apparente, pour l’insertion de Farticlesuivant. La queue est de sept segments , mais dont deux oblitérés au milieu dans les mâles.
On en connaît une de nos côtes ( Cancer personatus ,
Herbst. Xli, 71 , 7 2; Leach., Malac. Brit., vi, 1 ; à trois
dentelures à chaque bord latéral du test.
Feu Deialande, naturaliste-voyageur, en a rapporté une autre du cap de Bonne-Espérance.
Les Leucosies. ( Leucosia. Fab. )
Ont un test dont la forme varie , mais plus généralement presque globuleux ou ovoïde, et toujours d’une consistance très dure et pierreuse ; les antennes latérales et les yeux très petits. Les yeux sont rapprochés. Le troiaièmearticle des piedsmâchoires extérieurs est plus petit que le précédent et sans sinus interne apparent ; ces parties sont contiguës inférieurement, le long du bord interne , et forment un triangle alongé, dont l’extrémité est reçue dans deux loges supérieures de la cavité buccale. La queue, très ample et suhorbiculaire dans les femelles, n’offre ordinairement que quatre à cinq segments, mais jamais sept.
Le docteur Leach (1) a partagé ce genre de Fabricius en plusieurs autres, mais que nous présenterons comme de simples divisions.
Les espèces dont le test est transversal , avec le milieu des côtés fortement prolongé ou dilaté en manière de cylindre ou de cône, forment son genre ixa (ixa) (*2).
(1) Leacli, Zool. Mise, in ; Desm. , Consid.
(2) Leucosici cylindrus , Fab. , Herbst. , 11, 29-01.
Celles dont le test est rhomboïdal, avec sept pointes coniques, en forme d’épines , de chaque côté, composent celui d ’iphis ( iphis ).
Si le test ayant toujours la même forme rhomboïdale ne présente que des angles ou des sinus sur les côtés , on aura son genre nursie ( nursia ) ; et celui d ’ébalie ( ebalia ) , si ces bords latéraux sont unis.
Les leucosies à test ovoïde ou presque globuleux, et distinguées en outre de plusieurs des précédentes, en ce que les serres sont toujours plus longues que le corps , plus épaisses que les autres pieds , et que les tarses sont sensiblement striés, peuvent se diviser ainsi.
Les unes ont le front avancé ou du moins point débordé par l’extrémité supérieure de la cavité buccale. La branche externe des pieds-mâchoires ( le flagre ) extérieurs est alongée, presque linéaire.
Ici les serres sont grêles, avec les mains cylindriques et les doigts longs.
Tantôt le test est presque globuleux, et soit très épineux, comme dans le genre arcanie ( arcania soituni, comme dans celui à’ i lie ( ilia ).
Tantôt le test est suborbiculaire et déprimé , ainsi que dans le g. persephone (persephona) ) ou bien ovoïde, ainsi que dans celui de myra ( myra ).
Là, les serres sont épaisses , avec les mains ovoïdes et à doigts courts.
Ce sont les vraies Leucosies ( Leucosia ) de ce naturaliste.
Dans les autres, l’extrémité supérieure de la cavité buccale dépasse le front. La branche externe des pieds-mâchoires extérieurs est courte et arquée. Le test est arrondi et déprimé.
Cette dernière division comprend son genre phylire (phylira ).
D’autres considérations prises des proportions des pattes et de la forme des pieds-mâchoires extérieurs , appuient ces caractères.
La leucosie noyau ( ilia nucléus , Leachj cancer nucléus.
Lin y Herbst., XI. il\. ) commune dans la Méditerranée, a
le test globuleux, granuleux sur les côtés et postérieurement, avec le front échaucré, deux dents au bord posté-
FAMILLE DES BRACIÎYÜRES. 55
rieur, et deux autres très écartées l’une de l’autre, à chaque bord latéral ; la postérieure est plus forte , en forme d’épine, et située au - dessus de la naissance des deux pieds postérieurs.
Les côtes maritimes de nos départements occidentaux fournissent quelques autres espèces , qui rentrent dans le genre ebalia de M. Leach (i).
Toutes les autres sont de l’Océan indien et américain.
Les Indes orientales nous offrent quelques leucosies fossiles. M. Desmaretsen a décrit trois espèces, dont deux se rapportent, selon lui, aux leucosies proprement dites de Leach , et qui en état vivant sont propres aux mêmes contrées.
La cinquième section , celle des Triangulaires (Trigon a ), se compose d’espèces, dont le test est généralement triangulaire ou subovoïde, rétréci en pointe ou en manière de bec par devant , ordinairement très inégal ou raboteux , avec les yeux latéraux. L’épistome ou l’intervalle compris entre les antennes et la cavité buccale est toujours presque carré , aussi long ou presque aussi long que large. Les serres , ou du moins celles des mâles, sont toujours grandes et alongées. Les pieds suivants sont très longs dans un grand nombre , et quelquefois même les deux derniers ont une forme différente des précédents. Le troisième article des piedsmâchoires extérieurs est toujourspresque carré ou hexagonal, dansceuxaux moinsdontles pieds sontde longueur ordinaire.
Le nombre apparent des segments de la queue varie. Il est de sept dans les deux sexes de plusieurs; mais dans d’autres, ou du moins dans leurs mâles, il est moindre.
Plusieurs de ces crustacés sont désignés vulgairement sous Se nom collectif à1 Araignées de mer
Quoique les espèces de cette tribu soient fort nombreuses, on n’en a encore découvert que deux en état fossile , et dont l’une au moins ( Maia squinado ) existe encore aujourd’hui , en état vivant, dans les mêmes localités ( Voÿ. Desm. Hist, natur. des crust. fossi î . )
Une première division comprendra ceux dont les seconds
(1) Malar. Brit. , xxv.
66 CRUSTACES DÉCAPODES.
pieds et les suivants sont semblables, et dont la grandeur
diminue progressivement.
Parmi ceux-ci nous formerons un premier groupe de toutes les espèces dont la queue, soit des deux sexes, soit des femelles , est de sept articles. Le troisième article des piedsmâchoires extérieurs est toujours presque carré, et tronqué ou échancré à l'angle supérieur interne.
Des serres très grandes, surtout comparativement aux autres pieds, qui sont très courts , dirigées horizontalement et perpendiculairement à Taxe du corps jusqu’aucarpe ou l'article précédant la main , repliées ensuite , par devant sur elles mêmes , avec les doigts fléchis brusquement , en formant un angle; des pédicules oculaires très courts, et point ou peu saillants hors de leurs cavités ; un test rocailleux et très inégal ou très épineux , signalent
Les Parthenopes. ( Parthenqpe. Fab. )
Les unes ont les antennes latérales très courtes, de là longueur des yeux au plus; leur premier article est totalement situé au-dessous des cavités oculaires.
Si la queue offre dans les deux sexes sept segments , ces espèces composeront le genre Parthenope proprement dit (i; deM. Leach.
Si celle des mâles n'en présente que cinq, on aura son genre Lambrus (à).
Les autres ont les antennes latérales très sensibîeïnent plus longues que les yeux; leur premier article se prolonge jusqu'à l'extrémité supérieure interne des cavités propres à ces derniers organes, et paraît se confondre avec le test. Ici le post-abdomen est toujours de sept segments. Les serres des femelles sont beaucoup plus courtes que celles de l'autre
(1) P. horrida , Fab. ; Rumpli. , Mus. , ix , i ; Seba , III , xix j 16, 17; Herbst., xiv, 88.
(2) P. longimana , Fab. ; Rumph., Mus. , vm ? — P . giraffiz, Fab. ; Herbst., xix, 108 , 209; — P. lar, Fab. ; — P. rubus , Latr. ; Cancer contrarius , Herbst., lx, 3 ; — P. macrocheles , Latr. , Herbst., xix, 107 5 — C. longhnanüs, Linn. , fem. , P. trigonimanu , Latr. ; Cancer p rens or > Herbst. , xlt , 3.