‹ Les crustacés, les arachnides et les insectesChapitre 48 sur 85 · OU LE SEPTIÈME ET DERNIER DE LA CLASSE DES CRUSTACÉS · texte numérisé non relu

OU LE SEPTIÈME ET DERNIER DE LA CLASSE DES CRUSTACÉS

Celui des PÆCILOPODES. (Pæcilopoda. )

Se distingue des précédents par la diversité de formes de leurs pattes, dont les antérieures, en nombre indéterminé , sont ambulatoires ou propres à la préhension , et dont les autres , lamelliformes oupinnées, sont branchiales et natatoires. Mais c’est surtout par l’absence de mandibules et de mâchoires ordinaires , qu’ils s’éloignent de tous les autres crustacés ; tantôt ces parties sont remplacées par les hanches hérissées de petites épines des six premières paires de pieds ; tantôt les organes de la manducation consistent , soit en un siphon extérieur, en forme de bec inarticulé , soit en quelques autres instruments propres à la succion, mais cachés ou peu distincts.

Leur corps est presque toujours recouvert , en totalité, ou en grande partie par un test en forme de bouclier , d’une seule pièce dans la plupart , de deux dans quelques-uns^ et offrant toujours deux yeux lorsqu’ils sont distincts. Deux de leurs antennes ( chélicères , Latr. )sont, dans plusieurs, en forme de pince et en font les fonctions. Le nombre de leurs

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pieds est de douze dans le plus grand nombre (i)^ et de dix ou de vingt - deux dans presque tous les autres. Ils vivent , pour la plupart , sur des animaux aquatiques, et plus communément sur des poissons.

Nous partagerons cet ordre en deux Familles (2)^

La première, celle

Des XYPHOSURES ( Xyphosura.J,

Est distinguée de la suivante par plusieurs caractères : il n’y a point de siphon ; les hanches des six premières paires de pattes sont hérissées de petites épines, et font l’office de mâchoires; le nombre des pattes est de vingt-deux ; les dix premières, à l’exception des deux antérieures des mâles, j sont terminées en pince à deux doigts, et insérées y ainsi que lesdeux suivantes , sous un grand bouclier semi-lunaire; celles-ci portent les organes sexuels, et ont la forme de grands feuillets , de même que les dix suivantes , qui sont branchiales et annexées au dessous d’un second test, terminé par un stylet très dur, en forme d’épée, et mobile. Ces animaux, en outre, sont errants. Ils composent le genre Des Limules. (Limulus. F ah.)

Dont les espèces ont reçu dans le commerce le nom de crabe des Moluques. Le corps suborhiculaire , un peu

(1) Quatorze, dans plusieurs, selon M. Leach ; mais celles qu’il considère alors comme les deux premières me paraissent être deux antennes inferieures. Les àrgules, qui, sous le rapport delà locomotion, semblent être des plus favorisés, n'ont que douze pattes.

(2) Elles forment deux ordres dans mon ouvrage sur les familles naturelles du règne animal.

FAMILLE DES XYPHOSURES.

alongé et rétréci postérieurement, est divisé en deux parties, recouvert par un test solide de deux pièces, une pour chaque division, très creux en dessous , offrant en dessus deux sillons longitudinaux, un de chaque côlé,et au milieu du dos une carène. La première pièce du test, ou celle qui recouvre le devant du corps, estbeaucoup plus grande que l’autre, forme un grand bouclier semi-lunaire , rebordé , portant en dessus deux yeux ovales , à facettes très nombreuses, en forme de petits grains, situés, un de chaque côté, sur le côté extérieur d’une carène longitudinale , et à l’extrémité antérieure de celle du milieu et commune aux deux pièces du test , deux petits yeux lisses (1) rapprochés ; ces carènes sont armées de quelques dents ou tubercules aigus. La duplicature de ce test forme en dessous, à son extrémité antérieure, un rebord plan , très arqué et terminé inférieurement par un double arc , avancé en manière de dent au centre de réunion. Immédiatement au-dessous de cette saillie , dans la concavité du bouclier, est un petit labre renflé ,

I caréné au milieu, terminé en pointe, etau-dessus duquel sont insérées deux petites antennes , en forme de petites serres didactyles et coudées au milieu de leur longueur, à la jonction du premier article et du suivant ou de la pince proprement dite. Immédiatement au-dessous sont insérées et rapprochées par paires, sur deux lignes, douze pattes , dont les dix premières , les deux ou quatre antérieures des mâles seules exceptées, terminées en ! pince didactyle, et dont l’article radical est avancé intérieurement en manière de lobe , hérissé de petites épines, et fait Toffice de mâchoire. La grandeur de ces pattes augmente progressivement ; si l’on en excepte celles de la cinquième paire, elles sont composées de six articles, en y comprenant le doigt mobile de la pince. Celles-ci ont un article de plus , et diffèrent en outre des précé-

(t) Ün de cnaqae côte de la dent terminant cette carène.

l86 CRUSTACÉS PÆCILOPODES.

dentes en ce qu’elles ont extérieurement à leur base un appendice arqué et rejeté en arrière, de deux articles, dont le dernier comprimé et obtus ; que leur cinquième article est terminé, au côté interne, par cinq petits feuillets mobiles; cornés, étroits, alongés, pointus et mobiles , et de plus en ce que les deux doigts de la pince sont mobiles ou articulés à leur base. Les deux pièces situées dans l’entre-deux de ces pattes , que M. Sayigny considère comme une languette , ne me paraissent être que deux lobes maxillaires de ces organes , mais détachés ou libres. Le pharynx occupe l’intervalle compris entre toutes ces pattes. Les mâles sont distingués dès femelles par la forme des pinces qui terminent les deux ou quatre antérieures : elles sont renflées et dépourvues de doigt mobile. Les deux dernières pattes de ce bouclier sont réunies et sous la forme d’un grand feuillet membraneux , presque demi-circulaire , portant les or- -j ganes sexuels à sa face postérieure , et offrant au milieu d’une échancrure du bord postérieur deux petites divisions triangulaires , alongées et pointues , qui paraissent représenter les doigts internes des pinces; des sutures indiquent les autres articulations. La seconde pièce du test, articulée avec la précédente au milieu de son échancrure postérieure et remplissant le vide qu’elle forme , est presque en forme de triangle , tronqué et échancré angulairement à son extrémité postérieure. Ses bords latéraux sont alternativement échancrés et dentés, et les échancrures , à partir de la seconde , offrent chacune, dans leur milieu , une épine alongée et mobile ; il y en a six de chaque côté. Dans la concavité inférieure sont renfermées et disposées par paires , sur deux séries longitudinales , dix pieds-nageoires presque semblables , pour la forme , aux deux dernières pattes , mais unis simplement à leur base , appliqués les unes sur les au très, et portantà leur face postérieure les branchies, qui paraissent composées de fibres très nombreuses et très ser-

FAMILLE DES XYPHOSUftES. 187

rées, disposées sur un seul plan, les unes contre lesautres. L’anus est si tué à la racine inférieure du stylet, terminant le corps. D’après une observation qui nous a été communiquée par M. Straus, l’intérieur du premier bouclier ne présente , outre le cerveau, qu’un seul ganglion, le sous-œsophagien (1). Les deux cordons nerveux se prolongent ensuite dans l’intérieur du second bouclier, n’y forment , à l’origine des pattes branchiales, que de faibles ganglions, qui jettent des rameaux sur ces organes. Suivant M. Cuvier, le cœur, comme dans les stomapodes, est un gros vaisseau garni en dedans de colonnes charnues , régnant le long du dos, et donnant des branches des deux côtés. Un œsophage ridé , remontant en avant, conduit dans un gésier très charnu, garni intérieurement d’un velouté cartilagineux , tout hérissé de tubercules , et suivi d’un intestin large et droit. Le foie verse la bile dans l’intestin par deux canaux de chaque côté. Une grande partie dù test est remplie par l’ovaire dans la femelle , par les testicules dans le mâle.

Ces crustacés atteignent quelquefois deux pieds de longueur; ils habitent les mers des pays chauds et s’y tiennent le plus souvent sur leurs rivages. Il me paraît qu’ils sont propres aux Indes orientales et aux côtes de l’Amérique. Ici on désigne l’espèce qu’on y trouve (Limule cyclope) sous la dénomination de poisson casserole, parce qu’elle en a, en quelque sorte la forme, et qu’en enlevant les pattes, son test peut servir à puiser l’eau. Au témoignage de M. Leconte, naturaliste des plus instruits, et qui a si fort contribué par ses recherches et ses découvertes aux progrès de l’entomologie , on la donne à manger aux porcs. Les sauvages emploient le stylet de leur queue à faire des flèches ; on en redoute

(1) Les deux pieds antérieurs pourraient représenter les mandibules des décapodes; les quatre suivants, leurs mâchoires, et les six derniers, leurs piedsmâchoires ; ceux du second bouclier répondraient aux pieds thoraciques.

l88 CRUSTACÉS PÆ CIL OPODE S.-

l'a pointe. On mange leurs œufs à la Chine, Lorsque ees animaux marchent, on ne voit point leurs pieds. On en trouve de fossiles dans certaines couches d’une ancienneté moyenne (j).

Les uns ont les quatre pieds antérieurs terminés, du moins dans l’un des sexes, par un seul doigt.

On ne connaît qu’une seule espèce de cette division y et que j’ai vu figurée sur des vélins chinois, c’est le limule hetérodactyle , servant de type au genre tachypleus du docteur Léach (2).

Dans les autres, les deux serres antérieures au plus, sont seules monodactyles. Tous les pieds ambulatoires son t didactyles, au moins dans les femelles.

Cette division se compose de plusieurs espèces, mais qui, j vu le peu d’attention qu’on a donnée à la forme détaillée de leurs parties , aux différences de sexe et d’âge, des localités qui leur sont propres , n’ont pas encore été caracté- j risées d’une manière rigoureuse et comparative. C’est ainsi, par exemple, que le limule que l’on trouve communément en Amérique, vu dans son jeune âge, est blanchâtre ou de couleur blonde , avec six dents fortes tout le long de l’arête du milieu supérieur du test , et deux autres également fortes et pointues, sur chaque arête latérale du bouclier ou de la première pièce du test* tandis que dans les individus les plus âgés , et qui ont quelquefois plus d’un pied et demi de long, la couleur est d’un brun très foncé, ou presque noirâtre, et que les dents, particulièrement celles du milieu, s’oblitèrent presque. Ici encore les bords latéraux de la seconde pièce du test ont de fines dentelures, qui sont nulles ou peu sensibles dans les premiers. On rapportera aux jeunes individus le limule

(1) Knorr., Monum. du déluge, I, pi. xrv; Desmar. Crust. fo&sil. , XI, 6 , 7. Il semblerait , d’après ces figures, que les épines latérales de la seconde pièce du test ne forment que des dents plus petites, au lieu d’épines , s’articulant par leur base * mais ces articulations ont peut-être disparu.

(2) Ce limule est probablement le kabutogani ou unkia des Japonnais ^ et représentant, sur leur zodiaque primitif, la constellation du Cancer,

famille des siphon OSTOjVIES. 189

cyclops de Fabricius et le 1. de sowerby de Leach ( Zooh mise. LXXIV); son limule à trois dents et le limule blanc deM. Bosc;et aux seconds individus, ouïes plus grands, mon limule des Moluques ( monoculus polyphemus , Lin.; dus., «xot. , liv. 6, cap. 14 , pag. 128; liumph., mus., XII, a. b.), que j’avais d’abord distingué spécifiquement , dans la croyance que ces grands individus habitaient exclusivement ces îles. Dans les uns et les autres, ou à tout âge , la queue est un peu plus courte que le corps , triangulaire , finement dentelée à l’arête supérieure, sans sillon prononcé en dessous. Nous désignerons cette espèce sous le nom de limule polyphénie'. Ces derniers caractères la distingueront de quelques autres , décrites par moi et M. Leach. ( Voyez la seconde édition du nouveau dict. d’hist. naturelle ; Desmarets , Consid. , pag. 344 — 358. )

La seconde famille , celle Des SIPHONOSTOMES ( Siphonostoma. ),

Ne nous offre aucune espèce quelconque de mâchoires. Un suçoir ou siphon , tantôt extérieur et sous la forme d’un bec (1) aigu , inarticulé , tantôt caché ou peu distinct, tient lieu de bouche. Le nombre des pattes ne s’élève jamais au-delà de quatorze. Le test est très mince, et d’une seule pièce. Ces entomostracés sont tous parasites.

Nous partagerons cette famille en deux tribus.

La première, celle desCALiGiDEs(é7^/z^Æ^,Latr.),

lj (1) La composition de ce bec n’est pas encore bien connue. Il est evi- | dent, d’après la figure qu’a donnée J urine fils de Targuie foliacé, qu’il renferme un suçoir; mais en est-ii ainsi de celui des autres , et quel est le | nombre de ses pièces ? C’est ce qu’on ignore. Je présume cependant que j ce siphon se compose du labre, des mandibules et de la languette, qui forme la gaine du suçoir; Dans l’ en tomos trace precedent, les quatre pieds antérieurs , et dont la forme est très differente de celle des suivants , correspondraient aux quatre mâchoires des décapodes.

CRUSTACÉS PÆCJLLOPODES.

est caractérisée parla présence d’un lest , en forme de bouclier ovale on semi-lunaire; par le nombre des pieds visibles, qui est toujours de douze ( ou de quatorze, si, avec M. Leach, on prend pour tels ceux qui sont pour moi deux antennes inférieures ) ; par la forme et la grandeur de ceux des dix dernières paires, qui sont, tantôt multifides , pinnés ou terminés en nageoire , et très propres , à toutes les époques et dans l’état adulte, à la natation ; tantôt en forme de feuillets , ou larges et membraneux. Les côtés du thorax ne présentent jamais d’expansions en forme d’ailes , rejetées en arrière et renferment postérieurement le corps.

Ici le corps, offrant en dessus plusieurs segments, estalongé et se rétrécit postérieurement , pour se terminer en manière de queue, avec deux filets ou deux autres appendices saillants, au bout ; cette extrémité n’est point recouverte par une division des téguments supérieurs, en forme d’une grande écaille arrondie, et fortement échancrée au bord postérieur. Le test occupe la moitié au moins de la longueur du corps. Cette subdivision comprendra deux genres de Muller.

Le premier , celui

D’Argule ( Argulus. Müll.),

Avait d’abord été désigné par nous sous le nom d’ozole , et décrit d’une manière incomplète. Jurine fils a, depuis, observé l’espèce qui lui sert de type, avec l’atientiorsL la plus scrupuleuse , l’a suivie dans tous ses

FAMILLE DES SIPHONOSTOMES. IÇ)l

âges, et nous en a donné une mon ogi'aphie qui ne laisse rien à désirer. Il a restitué à ce genre le nom que Müîîer lui avait primitivement imposé.

Les argules ont un bouclier ovale, échancré postérieurement , recouvrant le corps, à l’exception de l’extrémité postérieure de L’abdomen , portant sur un espace mitoyen, triangulaire , et distingué sous le nom de chaperon, deux yeux, quatre antennes très petites, presque cylindriques , placées en avant , dont les supérieures, plus courtes et de trois articles , ont à leur base un crochet fort, édenté et recourbé ; et dont les inférieures, de quatre articles, avec une petite dent au premier. Le siphon est dirigé en avant. Les pieds sont au nombre de douze. Les deux premiers se terminent par un empâtement annelé transversalement , élargi circulairement au bout, strié et dentelé sur ses bords, offrant à 1 intérieur une sorte de rosette formée par les muscles, et paraissant agir à la manière d’une ventouse ou d’un suçoir. Peux de la paire suivante sont propres à la préhension, avec les cuisses grosses , épineuses , et les tarses composés de trois articles, dont le dernier, muni de deux crochets. Les autres pieds se terminent par une nageoire, formée de deux doigts ou pinnules alongés , garnis sur leurs bords de filets barbus ; les deux premiers de ceux-ci , ou ceux de la troisième paire , en y comprenant les quatre précédents , ont un doigt de plus, mais recourbé. Les deux derniers sont annexés à cette ' portion du corps qui fait postérieurement saillie hors j du test ou la queue. Les femelles n’ont qu’un seul oviducte et recouvert par deux petites pattes, situées en ! arrière de ces deux palettes. L’organe considéré comme le pénis du mâle est placé à l’extrémité interne du premier article des mêmes pattes , près de l’origine des deux doigts. Sur le même article des deux patrtes précédentes, et en regard avec ces organes copulateurs, est une vésicule présumée séminale. L’abdomen , en considérant

IQ2 jCRUSTACÉS PÆClLOPODES.

comme tel , cette partie du corps , qui s’étend en arrière, depuis les pattes ambulatoires , le bec et un tubercule renfermant le cœur, est entièrement libre, depuis sa naissance, sans articulations distinctes, et se termine immédiatement après les deux dernières pattes , par une sorte de queue, en forme de lame , arrondie , profondément écbancrée ou bilobée, et sans poils au bout : c’est une sorte de nageoire. La transparence du corps permet de distinguer le cœur. Il est situé derrière la base du sipbon , logé dans un tubercule solide , demi transparent et formé d’un seul ventricule. Le sang, composé^ de petits globules diaphanes, se dirige en avant, sous la forme d’une colonne, qui se divise bientôt en quatre rameaux, dont deux vont directement vers les yeux, et Ij deux autres vers les antennes ; ceux-ci * réfléchis ensuite en arrière et réunis aux premiers , forment de chaque côté une seule colonne qui descend vers la ven- -j touse , en contourne la base et disparaît. Un peu audessous des deux pattes suivantes , l’on distingue , de t; chaque côté , une autre colonne sanguine , qui se recourbe en dehors, s’étend ensuite près des bords du test, et, arrivée près des deux avant-dernières pattes, se replie en avant et cesse d’être visible. Une autre colonne, et où le sang, ainsi que dans la précédente , va de devant en arrière, parcourt longitudinalement le milieu de la queue; elle se réunit postérieurement à deux i autres courants que l’on observe sur les bords de cette < queue , mais allant en sens contraire ou paraissant ramener le sang au cœur. Jurine fils a évité d’employer le mot vaisseau , parce que le sang chassé dans la partie antérieure parait s’y répandre et s’y disséminer , de manière à faire croire que les globules du sang sont dispersés dans le parenchyme de ces parties, plutôt que d’être contenus dans des vaisseaux particuliers. Mais , d’après ce que nous avons dit à l’égard de la circulation des décapodes, on voit qu’ici le sang se distribue d’à-

FAMILLE DES SIPHOKOSTOMES. j g5

bord de la même manière , et les courants ou colonnes, dont nous venons de parler , semblent indiquer l'existence de vaisseaux propres. Aussi cet babile observateur convient-il après, que la circulation ne se fait point partout d’une manière aussi diffuse que dans la partie antérieure dû test , où cependant elle paraît, selon nous, s’effectuer comme dans les décapodes. Le cerveau, placé derrière les yeux , lui a paru divisé en trois lobes égaux , un antérieur et deux latéraux. La partie antérieure de l’estomac donne naissance à deux grands appendices , divisés chacun en deux branches, qui se ramifient dans les ailes du test. Les matières alimentaires et de couleur bistrée qu’ils contiennent rendent ces ramifications sensibles. Le caecum est pourvu , vers son origine , de deux apendices vermiformes.

Les mâles sont très ardents en amour, ce qui leur fait sou- | vent prendre un sexe pour l’autre , ou les fait adresser à des femelles pleines ou mortes. Ils sont placés, dans l’accouplement, sur leur dos , auquel ils se cramponnen t au moyen I de leurs pieds à ventouse , et ils restent dans cet état pluj sieurs heures. La durée de la gestation est de treize à dixj neuf jours. Les œufs sont unis , ovales, et d’un blanc de lait, lis sont fixés, avec un gluten, sur les pierres ou autres corps durs, soiten ligne droite, soit sur deux rangs, au nombre d’un à quatre cents; étant pressés les uns contre les autres, leur forme en devient presque hexagonale.

Yingt-cinq jours après la ponte, et après avoir d’a- \ bord pris une teinte jaunâtre et opaque, on commence à y distinguer les yeux et quelques parties de l’embryon. Au bout ensuite d’environ dix jours, ou vers le trenlecinquième après la ponte, la coquille se fend longitudinalement, et le petit ou têtard vient au monde. XI n’a || guère alors que trois huitièmes de ligne de long. Sa forme, en général, ressemble à celle qn’il aura dans 1 état adulte , mais ses organes locomotiles présentent des différences essentielles. Millier l’a décrit dans cet ! TOME i. i5

i()4 CRUSTACÉS l’ÆCt LOPODES »

état, sous le nom à’argulus charon. Quatre rames ou longs bras , dont deux placés au-devant des yeux et les deux autres derrière , terminées chacune par un pinceau de soies flexibles et pennées , que Fanimal meut simultanément et au moyen desquelles il nage facilement et par saccades /sortent de l’extrémité antérieure du test; elles ne représentent point les antennes, puisque l’on voit aussi ces derniers organes. Les pieds à ventouse sont remplacés par deux fortes pattes , coudées près de leur extrémité et terminées par un^fort crochet, avec lequel ce crustacé peut se cramponner sur les poissons. D’autres pattes, propres à l’état adulte , celles delà seconde et de la troisième paire , ou les deux ambulatoires et les deux premières des natatoires , sont les seules qui soient développées et libres; les suivantes sont comme emmaillotées et appliquées sur l’abdomen. Le cœur, la trompe et les ramifications des appendices de l’estomac sont distincts. La première mue, qui s’opère au moyen d’une rupture de la face inférieure, ayant eu lieu, les rames ont disparu , et toutes les pattes natatoires se montrent. Trois jours après arrive la seconde mue , qui ne pi’oduit aucun changement important Mais à la troisième, qui s’opère deux jours après, l’on commence à apercevoir, vers le milieu des deux pattes antérieures, le. commencement de la formation des ventouses. A la quatrième mue, qui a également lieu, au bout de deux jours , ces mêmes pattes sont enfin transformées en pattes à ventouse , en conservant néanmoins le crochet terminal. Au bout de six jours, nouveau changement de peau, et apparition des organes générateurs de l’un et l’autre sexe; mais il faut encore une mue, retardée de six jours, pour que ces animaux puissent se réunir et se multiplier. Ainsi , la durée de leur état d’enfance ou de leurs métamorphoses est de vingt -cinq jours. Ils n’ont cependant encore atteint que la moitié de leur grandeur. D’autres mues, et qui se font tous les six ou sept jours,

FAMILLE DES SIFHOTNOSTOMES. 1 q5

sont pour cela nécessaires. Jurine s’est assuré que les femelles ne pouvaient devenir mères sans l’intervention des mâles. Celles qu’il avait isolées ont péri d’une maladie s’annonçant par l'apparition de plusieurs globules bruns, disposés en demi -cercle vers la partie postérieure du chaperon , et qui se forment , à ce qu’il paraît, dans le parenchyme, puisque les mues ne les détruisent point.

La seule espèce connue de ce genre, VArgule foliacée (Jurine fils, Ann. du Mus , d’hist. , nat. Vil , xxvi ; Monoculus foliaceus , Linn. ; argulus delphinus et argulus charon , Miill. , Entom. ; argulus delphinus , Herm., fils , Mëm. apter., Y, 3, VI, n ymonoculus gyrini , Cuv., Tabl. élem. de l’hist. nat. des anim. , pag. 4^4; ozolus gasterostei , Lat. , Hist. nat. des crust. et des ins. , IV, xxix , 1-7 ; Desmar. Consid. L. , 1 ; pou du gastéroste, Baker, Microsc. , 11, xxiv,), se fixe sur le dessous du corps des têtards des grenouilles, des épinoches ou gasterostes et suce leur sangJ. Son corps est aplati, d’un vert jaunâtre clair, et long, d’environ deux lignes et demi. Hermann fils, qui avait très bien décrit ce crustacé dans son état parfait , et qui cite un manuscrit de Léonard Baldaneur , pêcheur de Strasbourg, portant la date de 1666, où le même animal est figuré, dit qu’on ne le rencontre guères , dans les environs de cette ville , que sur les truites, et qu’il leur donne souvent la mort , surtout à celles des viviers; on le trouve aussi sur les perches , les brochets et les carpes. Il ne l’a jamais rencontré sur les ouïes. Ainsi que les gvrins, ce crustacé se tourne sur lui-même en manière de girouette. Il dit que son corps est divisé en cinq anneaux, mais peu distincts sur le dos.

Les Caliges. (Galigus. Müll.)

N’ont point de pattes à ventouse ; celles des paires antérieures sont onguiculées; les autres sont divisées en un nombre plus ou moins considérable de pinnules , ou en forme de feuillets membraneux. Le test laisse à découvert une bonne partie du corps , qui se termine

ig6 CRUSTACÉS FÆC1LOPODES.

postérieurement , dans la plupart , par deux longs filets, et dans les autres par des appendices en forme de nageoire ou de stylet (i). . ,

Le nom de poux de poissons , sous lequel on les désigne collectivement, nous annonce que leurs habitudes sont les mêmes que celles des argules et des autres sipho nos tomes. Plusieurs naturalistes ont considéré les filets tubulaires de l’extrémité postérieure de leur corps comme des ovaires ; j’ai quelquefois trouvé des œufs au-dessous des pieds postérieurs et branchiaux , mais jamais dans ces tubes. On ne voit d’ailleurs d’oviductes extérieurs , ainsi prolongés, que dans les femelles, qui doivent pondre leurs œufs dans des trous ou cavités profondes ; or les femelles des caliges ne sont point dans ce cas. Millier et d’autres zoologistes ont remarqué que ces crustacés redressent et agitent ces appendices. Nous pensons avec Jurine fils , et telle est aussi l’opinion de son père, qu’ils servent à la respiration, de même que les filets du bout de l’abdomen des apus (2).

Les uns, dont tous les pieds sont libres et annexés, à l'exception des deux derniers, à la partie antérieure du corps (céphalothorax, Latr.), recouverte par le bouclier; où quelques-uns au moins des pieds postérieurs sont garnis de filets nombreux et pennacés; où le siphon n’est point ap-

(1) Leur entre-deux offre aussi souvent quelques autres appendices , mais petits ou beaucoup moins saillants.

(2) On trouve dans le tome troisième (p. 343) des Annales générales des sciences physiques, imprime'es à Bruxelles, un extrait des observations de M. le docteur Surriray , sur le foetus d’une espèce de calige, qu’il croit être Yelongatus, et qui est très commune sur l’opercule de l’orphie (esox beloné ;Çe; naturaliste nous apprend qu’ayant froissé les deux filets de la queue de ce crustacé , il en fit sortir beaucoup d’œufs transparents et membraneu? , renfermant chacun un fœtus vivant, très différent de sa mène , et dont il donne la description. De ces observations , l’on pourrait déduire que ces filets sont des espèces d’oviductes extérieurs. Mais n’y a-t-il pas eu ici quelque méprise? car j’ai étudié avec beaucoup d’attention ces mêmés organes sur plusieurs individus , conservés , à la vérité , dans de la liqueur, et je n’y ai jamais découvert aucun corps.

FAMILLE DES SIPHOHOSTOMES.

parent, ont l’abdomen nü en dessus et terminé par deux, longs filets ou par deux stylets; ils composent le sous genre. Des Caliges proprement dits. (Caligus. — Caligus , risculus.

Leacli.) (i)

Dans tous les autres , le dessus de l’abdomen est imbriqué, ou cette partie du corps est renfermée comme dans une espèce d’étui, formé par les dernières pattes qui ressemblent à des membranes et se replient en dessus.

Parmi ces derniers, il en est dont les antennes ne sont jamais avancées en manière de petites serres , dont tous les pieds sont libres, et dont les derniers n’enveloppent point le corps en manière d’étui membraneux. Ils forment les sous-genres suivants.

Les Pterygqpodes. (Pterygopoda. Latr. — Nogaus ? Leach.)

Qui ont l’extrémité postérieure du corps terminée par deux espèces de nageoires ; des pieds pinnés ou digités sur le dessous du post-abdomen , ou de la seconde division du corps non recouverte par le bouclier, et un bec distinct (2).

Les Pan dares. (Pandarus. Leach.)

Qui ont deux filets à l’extrémité postérieure du corps; les pattes delà première et de la cinquième paire onguiculées et les autres digitées, mais dont le siphon n’est point appa-^ rent (3).

Les Binemoures. (Dinemoura. Latr. )

Ayant aussi deux longs filets à l’anus, mais dont le si-

(1) Caligus piscinus , Lat. ; Caligus curtus , Müll. , Entomost. , xxi, 1, 2 ; Monoculus piscinus , Linn, ..5 — Caligus Mulleri , Leach. ; Desmar.,

I Consid. , t , 4 ; sa® la morue. V oniscus lutosus de Slabber (Encyejop. méthod , atl. d’his't. nalur. , cccxxx ,7,8,) paraît , à raison des appendices en nageoires de la queue, devoir formel’ un sous-genre propre. Le binocle à queue en plumet de Geoffroy pourrait y être place'.

H (1 2 3) Une seule espèce vivante , trouve'e sur le requin. Voyez le genre nogaus,. Desmar. , Consid. , pag. 34o.

(3) Pandarus bicolor , Leach 5 Desmar. , L, 5 5 — Pandarus Bosciiy I Leach, Encycl. brit. , suppl. I , xx. Voyez , pour d’autres espèces, i Desmar. , ibid. , pag. 33q

1C)8 CRUSTACÉS PÆCILOPODES.

phon est apparent. Leurs deux pattes antérieures sont onguiculées ; les deux suivantes se terminent par deux longs doigts ; les autres sont en forme de feuillets membraneux (1).

Le dernier sous-genre de cette sous-division , celui

d’ANTHOSOME ( Anthosoma. Leach. ),

Se rapproche du précédent, quanta l'existence d'un siphon, et quant aux deux filets du bout de la queue ; mais il s'en éloigne, ain si que de ceux qui le précèdent , à raison de deux de ses antennes, portées en avant, en forme de petites sery res monodactyles , et des six dernières pattes qui sont membraneuses, réunies inférieurement, repliées latéralement sur le post-abdomen , pour l’envelopper , en manière d’étui ; celles de la première et de la troisième paire sont onguiculés ; les secondes se terminent par deux doigts courts et obtus (2).'

Là le corps est ovale , sans appendices saillants , en manière de queue, composée de filets ou d’appendices en forme de nageoires, à son extrémité postérieure. Une portion de téguments supérieurs forme d’abord et par devant un bouclier, ne recouvrant pas sa moitié antérieure , plus étroit qu’elle , arrondi etéchancré antérieurement, élargi et comme bilobé à l’autre bout; puis viennent successivement trois autres pièces ou écailles arrondies et écbancrées postérieurement, dont la seconde, la plus petite de toutes, est presque en forme de cœur renversé, et dont la dernière et la plusgrande est voûtée. Les quatre pieds postérieurs sont en forme de lames et réunies par paires ; celles de la première et de la troisième sont onguiculées; les secondes ont leur extrémité bifide. Le siphon est apparent. Les œufs sont recouverts par deux grandes pièces ovales , contiguës , coriaces , placées sous l’abdomen et le surpassant en longueur. Tels sont les caractères du genre

(1) Caligus productus , Müll. , Entom. xxxi , 3, 4; Monoculus salmo neüs , Fab.

(2) ylnthosdnia Stnilhii , Leach ; Desm. , Consid. , l , 3 • Caligus im~ bricatus , Risso.

FAMILLE DES SIPHONOSTOMES.

DesCécrops. (Cecrops. Leach. )

Dont on ne connaît qu’une seule espèce , qu’on a trouvée fixée aux branchies du thon et du turbot , le Cécrops de Latreille . (Leach , Encyclop. brit. , Supp. i, pl.xx; 1, 3, mâle; 2, 4 femelle; 5, antennes grossies ; Desmar. , Consid. , L, 2.)

La seconde tribu , celle des Lernæiformes (’Zçrnœijormes . Lat.), se compose d’entomostracés encore plus rapprochés que les précédents , par leurs formes extérieures, des iernées. Le nombre des pattes discernables n’est que dix (1) , et ces organes sont, pour la plupart , fort courts et point ou peu propres à la natation. Tantôt le corps est presque vermiforme , cylindracé , avec le segment antérieur simplement un peu plus large, et muni de deux pinces didactyîes, avancées; tantôt, à raison de deux expansions latérales en forme de lobes ou d’ailes , rejetées en arrière du thorax , et de deux ovaires postérieurs, il forme une petite masse quadrL Jobée. Cette tribu se compose de deux genres. Le premier , celui

De Dichelestion ( Dichelestium. Herm. fils),

Nous présente un corps étroit et alongé , un peu dilaté en devant, composé de sept segments, dont l’antérieur (le corselet, Hermann) plus large, rhomboïdal , formé | de la tête et d’une portion du thorax ré unies 4 II porte i i° quatre antennes courtes, dont les latérales filiformes, de sept articles, et dont les intermédiaires, avancées en manière de petits bras , de quatre articles , avec le dernier en forme de pince didactyle ; 2° un siphon inférieur, membraneux et tubulaire ; trois sortes de

(1) Il y en a probablement deux de plus , comme dans les sous-genres prece'dents ; mais elles sont ou très peu distincts , ou sous une forme particulière , qui les fait me'connaître.

CRUSTACÉS PÆCILOPODES.

palpes difformes (deux pieds multifides?) de chaque côtê„ situés sur une éminence ; Sp quatre pattes propres à lapréhension , dont les deux premières formées d’une cuisse et d’une jambe, et terminées par divers crochets inégaux et dentelés , et dont les secondes consistant en une cuisse renflée, terminée par un fort onglet. Les second et troisième segments sont presque lunulés, et portent chacun une paire de pieds formés d’un article , terminé par deux sortes de doigts , dentelés au bout. Au quatrièmesegment est attachée une autre paire de pattes, la cinquième et dernière, mais sous la forme de simples vésicules ovales, divergentes et immobiles, et qu’Hermann présume être plutôt des ovaires que des pattes. Ce segment, ainsi que le suivant , sont presque carrés. Le sixièmeest beaucoup plus longetcylindrique. Le septième et dernier est trois fois plus court, presque orbiculaire , aplati et terminé par deux petites vésicules. Les yeux ! ne sont point distincts.

Le Dichélestion de V esturgeon ( Dichelestium sturionis , 1

Hermann, fils, Mém. apterol. , pag. 12S, v. 7, 8; Desmaiv Coïisid. L. , v. ) a environ sept lignes de long , sur une de large. Le second segment, prolongé de chaque côté en une papille obtuse , et les quatre suivants sont rouges au milieu et d’un jaune blanchâtre latéralement. Les pattes ne paraissent point lorsqu’on voit l’animal en dessus. IL s’insinue profondément dans la peau et recouvre les arcs osseux des branchies, mais sans se placer, à ce qu’il paraît , sur leurs peignes. Hermann en a recueilli jusqu’à douze sur un seul poisson. Deux ou trois de ce nombre, des mâles peut-être, étaient d’un tiers plus courts que les autres et avaient le corps courbé; l’un de ces douze individus vécut trois jours. Ces crustacés se tournent beaucoup et avec vivacité. Ils s’accrochent très fortement au moyen de leurs pinces frontales.

FAMI1LLE DES SIPHOINOSTQMES.

Les Nicothoés. (Nicothoe. Aud. et Miln. Edw. )

Terminent la classe des crustacés, et s’en distinguent par leur forme hétéroclite. Ils n’offrent , à la vue simple, qu’un corps formé de deux lobes réunis en manière de fer à cheval, en renfermant deux autres; mais observés au microscope , l’on découvre que les deux grands lobes sont de grandes expansions latérales du thorax, en forme d’ailes, presque ovales et rejetées en arrière ; que les deux autres lobes sont des ovaires extérieurs ou des grappes d’œufs , analogues à ceux des cyclopes femelles, insérés, un de chaque côté, au moyen d’un court pédicule, à la base de l’abdomen ; et que le corps dé l’animal se compose des parties suivantes : i° une tête distincte , portant deux yeux écartés, deux antennes latérales, courtes , ‘sétacées, de onze articles, ayant chacun un poil au côté interne, avec la bouche formée d’une ouverture circulaire, faisant l’office de ventouse, et accompagnée, de chaque côté , d’appendices maxilliformes ( pieds antérieurs); 2° un thorax de quatre segments, ayant en dessous cinq paires de pieds , dont les deux antérieurs terminés par un fort crochet, bidenté au côté interne, et dont ! les huit autres, composés d’un grand article, terminé | par deux tiges presque cylindriques , presque égales , j garnies de soies et de trois articles chaque ; 3° un abdomen , allant en pointe, de cinq anneaux , dont le premier, plus grand, donnant naissance aux sacs ovi- ! fères, et dont le dernier terminé par deux longs poils, j Les expansions latérales ne paraissent être qu’un développement excessif du quatrième et dernier anneau du thorax. Gn aperçoit, dans leur intérieur, deux espèces ! de boyaux, partant de la ligne moyenne du corps, et que l’on peut considérer comme deux cæcums ou dii visions du canal intestinal, qui auraient fait hernie. Ils sont doués de mouvements péristaltiques très pronom

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cés. Nous avons yu, en parlant des argules, que leur estomac offrait aussi deux cæcums, qui se ramifiaient dans l’intérieur des ailes de leur test, et peut-être les expansions thoraciques des nicothoés sont- elles aussi deux lobes analogues (j).

Nous devons la connaissance de la seule espèce, composant le genre

La Nicothoé du homard ( Nicothoé astaci. Annal, des sc. nat. , déc. 1826, XLIX, i, 9) à MM. Victor Audouin et Milne Edwards - elle est longue d’une demi-ligne sur près de trois lignes de largeur , y compris les prolongements thoraciques. Elle est de couleur rosée, plus tendre sur les sacs ovifères , avec les expansions jaunâtres. Elle adhère intimement aux branchies du homard, et s’enfonce profondément entre les filaments de ces organes. On la trouve en petit nombre et simplement sur quelques individus. Tous les Nicothoés observés par ces deux naturalistes I étaient pourvus d’ovaires ; il est probable que ces crustacés j peuvent nager, avant que de se fixer, et que leurs lobes thoraciques aient acquis leur développement ordinaire; de même qu’à l’égard du corps des ixodes, il pourrait être le produit de la surabondance des sucs nutritifs.

DES TRILOBITES. (Trilobites.)

Dans le voisinage des limules et des autres entomostracés pourvus d’un grand nombre de pieds, se rangent, dans l’opinion de l’un de mes confrères à l’Académie royale des sciences , M. Alexandre Brongniart, et de divers autres naturalistes , ces singuliers animaux fossiles , confondus d’abord sous la dénomination générale d ’entomolithe paradoxal , désignés aujourd’hui sous celle de trilobites , et dont il a donné une excellente monographie, enrichie de très bonnes figures lithographiées ( 2 ). Il faut, dans cette hypothèse, admettre

(1) On pourrait dès lors placer ce genre près du précédent.

(2) M, Eudes Dcslongchamps , professeur à l’université de Caen,

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