DES EN TOMOST RACÉS
réunis., comme dans Lionæus , en un seul genre, celui de monoculus f qu’il met dans sa classe des polygonales ou nos isopodes.
Ces animaux sont tous aquatiques et habitent pour la plupart les eaux douces. Leurs pieds, dont le nombre varie, et va dans quelques-uns jusqu’au delà de cent, ne sonCordinairement propres qu’à la natation , et tantôt ramifiés ou divisés , tantôt garnis de pinnules ou composés d’articles lamellaires. Leur cerveau n’est formé que d’uo ou deux globules. Le cœur a toujours la forme d’un long vaisseau. Leurs branchies, composées de poils ou j de soies , soit isolés , soit réunis , en manière de barbes , de peigne, d’aigrettes, font partie de ces pieds ou d’un certain nombre d’entre eux , et quelquefois des mandibules et des mâchoires supérieures ( voyez cjpris ) ; de là l’origine du mot de branchiopodes y que nous avons donné à ces animaux, dont nous n’avions d’abord formé qu’un seul ordre. Ils ont presque tous un^pst d’une à deux pièces, très mince elle plus souvent presque membraneux et presque diaphane , ou du moins un grand segment thoracique antérieur, souvent confondu avec la tête et paraissant remplacer le test. Les téguments sont généralement plutôt cornés que calcaires ; ce qui rapproche ces animaux des insectes et des arachnides. Dans ceux qui sont pourvus de mâchoires ordinaires, les inférieures ou extérieures sont toujours découvertes, tous les pieds-mâchoires faisant
EN GÉNÉRAL
l’office de pieds proprement dits , et aucun d’eux n’étant appliqué sur la bouche. Les secondes mâchoires^ celles des phjllopodes au plus exceptées, ressemblent mênae à ces derniers organes; Jurine les a quelquefois désignées sous le nom de mains.
Ces caractères distinguent les entomostracés broyeurs, des malacostracés ; les autres entomostracés, ceux qui composent notre ordre des pœcilopodes , ne peuvent être confondus avec les malacostracés, parce qu’ils sont dépourvus d’organes propres à la mastication ; ou parce que les parties qui paraissent servir de mâchoires ne sont point rassemblées antérieurement et précédéesd’unlabre, comme dans les crustacés précédents et les insectes broyeurs, mais simplement formées par les hanches des organes locomotiles et garnies , à cet effet, de petites épines. Les pæcilopodes représentent dans cette classe, ceux que dans celle des insectes l’on distingue sous le nom de suceurs. Ils sont presque tous parasites, et semblent conduire par nuances auxlernées ; mais la présence des yeux, la propriété de changer de peau , ou même d’éprouver une sorte de métamorphose (1), la faculté de pouvoir se transporter d’un
(1) Les petits des daphnies et de quelques autres sous-genres voisins , ceux probablement encore des cypris, des cythérées, ne diffèrent point ou presque pas, à la grandeur près, de leurs parents, à leur sortie de F oeuf ; mais ceux des cyclopes , des phyllopodes , des argules, e'prouvent, dans leur je1 me âge , des changements notables, soit quant à la forme du corps , soit quant au nombre des pattes. Ces organes subissent même dans quelques-uns, comme les argules, des transformations qui modifient leurs usages.
ï48 BJES ENT0MOST RACÉS EN GENERAL, lieu à l’autre , à la faveur des pieds , nous paraissent établir une ligne de démarcation positive entre ees derniers animaux et les précédents. Nous avons consulté, à l’égard de ces transformations , divers naturalistes instruits, et qui ont eu occasion d’observer fréquemment des lernées, et aucun d’eux, ne les a vues changer de peau. Les antennes des entomostracés, dont la forme et le nombre varient beaucoup, servent dans plusieurs à la natation. Les jeux sont très rarement portés sur un pédicule, et dans ce cas, ce pédicule n’est qu’un prolongement latéral de la tête, et jamais articulé à sa base ; souvent ils sont très rapprochés et même n’en composent qu’un seul. Les organes delà génération sont situés à l’origine de la queue; c’est à tort qu’on avoit considéré les antennes de quelques mâies comme leur siège. Cette queue (i) n’est jamais terminée par une nageoire en éventail , et n’offre point ces fausses pattes, que nous avons observées dans les malacostracées. Les œufs sont rassemblés sous le dos , ou extérieurs, et sous une enveloppe commune, ajant la forme d’une ou de deux petites grappes situées à la base de laqueue ; il paraît qu’ils peuvent se conserver long-temps dans un état de dessication, sans perdre pour cela leurs propriétés. Ce n’est au plus qu’après la troisième mue, que ces animaux deviennent adultes et capables de se multiplier. On a constaté, à l’égard de quelques - uns,
(i) Si Ton en excepte les phyllopes, les derniers pieds sont thoraciques ou des pïeds-màchoires ( Cf pris ).
CRUSTACÉS BKANCHIOPODES. l4g
qu’une seule copulation peut féconder plusieurs générations successives.