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iy8 CRUSTACÉS BRÀKCHTOPODES.
supérieures sont composées dans l’un et l’autre sexe de deux articles, mais dont le dernier grand ; et arqué dans le mâle, très court et conique dans l’autre sexe. Dans le branchipe stagnai (i), les cornes ne présentent qu’un article, et celles du mâle ressemblent parleur forme, leur direction et leurs dents, aux mandibules des males de notre lucane cerfvolant.
Ceux-là n’ont point de queue; leur corps se termine presque immédiatement à la suite du thorax et des dernières pattes. Tels sont
Les Eulimènes. (Eulimene. Latr.)
Leur corps est presque linéaire, et offre quatre antennes courtes , presque filiformes , dont deux plus petites , presque semblables à des palpes placées à l’extrémité antérieure de la tête; une tête transverse, avec deux yeux portés sur des pédoncules assez grands et cylindriques; onze paires de pattes branchiales dont les trois premiers articles et le dernier plus petits, allant en pointe; et immédiatement après elles une pièce terminale , presque demi-globuleuse, remplaçant la queue, et de laquelle sort un filet alongé qui est peut-être un oviducte. J’ai observé vers le milieu de la cinquième paire de pattes et des quatre suivantes un corps globuleux, analogue peut-être aux vésicules que présentent ces organes dans le sous-genre suivant , celui d’apus.
La seule espèce connue ( V Eulimene blanchâtre , Latr., Règne animal, par M. Cuv., Hl,pag. 68; Nouv. Dict. d’hist. nat., X, pag. 333; Desmar., Consid. pag 353, 354) est très petite, blanchâtre , avec les yeux et l’extrémité postérieure du corps noirâtres. On la trouve dans la rivière de Nice.
Les autres et derniers phyliopes ( àspidiphores , uâspidiphora , Latr. ), ont une soixantaine de paires de pattes, toutes munies extérieurement, près de leur base, d’une grosse vésicule ovalaire (2), et dont les deux antérieures, beaucoup
(1) Branchiopoda stagnalis, Latr. , Hist. des crust. et des ins. , IV, pag. 297 ; Cancer slagnalis , Linn. ; Gammarus stagnalis , Fab. ; A pus pisciformis, Schæff.; Gammarus stagnalis , Herbst. , xxx, 3- 10.
(2) Analogues peut-être aux ve'sicules formant le second article des pattes des daphnies.
SECTIOJN DES PHYLLOPES.
plus grandes et rameuses-, ressemblent à des antennes; un grand test recouvrant lamajeure portion du dessus du corps, presque entièrement libre, clypéiforme, écliancré postérieurement, portant antérieurement sur un espace circonscrit, trois yeux, simples , sessiles , dont les deux antérieurs plus grands et lunulés ;* et deux capsules bivalves , renfermant les œufs, et annexées à la onzième paire de pattes. Ces caractères signalent
Les Apus. ( Apus. Scop. )
Qui font partie du genre binocle de Geoffroy et de celui de limule de Muller.
Leur corps, en y comprenant le test, est ovalaire, plus large et arrondi par devant, et rétréci postérieurement, en manière dequeue; mais, abstraction faite du test ou mis à nu, il est d'abord presque cylindrique, convexe en dessus/concave et divisé longitudinalement par un sillon en dessous, et se termine ensuite en un cône alongé. il se compose d’une trentaine d'anneaux, diminuant beaucoup de grandeur vers l'extrémité postérieure, et qui , à l’exception des sept à huit derniers , portent les pattes. Les dix premiers sont membraneux, mous , sans épines ; offrent de chaque côté une petite éminence en forme de bouton , et n’ont chacun qu’une paire de pieds. Les autres sont plus solides ou cornés, avec une rangée de petites épines au bord postérieur; le dernier est plus grand que les précédents, presque carré, déprimé, anguleux, et terminé par deux filets ou soies articulées. Dans quelques espèces composant le genre Lépidtjre ( Lepidurus ) du docteur Leach , on voit dans leur entre-deux une lame cornée, aplatie et elliptique. Si le nombre des pattes est d’environ cent-vingt, il faut que les derniers anneaux, à partir du onzième ou douzième, en portent plus d’une paire, ce qui, sous ce rapport, rapproche ces crustacés des myria- | podes. Le test, parfaitement libre depuis son attache antérieure, recouvre une grande^partie du corps et garantit ainsi lés premiers segments, qui, comme nous l’avons observé, sont d’une consistance plus molle que les suivants. IJ consiste en une grande écaille cornée , très mince, presque diaphane, représentant les téguments supérieurs de la tête et
l8o CRUSTACÉS BIUTS'CHIOPODES.
du thorax réunis, et formant un grand bouclier ovale, convexe, entaillé en manière d’angle et dentelé à son extrémité postérieure. Il est divisé, à sa face supérieure, par une ligne transverse et formant deux arcs réunis, en deux aires, dont l’antérieure, presque semi-lunaire, répond à la tête et l’autre au thorax. La première offre* au milieu, trois yeux simples ou sans facettes sensibles , très rapprochés , dont les deux antérieurs plus grands , presque en forme de rein, et dont le postérieur beaucoup plus petit et ovale. Une duplicature de la portion antérieure du test forme en dessous une sorte ds bouclier frontal , aplati , en demi-lune , servant de base au labre. L’aire postérieure , celle qui répond au thorax , est carénée au milieu de sa longueur. Ce test n’est fixe que par son extrémité antérieure, de sorte qu’à partir de ce point, on peut découvrir tout le dos de l’animal. Les côtés de cette écaille, vus en dessous et à la lumière, présentent chacun une grande ta'che, formée d’un grand nombre de lignes dessinant des ovales concentriques, et qui paraissent être des tubes remplis d’une liqueur rouge. Immédiatement au dessous du bouclier ou disque frontal , sont situées les antennes et la bouche. Les antennes sont au nombre de deux, insérées de chaque côté des mandibules, très courtes, filiformes et de deux articles presque égaux. La bouche est composée d’un labre carré et avancé; de deux mandibules fortes, cornées , ventrues inférieurement, comprimées et dentelées à leur extrémité, sans palpes; d’une grande languette, profondément échancrée; et de deux paires de mâchoires, en forme de feuillets , appliquées l’une sur l’autre, dont les supérieures, épineuses et ciliées au bord interne, et dont les inférieures, presque membraneuses, semblables à de petites fausses pattes; elles se terminent par un article grêle, alongé, etse prolongent extérieurement, àleur base, en une espèce d’oreillette, portant un appendice d’un seul article et cilié , que l’on peut considérer comme une sorte de palpe. La languette offre , suivant M. Savigny (Mém. sur les anim. sans vertèb. , Ire part., i fasc. ), un canal cilié qui conduit droit à l’œsophage. Les pattes, dont le nombre est d’environ cent vingt, diminuent insensiblement de grandeur, à partir de la seconde paire; elles sont toutes
SECTION DES PHYLLOPE5. l8l
très comprimées, foliacées, et se composent de trois articles, non compris les deux longs filets du bout des deux antérieures et les deux feuillets terminant les suivantes, pièces que l’on peut regarder comme formant, réunies , un quatrième article , en pince ou à deux doigts prolongés et convertis en espèces de filets anten informes. Sur le côté postérieur du premier article, est insérée Une grande membrane branchiale, triangulaire, et le suivant ou le second porte aussi, sur le même côté, un sac ovalaire, vésiculeux et rouge. Le bord opposé de ces pattes offre quatre feuillets triangulaires et ciliés, dont le supérieur est très rapproché des doigts de la pince, et paraît en former un troisième sur les secondes pattes et les suivantes, jusqu’à la dixième paire. À fur et à mesure que la grandeur de ces organes diminue , les feuillets se rapprochent les uns des autres, la pince est moins prononcée et moins aigue, et le premier doigts’élargit aux dépens de la longueur et s’arrondit. Les deux antérieures , beaucoup plus grandes, en forme de rames, ressemblent à des antennes ramifiées, et ont été considérées comme telles par quelques auteurs (i) : elles offrent quatre filets sétacés, composés d’un grand nombre d’articles, et dont les deux du bout, l’un surtout, bien plus long que les deux autres , qui sont situés au côté interne ou l’antérieur, il est évident que les deux de l’extrémité sont les analogues des deux doigts de la pince, et que les autres représentent aussi deux des feuillets latéraux ; on pourra s’en convaincre en comparant ces pattes avec leurs analogues et les deux ; ou trois suivantes des jeunes individus. Après leur sixième ou septième mue, celles-ci ressemblent beaucoup aux j deux antérieures , et les antennes même y sont proportionnellement plus longues que dans l’état adulte et terminées par des soies ou des poils. La onzième paire est j très remarquable (2). Le premier article présente, derrière
(1) Elles paraissent aussi représenter les deuxpremiers pieds-mâchoires.
(2) Schaeffer les, distingue sous la dénomination de pieds à matrice. Les neuf paires precedentes sont, pour lui, des pieds en pince; ceux de la première, des pieds en rames, ou des pieds proprement dits; enfin, ceux qui viennent après les pieds à matrice , ou la douzième paire et les suivantes, des pieds branchiaux. Les sacs vésiculaires s’aîongent et se i-appetissent aussi graduellement; leur usage est inconnu.
lS2 CRUSTACÉS BRANCHÎOPODES'.
la vésicule, deux valves circulaires , appliquées Tune sur l’autre, formées par deux feuillets et renfermant les œufs, qui ressemblent à de petits grains d’un rouge très vif. Tous les individus qu’on a étudiés jusqu’à ce jour ayant tous été trouvés munis de pattes semblables , on a soupçonné qu’ils se fécondaient eux-mêmes, et qu’il n’y avait point de mâles.
Ces crustacés habitent les fossés , les mares , les eaux dormantes, et presque toujours en sociétés inombrables. Enlevés, ainsi rassemblés, pardes vents trèsviolents , on en a vu tomber sous la forme de pluie, ils paraissent plus communément au printemps et au commencement de l’été. Leur nourriture consiste principalement en têtards. Ils nagent très bien sur le dos , et lorsqu’ils s’enfoncent dans la vase , ils tiennent leur queue élevée. Ils n’offrent en naissant qu’un seul œil , que quatre pattes , en forme de bras ou de rames, ayant des aigrettes de poils, et dont les secondes plus grandes. Leur corps n’apoint de queue et leur test ne forme qu’une plaque, recouvrant la moitié anté- i rieure du corps. Leurs autres organes se développent peu à peu , par suite des mues successives. M. Valenciennes , employé au muséum d’histoire naturelle, a remarqué que ces animaux étaient souvent dévorés par l’oiseau connu vulgairement sous le nom de Lavandière .
Les espèces connues étant très peu nombreuses, il n’est point nécessaire de former, comme l’a fait M. Leach, avec celles qui ont une lame entre les filets de la queue un genre propre ( Lépidure, Lepidurus) ; telle est Y Apus prolongé ( Monoculus apus, Lin. ; Schæff. , Monoc., VI; Limule serricaude, Herm. fils,; Desmar. , Gonsid. LIL, 2). La carène du bouclier se termine postérieurement en une petite épine , que l’on ne voit point dans la suivante > ij 1 ’Apus canciforme ( le Binocle à queue en filet, Geoff. Insect., XXI, 4; limulus palustris , Müll.; Schæff. , Monoc.,
1 — V. ; l’apus vert, Bosc. ; Desmar. , ibid> LI, 1. ); celle-ci n’a point d’ailleurs de lame entre les filets de la queue; elle est le type du genre apus , proprement dit , du docteur Leach. 11 en a figuré ( Edimb. Encyclop. , Suppl.,