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LE QUATRIÈME ORDRE DES CRUSTACÉS

Les LÆMODIPODES. ( Læmodipoda.)

Sont, parmi les malacostracés à jeux sessiles , les seuls dont l’extrémité postérieure du corps n’offre point de branchies distinctes; qui n’aient presque pas de queue } les deux dernières pattes étant insérées à ce bout, ou le segment leur servant d’attache n’étant suivi que d’un à deux autres articles très petits. Ils sont encore les seuls où les deux pieds antérieurs, et qui répondent aux seconds pieds-mâchoires, fassent partie de la tête.

Ils ont tous quatre antennes sétacées et portées sur un pédoncule de trois articles, des mandibules sans palpes , un corps vésiculaire à la base de quatre paires de pieds au moins , à commencer à la seconde ou à la troisième paire , y compris ceux de la tête. Le corps, le plus sou vent filiforme ou linéaire, estcom» posé, en comptant la tête, de huit à neuf articles^ avec quelques petits appendices , en forme de tubercules, à son extrémité postérieure et inférieure. Les pieds sont terminés par un fort crochet. Les quatre antérieurs, dont les seconds plus grands, sonttoujours terminés en pince monodactyle ou en griffe. Dans plusieurs, les quatre suivants sont raccourcis , moins articulés , sans crochet au bout , ou rudimentaires , et nullement propres aux usages ordinaires.

Les femelles portent leurs œufs sous les second

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et troisième segments du corps, dans une poche formée cTécailles rapprochées.

Ces crustacés sont tons marins ; M. Savigni les considère comme avoisinant les pycnogonicles, et * faisant avec eux le passage des crustacés aux arachnides. Dans la première édition de cet ouvrage , ils formaient la première section de l’ordre des isopodes, celle des çistibranches.

On pourrait n’en former qu’un seul genre, auquel , par droit d’ancienneté, on conserverait le nom

De Cyame. ( Cyamus. Latr. )

Les uns ( Filiformes , Filiformia , Latr. ) ont le corps long et très grêle ou linéaire, avec les segments longitudinaux ; les pieds pareillement alongés et déliés, et la tige des antennes composée de plusieurs petits articles.

Ils se tiennent parmi les plantes marines, marchent à la manière des chenilles arpenteuses, tournent quelquefois avec rapidité sur eux-mêmes, ou redressent leur corps en faisant vibrer leurs antennes. Ils courbent, en nageant, les extrémités de leur corps.

Les Leptomeres. (Leptomera. Latr. — Proto. Leach. )

Ont quatorze pieds (les deux annexés à la tête compris) complets et dans une série continue.

Ici, comme dans nos Leptomeres propres ( Gammarus pe~ datus , Mull. , Zool. dan. , Cl i , 2 ) , tous les pieds, à l’exception des deux antérieurs, ont un corps vésiculaire à leur base. Là, comme dans les Protons de M. Leach ( Cancer pe~ datus , Montag., Trans. linn. Soc., il, 6- Encyclop. méth., atl. d’hist. natur. , CÇÇXXXVI, 38.), ces appendices ne sont propres qu’aux seconds pieds et aux quatre suivants (1).

(1) Rapportez encore aux leptomeres la scjuilla venlricosa de Müiler, Zool. dan., lyi, 1 — 3 ; Herbst., xxxvi ,11: — le Cancer linearis de Linnæus est peut-être conge'nère. Il lui donne six pieds, mais sans compter la tête.

Les Nauprédies. (Naupredia. Latr.)

N’ont que dix pieds, tous dans une série continue; les seconds et les deux paires suivantes ont à leur base un corps vésiculaire (i).

Les Chevrolles. (Caprella. La met. )

N’ont pareillement que dix pieds, mais dans une série interrompue, à commencer inclusivement au second segment, la tête non comprise; ce segment et le suivant offrent chacun deux corps vésiculaires et sont totalement dépourvus de pattes (i).

Les autres (Ovales, Ovcilia. Latr.) læmodipodes ont le corps ovale, avec les segments transversaux. La tige des an- | tennes paraît être inarticulée. Les pieds sont courts ou peu alongés; ceux des second et troisième segments sont impar- i faits et terminés par un long article cylindrique et sans crochets; ils ont, à leur base, un corps vésiculaire alongé. Ces læmodipodes forment le sous-genre

Des Cyames proprement dits. ( Cyamus. Latr. — Larunda.

Lêach. )

J’en ai vu trois espèces , qui vivent toutes sur des cétacés, et dont la plus connue, le Cyame de la baleine ( Oniscus ceti , Lin.;Pall., Spicii. zool., fasc, IX, iv, 1 4 ; Squille de la baleine , Degéer. , Ins J, VII, 6, v i ; Pycno gomun ceti , Fab. ; Savig. , Mém. sur les anim. sans vert. ,

(1) Sous-genre établi sur une espèce de nos côtes, qui me paraît inédite.

(2) La squilla lobata de Müller, Zool. dan. lvi, 4“6;son Gammar rus quadrilobatus , ibid. , exiv, 1 2; V Oniscus scolopendroides de Pallas , Spicii. zoool. , fasc. IX , iy , 1 5 , sont des cbevroles ; mais lëur distinction spécifique n’est point rigoureusement caractérisée. Nous avions rapporté à, la première le cancer Linearis de Linnæus , ce qui ( voyez la note précédente ) nous paraît aujourd’hui douteux. Son cancer filiformis est probablement une chevrolle; le Cancer phasma de Montagu, Trans. linn. Soc., VII, yï, 2 , est congénère. La figure qu’il en a donnée a été reproduite dans l’atl. d’hist. natur. de l’Encyclop. méthod. , pL cccxxxyi, 37. Voyez , pour cet ordre et ses genres, la seconde édition du nouv. Dict. d’hist. natur., et l’ouvrage de M. Desrnar. , sur les crustacés.

fa sc. 1 , v, i. ) se trouve aussi sur le maquereau : les pêcheurs Tout désignée sous le nom de Pou de baleine. Une autre espèce, très analogue , a été rapportée par feu Delalande de son voyage au cap de Bonne-Espérance. La troisième , beaucoup pîus petite, se trouve sur des cétacés des mers des Indes orientales.

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