‹ Les crustacés, les arachnides et les insectesChapitre 54 sur 85 · LE PREMIER ORDRE DES ARACHNIDES · texte numérisé non relu

LE PREMIER ORDRE DES ARACHNIDES

Les PULMONAIRES. (Pulmonariæ.— Unogata. Fab.)

Nous présente, ainsi que nous l’avons dit, un système de circulation bien prononcé et des sacs pulmonaires, toujours placés sous le ventre, s’annonçant à l’extérieur par des ouvertures ou fentes transverses (stigmates), tantôt au nombre dé huit , quatre de chaque côté, tantôt au nombre de quatre ou de deux. Le nombre des jeux lisses est de six | à huit (2) , tandis que dans l’ordre suivant , il n’ j en a

(1) Les pycnogonides n’offrent aucun stigmate, et sembleraient, sous I ce rapport, se rapprocher des derniers crustace's, tels que les dicliéles-

tions, les cécrops et autres entomostracés suceurs. M. S a vigny leur trouve plus d’affinité avec les lœmodipodes , dont cependant ils s’éloignent beaucoup, tant par l’organisation buccale que par les yeux et les pattes. Nous pensons néanmoins que , par l’ensemble de leurs caractères , ils . appartiennent plutôt à la classe des arachnides, et qu’ils avoisinent surtout les phalangium , avec lesquels divers auteurs les ont rangés. Nous croyons aussi qu’ils pourraient respirer par la surface de leur peau.

Il faut, au surplus, attendre que l’anatomie nous ait éclairés à cet égard.

(2) Les tessarops de M. Rafînesque n’auraient que quatre yeux j mais je présume qu’il n’a point aperçu les latéraux. Voy. le sous-genre drèm*

tout au plus que quatre , le plus souvent que deux , quelquefois même très peu apparents ou nuis. L’organe respiratoire est formé de petites laines. Le cœur est un gros vaisseau qui règne le long du dos et donne des branches de chaque côté et en avant (i). Les pieds sont constamment au nombre de huit. Leur tête est toujours confondue avec le thorax, et offre à son extrémité antérieure et supérieure deux pinces ( mandibules des auteurs , chelicères ou antennepinces de Latreille ) , terminées par deux doigts dont Lun mobile ; ou par un seul en forme de crochet ou de griffe , et toujours mobile (2). La bouche se compose d’un labre ( Voyez les généralités de la classe ) , de deux palpes , simulant quelquefois des bras où de serres de deux ou quatre mâchoires, formées, lorsqu’il n’j en a que deux , par l’article radical de ces palpes, et de plus lorsqu’il yen a quatre^ par Je même article de la première paire de pieds, et d’une languette d’une ou de deux pièces (5).Enpre-

(1) Suivant M. Marcel de Serres (Me'moire sur le vaisseau dorsal des nsectes), le sang , dans les aranéïdes et Jes scorpions, se porterait d’abord aux organes respiratoires , et de là , par des vaisseaux particuliers , aux diverses parties du corps. Mais, à en juger d’après les rapports qu’ont ces animaux avec les crustace's , cette circulation paraît devoir s’effectuer en sens contraire, t'oyez le Mémoire de M. Tréviranus sur l’anatomie des araignées et des scorpions.

(2) Ces pièces sont formées d’un premier article très grand et ventru ^ dont un des angles supérieurs, lorsque la pince est didactyle, forme le doigt fixe , et d’un second article , celui qui forme le doigt oppose' et mobile, ou le crochet, lorsqu’il n’y a qu’un doigt. Dans ce dernier cas, comme relativement à divers crustacés , j’emploierai le mot de griffe.

(3) . Celle des scorpions paraît se composer de quatre pièces , ep forme de twangle alongé et pointu, et dirigées en avant; mais

FAMILLE LES fileüses.

nant pour base la diminution progressive du nombre des sacs pulmonaires et des stigmates , les scorpions, où il est de huit, tandis que les autres arachnides n’en offrent que quatre ou deux, devraient former le premier genre de cette classe, et dès lors notre famille des pédipalpes, à laquelle il appartient, devrait précéder celle des fileüses ( i ) . Mais ces dernières arachnides s’isolent en quelque sorte, à raison des organes sexuels masculins, delà griffeoucrochetdeleursserres frontales , de leur abdomen pédiculé et de ses filières , et de leurs habitudes ; les scorpions d’ailleurs paraissent former une transition naturelle des arachnides pulmonaires , à la famille des faux-scorpions ^ la première de l’ordre suivant. Nous commencerons donc, ainsi que nous l’avions fait, par les arachnidesfileuses.

La première famille des Ar achnides pulmonaires, celle

Des FILEÜSES ou ARANÉIDES , ( Araneides. )

Se compose du genre des A r aignées ( Aranea , Lin . ) . Elles ont des palpes en forme de petits pieds , sans

les deux late'rales sont évidemment formées par le premier article des deux pieds antérieurs, et peuvent être considérées comme deux mâchoires, analogues aux deux premières. On voit, par les mygales, les scorpions, etc., que les palpes sont divisés en six articles, dont le radical, dans les autres araneïdes, se dilate intérieurement et en avant, pour former le lobe maxilliforme. Ce lobe même, dans quelques espèces, s’articule à sa base , et devient ainsi un appendice maxillaire de ce même article. Si on fait abstraction de cet article, le palpe n’en offre que cinq, et tel est le mode de supputation le plus général. Dans les scorpions , le doigt mobile des pinces forme, ainsique dans les serres des crustacés , le sixième- article.

: (i) Dans mon ouvrage sur les familles naturelles du règne animal , je

2x4 ARACHNIDES PULMONAIRES.

pince au bout , terminés au plus dans les femelles , par un petit crochet, et dont le dernier article renferme ou porte dans les mâles divers appendices plus ou moins compliqués, servant à la génération (1). Leurs serres frontales ( mandibules des auteurs ) sont terminées par un crochet mobile replié inférieurement, ayant en dessous, près de son extrémité, toujours très pointue , une petite fente, pour la sortie d’un venin renfermé dans une glande de l’articîe précédent. Les mâchoires ne sont jamais qu’au nombre de deux. La languette est d’une seule piece^ toujours extérieure^ située entre les mâchoires , soit plus ou moins carrée , soit triangulaire ou semicirculaire. Le thorax (2) ayant ordinairement une impression en forme de Y , indiquant l’espace occupé par la tête , est d’un seul article , auquel est suspendu en arrière , au moyen d^un pédicule court, un abdomen mobile et ordinairement mou ; il est muni dans tous, au-dessous de l’anus , de quatre à six mamelons,

commence par les pe'dipalpes. Mon.ami, M. Léon Dufour, pense aussi que les scorpions doivent être mis en tête.

(1) D’après toutes les observations qu'on a recueillies sur le mode

d’accouplement des aranéïdes , je suis toujours porté à croire que ces appendices sont les organes de la copulation. J’ai vainement cherché à découvrir, sur la base' du ventre d’une grande mygale male conservée dans de la liqueur, quelques organes particuliers. Il ne faut pas toujours juger d’après l’analogie : c’est ainsi que les organes sexuels des femelles des gloméris, des jules et autres chilognates, sont situés près de la bouche , ? ait dont on ne trouve pas un second exemple. ,

(2) L’expression de céphalo-thorax serait plus rigoureuse et plus juste ; mais n’étant pas usitée, je n’ai pas cru devoir m’en servir. Je n’emploierai pas non plus celle de corselet, quoique généralement admise , parce que , dans son application aux coléoptères , aux orthoptères , etc. , elle ne convient qu’au prothorax ou au premier segment thoracique.

FAMILLE DES PILEUSES

charnus au bout, cylindriques on coniques, articulés, très rapprochés les uns des autres et percés à leur extrémité d’une infinité de petits trous (1), pour le passage des fils soyeux d’une extrême ténuité^ partant des réservoirs intérieurs. Les pieds, déformés identiques, mais de grandeurs variées ^ sont composés de sept articles , dont les deux premiers forment les hanches, le suivant la cuisse , le quatrième (2) e^ le cinquième la jambe , et les deux autres le tarse : le dernier est terminé par deux crochets ordinairement dentelés en peigne , et dans plusieurs par un de plus , mais plus petit et sans dentelures. Le canal intestinal est droit ; il a d’abord un premier estomac , composé de plusieurs sacs ; puis, vers le milieu de l’abdomen , une seconde dilatation stomacale , entourée de soie. Suivant les observations de M. Léon Dufour (Annal, des scienc. physiq., tom. 6), il occupe la majeure partie de la capacité abdominale , et se trouve immédiatement enveloppé par la peau. Il est d’une consistance pulpeuse , formée de petits grains (3), dont les conduits excréteurs particuliers se réunissent en plusieurs canaux hépatiques, versant

(1) Ces trous sont sur le dernier article, qui est souvent rentre'. Si on Je presse fortement, on en fait sortir, du moins dans plusieurs espèces, de très petites papilles percées au bout, et qui sont les filières propres. Quelques naturalistes pensent que les deux petits mamelons situés au milieu des quatre extérieurs ne fournissent point de soie.

(2) Cet article , ou le premier de la jambe , est une espèce de rotule.

(3) Le foie des scorpions se compose de lobules pyramidaux et fasci~ culés, ce qui semble annoncer une organisation plus avancée.

dans le tube alimentaire le produit de la sécrétion. Au milieu de sa face supérieure est une ligne enfoncée, où se loge le coeur, et qui divise cet organe en deux lobes égaux. Sa forme varie comme celle de l’abdomen, suivant les espèces ; ainsi son contour est festonné dans l’épeïre soyeuse. Dans ce sous-genre ainsi que dans la lycose- tarentule , sa surface est Recouverte d^un enduit d’un blanc de chaux , fendillé en aréoles , qui s’aperçoivent même aisément , à travers la peau glabre de plusieurs espèces ; on les voit obéir au mouvement de sislole et de diastole du cœür. Les individus des deux sexes lancent souvent par l’anus une liqueur excrémentielle, composée d’une partie d’un blanc laiteux et d’une autre noire comme de l’encre.

Le système nerveux se compose d’un double Cordon, occupant la ligne médiane du corps, et de ganglions qui distribuent des nerfs aux divers organes. M. Dufour n’a pu déterminer le nombre et les dispositions de ces ganglions; mais, d’après la figure cpi’à donnée de ce système Treviranus ( Veber deninnern, bau des arachniden, tab. 6, fîg. 4b* )> le nombre des ganglions ne serait que de deux. Les observations de celui-ci suppléeront encore à celles de M. Dufour , relativement à l’organe de circulation qui, suivant lui ne paraît consister qu’en un simple vaisseau dorsal, ainsi que par rapport aux testicules et aux vaisseaux spermatiques, sur lesquels il n’a aucune donnée.

Camille dés pileuses. 217

La région dorsale de l’abdomen offre dans plusieurs aranéides, notamment dans celles qui sont glabres ou peu velues, des points enfoncés oir ombilics , dont le nombre et la disposition varient. M. Dufour a reconnu que ces petites dépressions orbiculaires étaient déterminées par l’attache des muscles filiformes qui traversent le foie , et qu’il a aussi observés dans les scorpions.

Les cavités pulmonaires , au nombre d’une ou de deux paires , s’annoncent à l’extérieur par autant de taches jaunâtres ou blanchâtres , placées près de la base du ventre , immédiatement après le segment , qui, au moyen d’un filet charnu, unit l’abdomen avec le thorax. Chaque bourse pulmonaire est formée par la superposition d’un 'grand nombre de feuillets triangulaires , blancs , extrêmement minces , qui deviennent confluents autour des stigmates , dont le nombre est le même que celui des sacs pulmonaires. Lorsqu’il y en a quatre, une sorte de pli ou Vestigê d’anneau , existant même dans ôeuxoùiln’y en a que deux, et placé immédiatement après eux, forme une ligne qui sépare lès deux paires.

Les aranéides femelles ont deux ovaires bien distincts , logés dans une espèce de capsule formée, par le foie. N’étant point fécondés, ils paraissent composés d’un tissu spongieux, comme floconneux, et constitué par l’agglomération de corpuscules arrondis , à peine sensibles , qui sont les germes des œufs. A mesure que la fécondation fait des progrès, la

grappe formée par ces œuîs( i) devient moins serrée* et on voit qu’ils sont insérés latéralement sur plusieurs canaux. Leur grande analogie avec les ovaires du scorpion fait présumer, au même observateur qu’ils forment des mailles aboutissant à deux oviductes distincts qui débouchent dans une même vulve. La configuration de celle-ci varie beaucoup ; tantôt c’est une fente longitudinale bilabiée, comme dans la micrommate argelasienne* tantôt elle est abritée par un opercule prolongé et terminé en manière de queue , comme dans l’épéïre-diadème , ou bien elle se présente sous la forme d’un tubercule.

A l’égard des jeux lisses , il remarque qu’ils brillent dans l’obscurifé comme ceux des chats , et que les aranéïdes ont vraisemblablement la faculté de voir de jour et de nuit.

L’abdomen des aranéïdes se putréfie et s’altère tellement après la mort , que ses couleurs et même sa forme sont méconnaissables. M Dufour est parvenu * au moyen d’pne dessication très prompte , et dont il indique le procédé , à remédier , autant que possible , à cet inconvénient.

Selon Réaumur , la soie subit une première élaboration dans deux petits réservoirs ayant la figure d’une larme de verre , placés obliquement , un de chaque côté , à la base de six autres réservoirs * en forme d’intestins * situés les uns à côté

(i) Voyez sur leur développement et celui du fœtus le beau travail de M. Hérold.

FAMILLE DES PILEUSES

des antres, recoudés six ou sept fois, partant un peu au-dessous de l’origine du ventre, et venant aboutir aux mamelons par un filet très mince. C’est dans ces derniers vaisseaux que la soie acquiert plus de consistance et les autres qualités qui lui sont propres; ils communiquent aux précédents par des branches , formant un grand nombre de coudes et ensuite divers lacis (1). Au sortir des mamelons , les fils de soie sont gluants ; il leur faut un certain degré de dessiccation ou d’évaporation d’humidité, pour pouvoir être employés. Mais il paraît que lorsque la température est propice , un instant suffit, puisque ces animaux s’en servent tout aussitôt qu’ils s’échappent de leurs filières. Ces flocons blancs et soyeux que l’on voit voltiger au printemps et en automne, les jours où il y a eu -du brouillard, et qu’on nomme vulgairement fils de la Vierge , sont certainement produits, ainsique nous nous en sommes assurés en suivant leur point de départ , par diverses jeunes aranéïdes, et notamment des épéires et des thomises ; ce sont principalement les grands fils qui doivent servir d’attache aux rayons de la toile , ou ceux qui en composent la chaîne , et qui devenant plus pesants à raison de l’humidité , s’affaissent, se rapprochent les uns des autres, et finissent par se former en pelotons; on les voit souvent se réunir près de la toile commencée par l’animal, et où il se tient. Il est d’ailleurs probable que beaucoup de ces aranéïdes n’ayant pas en-

(t) Voyez, sur le meme sujet, Trcviranus.

core une provision assez abondante de sqie, se bornent à en jeter au loin de simples fils. C’est, à ce qu’il me paraît , à de jeunes lycoses qu’il faut attribuer ceux que l’on voit en grande abondance, croisant les sillons des terres labourées , lorsqu’ils réfléchissent la lumière du soleil. Analysés chimiquement, ces fils delà vierge offrent précisément les mêmes caractères que la soie des araignées ; ils ne se forment donc point dans l’atmosphère, ainsi que l’a conjecturé , faute d’observations propres ou ex visu , un savant dont l’autorité est d’un si grand poids, M. le chevalier de Lamarck. On est parvenu à fabriquer avec cette soie des bas et des gants; mais ces essais n’étant point susceptibles d’une application en grand; et étant sujets à beaucoup de difficultés, sont plus curieux qu’utiles. Cette matière est bien plus importante pour les aranéides. C’est avec elle que les espèces sédentaires , ou n’allant point à la chasse de leur proie, ourdissent ces toiles (1) d’un tissu plus ou moins serré; dont les formes et positions varient selon les habitudes propres à chacune d’elles, et qui sont autant de pièges où les insectes dont eliqs se nourrissent , se prennent ou s’embarrassent. A peine s’y trouvent-ils arrêtés, au moyen des crochets de leurs tarses ; que l’aranéïde , tantôt placée au centre de son réseau ou au fond de sa

(i) Celles de quelques aranéïdés exotiques sont si fortes , qu’elles arrêtent de petits oiseaux, et opposent même à l’homme une certaine résistance.

FAMILLE DES FILEÜSES. 22 1

toile , tantôt dans une habitation particulière située auprès et dans l’un de ses angles, accourt , s’approche de l’insecte , fait tous ses efforts pour le piquer avec son dard meurtrier, et distiller dans sa plaie un poison qui agit très promptement; lorsqu’il oppose une trop forte résistance, ou qufil serait dangereux pour elle de lutter avec lui , elle se retire un instant afin d’attendre qu’il ait perdu de ses forces ou qufil soit plus enlacé ; ou bien, si elle n’a rien à craindre , elle s’empresse de le garrotter en dévidant autour de son corps des fils de soie, qui l’enveloppent quelquefois entièrement et forme rit une couche , le dérobant à nos regards.

lister avait dit que des araignées éjaculent et lancent leurs fils , de 1a. même façon que les porcsépics lancent leurs piquants, avec cette différence qu’ici ces armes, suivant une opinion populaire, se détacheraient du corps, tandis que dans les araignées, ces fils, quoique poussés au loin , y restent attachés. Ce fait a été jugé impossible. Nous avons cependant vu des fils sortir des mamelons de quelques thomises, se diriger en ligne droite, et former comme des rayons mobiles, lorsque l’animal se mouvait eirculairement. Un autre emploi de la soie, et coin mun à toutes les aranéïdes femelles^a pour objet la construction des coques destinées à renfermer leurs oeufs. La contexture et la forme de ces coques est diversement modifiée selon les habitudes des races. Elles sont généralement sphéroïdes; quelques-unes

ont la forme d’un bonnet ou celle d’une t ymbale ; on en connaît qui sont portées sur un pédicule , ou qui se terminent en massue. Des matières étrangères, comme de la terre, des feuilles, les recouvrent quelquefois, du moins partiellement; un tissu plus fin, ou une sorte de bourre ou de duvet \ enveloppe souvent les œufs à l’intérieur. Ils y sont libres ou agglutinés, et plus ou moins nombreux. Ces animaux étant très voraces, les mâles, pour éviter toute surprise, et n’être pas .victimes d’un désir prématuré , ne s’approchent de leurs femelles , à l’époque des amours, qu’avec une extrême méfiance et la plus grande circonspection. Ils tâtonnent souvent long-temps avant que celles-ci se prêtent à leurs caresses; lorsqu’elles s’y déterminent, ils appliquent alternativement , avec une grande promptitude, l’extrémité de leurs palpes, sur le dessous du ventre delà femelle, font sortir, à chaque contact, et comme par une espèce de ressort^ l’organe fécondateur, contenu dans le bouton formé par le dernier article de ces palpes, et ^introduisent dans une fente située sous le ventre, près de sa base, entre les ouvertures propres à la respiration ; après quelques courts instants de repos, le même acte se renouvelle plusieurs Cois. Voilà l’accouplement d’un petit nombre d’espèces fet de la division des orbitèles. On ne lira pas sans éprouver un vif intérêt, ce qu’a écrit sur ce sujet le savant qui a le plus approfondi Ffiistoire de ces animaux, le célèbre M. Walcke-

FAMILLE t)ES FILETJSES. 2 2,5

naer, membre de l’académie des inscriptions et belles-lettres, et dont je m’honore d’être un ancien ami. L’appareil de la génération des mâles , ou du moins présumé tel , est ordinairement très compliqué et très varié , formé des pièces écailleuses, plus on moins crochues et irrégulières, et d’un corps blanc , charnu , sur lequel on aperçoit quelquefois des vaisseaux d’une apparence sanguine, et que l’on regarde comme l’organe fécondateur proprement dit ; mais dans les arachnides à quatre sacs pulmonaires, et dans quelques autres de la division de celles qui n’en ont que deux, le dernier article des palpes des mêmes individus n’ofïre qu’une seule pièce cornée , en forme de crochet ou de cure-oreille, sans la moindre ouverture distincte. Quoique Millier et d’autres aient eu tort, relativement à quelques entomostracés , de placer les organes sexuelsmasculinssurdeuxde leurs antennes, il n’en est pas moins vrai que les parties considérées comme analogues dans les aranéïdes , sont très différentes de cellesque l’on observe aux antennes de ces j crustacés, et que l’on ne conçoit pas quelle pourrakêtre leurdestination, sion leur refuse celle-ci (x).

I D’après les expériences d’Audebert , qui nous a j donné une histoire des singes , digne des talents de ce grand peintre, il est prouvé qu’une seule fécondation j peut suffire à plusieurs générations successives; mais, comme dans tous les insectes et autres classes analo-

(i) Elles seraient au moins des organes excitateurs.

gués , les œufs sont stériles si les deux sexes ne se sont pas réunis. L’accouplement , dans nos climats, a lieu depuis la fin de l’été j usqu’à la fin de septembre, Les œufs pondus les premiers éclosent souvent avant la fin de l’automne ; les autres passent l’hiver. On a remarqué que les femelles de quelques espèces de lycoses. ou d’ araignées-loups déchirent la coque des œufs , lorsque les petits doivent venir au monde. Les nouveau - nés grimpent sur le dos de leur mère et s’y tiennent pendant quelque temps. D’autres aranéïdes femelles porten l leurs cocons sous le ventre, j ou veillent à leur conservation , en se fixant auprès d’eux. Les deux pattes postérieures ne se dévelop- j pent, dans quelques petits, que quelque jours après leur naissance. Il en est qui , à la même époque , sont rassemblés pendant quelque temps en société et paraissent filer en commun. Leurs couleurs alors sont souvent plus uniformes, et le naturaliste qui aurait peu d’expérience pourrait multiplier mal à propos les espèces. L’un de nos collaborateurs pour l’Encyclopédie méthodique , JVI. A médée Lepelletier de Saint-Fargeau , a observé que ces animaux jouissaient y ainsi que les crustacés , de la faculté de dégénérer les membres perdus.

J’ai constaté qu’une seule piqûre d’aranéïde de moyenne taille Fait périr notre mouche domestique dans l’espace de quelques minutes. Il est encore certain que la morsure de ces grandes araneïdes de FAmérique méridionale, qui y sont connues sous le nom

•FAMILLE DES F ILE USE S

d’araignées crabes et que nous rangeons dans le genre mygale, donne la mort à de petits animauxvertébrés,tels que de petitsoiseaux, comme des colibris, des pigeons, et peut produire dans l’homme un accès violent de fièvre; la piqûre même de quelques espèces de nos climats méridionaux a été quelquefois mortelle. L’on peut donc , sans adopter toutes les fafiles que Baglivi et d’autres ont débitées sur le compte de la tarentule, se méfier, surtout dans les pays chauds ,, de la piqûre des aranéïdes et particulièrement des grosses espèces. Diverses espèces d’insectes du genre Sphex de Linnæus saisissent des aranéïdes, les percent de leur aiguillon et les transportent dans les trous où elles déposent leurs œufs , afin qu’elles servent de pâture à leurs petits. La plupart de ces animaux périssent à l’arrière-saison , mais il en est qui vivent plusieurs années , et de ce nombres ont les mygales, les lycoses et probablement plusieurs autres. Quoique Pline dise que les phalangium sont inconnus en Italie , nous présumons néan~

| moins que ces dernières aranéïdes et d’autres grandes il espèces ne faisant point de toile , de même encore que les galéodes ou solpuges, sont les animaux que l’on désignait collectivement de la sorte , et dont l’on distinguait plusieurs espèces. Telle était aussi l’opinion de Mouflet qui a figuré ( Theatr. insect. , p. 2 tq ) comme une espèce de phalangium une lycose ou une mygale de l’île de Candie.

Lister, qui a, le premier, le mieux observe les

A R ACNHIDES PÜLMON AI RES.

araneïdes dont il était à portée de suivre les habitudes, celles de la Grande-Bretagne , a jeté les bases d’une distribution naturelle , et dont celles qu’on a publiées depuis ne sont pour la plupart que des modifications. La connaissance plus récente de quelques espèces particulières aux pays chauds, telles que r araignée maçonne , décrite par l’abbé Sauvages, et de quelques autres analogues , l’emploi des organes de la manducation , introduit dans la méthode par Fabricius , une étude plus précise de la disposition générale des yeux et de leurs grandeurs respectives , celle encore des longueurs relatives des pattes , ont contribué à étendre cette classification. M. Walckenaer est entré, à cet égard dans les plus petits détails , et il serait difficile de découvrir une espèce qui ne trouvât sa place dans quelqu’une des coupes qu’il a établies. Il existait cependant un caractère dont on n’avait point généralisé l’application, la présence ou l’absence du troisième crochet du bout des tarses. M. Savigny.nous a présenté , sur ce point de vue, une nouvelle méthode, mais dont je ne connais qu’un simple aperçu. ( J^ojez Walck. , Faune franc., note terminant le genre Atte. ) (i) M. Léon Dufour, qui a publié d’excellents mé-

(i) Nous n’avons eu connaissance des observations de M. Savigny sur Jesaranéïdes faisant partie de Fexplication des planches d’instoire naturelle du grand ouvrage Sur FÉgypte , que long-temps après la re’daction de notre article relatif aux mêmes animaux. Ne pouvant interrompre la continuation de notre travail , et revenir sans cesse sur ce que nous avons déjà rédigé, nous exposerons succinctement la .distribution méthodique des araneïdes proposée par M. Savigny, dans un supplément.

FAMILLE DES FILEU5ES. 22 J

moires sur l’anatomie des insectes^ qui a fait une étude spéciale de ceux du royaume de Valence , où il en a découvert plusieurs espèces nouvelles , et auquel la botanique n’est pas moins redevable , a donné une attention particulière aux organes respiratoires des aranéïdes, et c’est d’après lui que nous les partagerons en celles qui ont quatre sacs pulmonaires > (et à l’extérieur quatre stigmates, deux de chaque côté et très rapprochés) , et en celles qui n’en ont que deux (i ).Les premières, qui embrassent l’ordre des aranéïdes théraphoses de M. Valckenaer, et quelques autres genres de celui qu’il désigne collectivement sous la dénomination d’araignée , n’en composent d’après notre méthode , qu’un seul, celui

De Mygale. (Mygale. )

Leursyeux sont toujours si tués à Textrémi té antérieure du thorax et ordinairement très rapprochés. Leurs chéîicères et leurs pieds sont robustes. Les organes copulateurs des mâles sont toujours saillants et souvent très simples. La plupart n’ont que quatre filières, dont les deux latérales ou extérieures , et situées un peu au-dessus des deux autres, plus longues, de trois articles, sans compter l’élévation formant leur pédoncule. Elles se fabriquent (les tubes soyeux , leur servant d’habitation , et qu’elles cachent , soit dans des terriers qu’elles ont creusés , soit sous des pierres, des écorces d’arbres ou entre des feuilles.

Les théraphoses de M. Waîckenaer formeront une pre-

(i) Section des araignées territèles de la première édition de cet ouvrage

ARA CHNIDES PULMONAIRES.

mière division ayant pour caractères : quatre (1) filières, dont les deux intermédiaires et inférieures ordinairement très courtes et dont les deux extérieures très saillantes. Crochets des cliélicèrcs repliés en dessous, le long de leur carène ou tranche inférieure, et non en dedans ou sur leur face interne. Huit yeux dans tous ( le plus souvent groupés sur une petite éminence, trois de chaque côté, formant, réunis , un triangle renversé , et dont les deux supérieurs rapprochés } les deux autres disposés transversalement au milieu des précédents ).

La quatrième paire de pieds, et ensuite la première, sont les plus longues, la troisième est la plus courte.

Ici les palpes sont insérés à F extrémité supérieure des mâchoires, de sorte qu’ils paraissent être composés de six articles, dont le premier, étroit et alongé, avec l’angle interne de l’extrémité supérieure saillant, fait l’office de mâchoire. La languette est toujours petite et presque carrée. Le dernier article des palpes des mâles est court , en forme de bouton, et portant à son extrémité les organes sexuels. Les deux jambes antérieures des mêmes individus ont une forte épine ou ergot à leur extrémité inférieure. Tels sont les caractères

Des Mygales proprement dites. (Mygale. Waîck. )

Les unes n’offrent point à l’extrémité supérieure de leurs chelicères, immédiatement au-dessus de l’insertion delà griffe ou crochet qui les termine , une série transverse d’épines ou de pointes cornées et mobiles , disposées en manière de rateau. Les poils qui garnissent le dessous de leurs tarses forment une brosse épaisse et assez large, débordante, et cachant ordinairement les crochets. Les organes sexuels masculins consistent en une seule pièce écailleuse et terminée en une pointe entière , ou sans échancrure ni division • tantôt elle a presque la forme d’un cure-oreille (M. de Le Blond, Latr. )• tantôt, et c’est le plus souvent, elle ressemble à une larme batavique, ou globuleuse infé-

(1) J’ai aperçu, dans les atypes , des vestiges de deux autres mamelons, ceux qui, dans les aranéïdes delà division suivante, sont plaee's entre les quatre exte'rieurs et très visibles ; mais comme ici ils sont très peu apparents , je n’ai pas cru devoir en tenir compte.

FAMILLE DES PILEUSES. 22 Ç

kueurement, elle se rétrécit ensuite, pour se terminer en pointe et former une espèce de crochet; arqué.

Cette division se compose des espèces les plus grandes de la famille, et dont quelques-unes, dans l’état de repos , occupent un espace circulaire de six à sept pouces de diamètre , et saisissent quelquefois des colibris et des oiseaux-mouches. Elles établissent leur domicile dans les gerçures des arbres, sous leur écorce, dans les interstices des pierres ou des rochers, ou sur les surfaces des feuilles de divers végétaux. La cellule de la Mygale aviculaire a la forme d’un tube , rétréci en pointe à son extrémité postérieure. Elle se compose d’une toile blanche, d’un tissu serré, très fin , demi transparent et semblable en apparence à de la mousseline. M. Goudot m’en a donné une qui, développée , avait environ deux décimètres de long -, sur près de six centimètres de large, mesurée dans son plus grand diamètre transversal. Le cocon de la même espèce avait la forme et la grandeur d’une grosse noix. Son enveloppe, composée d’une soie, de la même nature que celle de son habitation, était formée de trois couches. Il paraît que les petits y éclosent et y subissent leur première mue. Ce naturaliste m’a dit en avoir retiré d’un seul une centaine. ( Voyez mon Mémoire sur les habitudes de l’araignée aviculaire, dans le recueil de ceux du muséum d’hist. nat., tom vin , pag. 456.)

Cette mygale ( Aranea avicularia , Lin. ; Kléem. , insect. XI et Xil, mâle. ) est longue d’environ un pouce et demi , noirâtre, très velue, avec l’extrémité des palpes, des pieds et les poils inférieurs de la bouche rougeâtres. L’organe génital des mâles est creux à sa base, et finit en pointe a longée et très aiguë.

L’Amérique méridionale et les Antilles fournissent d’autrès espèces, qui y sont connues des colons français, sous le nom dJ araignées-crabes. Leurs morsures passent pour être très dangereuses. Lesgrandës Indes enontaussi une espèce très grande (M.fasciata; Seba, Mus., I, lxix, iq Walck., Hist. des aran., IV, i, fem. ). On reçoit aussi du cap de Bonne-Espérance une espèce presque aussi grande que i’aviculaire. Une autre de la même division , la M. valcn -

cienne ( Valentina ), a été trouvée dans les lieux arides et déserts de Moxenta , en Espagne, parM. Dufour, qui Ta décrite et figurée dans le cinquième volume des Annales des sciences physiques, publiées à Bruxelles. M. Walckenaeren a fait connaître une autre de cette péninsule QlL,calpeiana ) qui a deux éminences au-dessus des organes respiratoires. Ces deux espèces forment un petit, groupe particulier, ayant pour caractère, crochets des tarses saillants ou à découvert (i).

Dans les mygales suivantes (a), l'extrémité supérieure du premier articledesantenne-pinces présenteune séried’épines articulées et mobiles à leur base, d’après les observations , de M. Dufour, et formant une sorte de rateau.

Les tarses sont moins velus en dessous que dans la division précédente , et leurs crochets sont toujours découverts. Les mâles d’une espèce, les seuls que j’aie vus, ont. leurs organes copuîateurs moins simples que ceux des espèces précédentes. La pièce écaiîleiise et principale renferme dans une cavité inférieure un corps particulier , semi-globuleux, etse terminant en une pointe , bifide (3).

Ces espèces se creusent , dans les lieux secs et montueux, situés au midi, des contrées méridionales de l’Europe et de quelques autres pays , des galeries souterraines , en forme de boyau, ayant souvent deux pieds de profondeur, et tellement fléchies , selon M. Dufour, qu’on en perd souvent la trace. Elles construisent à leur entrée, avec de la terre et de la soie, un opercule mobile, fixé par une charnière, et qui, à raison de sa forme, parfaitement adaptée à l’ouverture, de son inclinaison, de son poids naturel et de la situation supérieure de la charnière, ferme de lui-même et d’une manière très juste, l’entrée de l’habitation , et forme ainsi

(1) V oyez , pour ces espèces et les suivantes, ainsi que pour les autres genres de cette famille , les articles correspondants de la seconde édition du nouveau Dictionnaire d’histoire naturelle, que nous avons traités avec étendue.

(2) Le G. Ctenïze , Cteniza , Latr. , Fam. natur. du règne animal.

(3) M. Dufour me contredit à cet égard. J’ai de nouveau vérifié le fait, et je me suis convaincu que je ne m’étais pas trompé. Peut-être que les individus qu’il a examinés n’offraient point ce caractère.

FAMILLE DES PILEUSES. 2 3 S

b ne trape, que Ton a de la peine à distinguer du terrain environnant. Sa face intérieure est revêtue d'une couche soyeuse, à laquelle l'animal s'accroche, pour attirer à lui cette porte et empêcher qu'on ne l’ouvre. Si elle est un peu béante, on est sur qu'il est dans sa retraite. Mis à découvert par une scission , pratiquée dans le conduit, en avant de son issue, il reste stupéfait et se laisse prendre sans résistance. Un tube soyeux, ou le nid proprement dit, revêt l’intérieur de la galerie. Le savant précité est d’avis que les mâles n'en creusent point. Outre qu’il ne les a jamais rencontrés que sous des pierres, ils lui paraissent moins favorisés sous le rapport des organes propres à ces travaux. ( Voyez son beau Mémoire , ayant pour titre, Observations sur quelques arachnides quadripulmonaires. ) Sans prononcer à cet égard, nous présumons avec lui que notre Mygale cardeuse ( Mygale carminans , Nouv. dict. d'hist. nat. , 2e édit., article Mygale. ) n'est que le mâle de l'espèce suivante ; cependant M. Walckenaer en doute.

La Mygale maçonne ( M, cœmentaria , Latr. ; Araignée maçonne , Sauvag., Hist. de l'Acad. des scienc. , 1758, pag. 26; Araignée mineuse , Dorthès , Transact. lin. , Soc. II, 17, 8; Walck., Hist. des aran., fasc., 1,11, x;Faun. franç., arach., II, 4? Dufour, Annal, des sc. phys. , Y, lxxiii, 5.) femelle est longue d'environ huit lignes, d’un roussâtre tirant sur le brun et plus ou moins foncé, avec les bords du corselet plus pâles. Les chélicères sont noirâtres, et ont chacune en dessus , près de l'articulation du crochet, cinq pointes, dont l'interne plus courte. L'abdomen est gris de souris , avec des mouchetures plus foncées. Le premier article de tous les tarses est garni de petites épines ; les crochets du dernier ont un ergot à leur base, et une double rangée de dents aiguës. Les filières sont peu saillantes. Suivant M* Dufour ( Annal, des sc. phys., Y , lxxiii, 4-)? le mâle présumé , dont j'ai fait une espèce, sous le nom de M. cardeuse , diffère de l’individu précédent par ses pattes plus longues , par les crochets des tarses dont les dents sont une fois plus nombreuses, mais dépourvues d'ergots , et par ses filières plus courtes. Mais un caractère plus apparent est la forte épine terminant

en dessous les deux jambes antérieures. Cette mygale se trouve dans les départements méridionaux de la France , situés sur les bords de la Méditerranée , en Espagne , etc.

La M. pionnière{M .fodiens j Walck., Faun. franc., arach., II, i , a ; M. Sauvagesii , Dufour., Ann. des sc. pbys. , V , lixxm , 3 ; Araneci Sauvagesii , Ross.) femelle, est un peu plus grande que celle de l’espèce précédente, d’un brun roussâtre clair et sans taches. Les filières extérieures sont longues. Les quatre tarses antérieurs sont seuls garnis de petites épines ; tous ont un ergot au bout , et leurs crochets n’offi en t qu’une dent, située a leur base. Les chélicères sont plus fortes et plus inclinées que celles de la M. maçonneries pointes du rateau sont un peu plus nombreuses la première articulation offre, en-dessous , deux rangées de dents. Le mâle est inconnu. Cette espèce se trouve en Toscane et en Corse. Le Muséum d’histoire naturelle possède un petit bloc de terre, où l’on voit quatre de ses nids, disposés en un quadrilatère régulier.

M. Lefèvre , si zélé pour les progrès de l’entomologie, et qui a fait tant de sacrifices pour cette science , a rapporté de la Sicile une nouvelle espèce de mygale , dont le corps est entièrement d’un brun noirâtre. Le mâle n’offre point à l’extrémité des jambes antérieures cette forte épine qui paraît généralement propre aux individus du même sexe des autres mygales.

Gn trouve àla Jamaïque une autre espèce (M. nidulans)% représentée, ainsi que son nid, par Brown, dans son Histoire naturelle de la Jamaïque , pl. xliv , 3.

Là, les palpes sont insérées sur une dilatation infe'rieure du côté externe des mâchoires, et n’ont que cinq articles. La languette, d’abord très petite ( atype), s’alonge et s’avance ensuite entre les mâchoires, et ce caractère devient général. Le dernier article des palpes des deux sexes est alongé et aminci en pointe vers le bout. Les mâles n’ont point de fort ergot à l’extrémité de leurs deux jambes antérieures.

Les Atypes. (Atypus. Latr. — Oletera. Walck.)

Ont une très petite languette, presque recouverte par

FAMILLE DES FILEUSES. 2o5

la portion interne de la base des mâchoires ; et les yeux très rapprochés et groupés sur un tubercule.

L 1 A type de Sulzer (Atvpus Sulzeri , Latr., Gener. crust. etinsect., I, v,2, mâle; Dufour, Ann. des scienc. physiq., V, LXxm , 6 ; Aranea picea , Sulz; Olétère dtype , Walck. , Faun. franc., ar^chn., Il, 3.) a le corps entièrement noirâtre et long d’environ huit lignes. Le thorax est presque carré, déprimé postérieurement , renflé, élargi et largement tronqué par devant, ce qui lui donne une forme très différente de celle qu’offre cette partie du corps dans les mygales. Les chélicères sont très fortes, et leur griffe a en-dessous, près de la base, une petite éminence en forme de dent. Le dernier article des palpes du mâle est pointu au bout. L’organe génital donne inférieurement naissance à une petite pièce demi transparente, en forme d’écaille, élargie et inégalement bidentée au bout , avec une petite soie ou cirrhe, à l’une de ses extrémités. Cette espèce se creuse, dans les terrains en pente et couverts de gazon , un boyau cylindrique, long de sept à huit pouces, d’abord cylindrique, incliné ensuite, ou elle se file un tuyau de soie blanche, de la même forme et des mêmes dimensions. Le cocon est fixé avec de la soie et par les deux bouts , au fond de ce tuyau. On la trouve aux environs de Paris, de Bordeaux, et M. de Basoches a observé près de Séez une variété qui est constamment d’un brun clair.

M. Milbert, correspondant du Muséum d’histoire naturelle, a découvert aux environs de Philadelphie une autre espèce (Alypus rufipes) toute noire, avec les pattes fauves.

Les Eriodons. ( Eriodqn. Latr. — Missalena. Walck. )

Diffèrent des atypes par leur languette alongée, étroite, s’avançant entre les mâchoires, et par leurs yeux disséminés sur le devant du thorax.

La seule espèce connue (Èriodon occatorius , Latr.* Missulena occatovia, Walck., Tabl. des aran., pl. Il, n, 12. ) êst longue d’un pouce , noirâtre, et propre à la Nouvelle- Hollande, d’oùeileaété apportée par Pérou etM. Lesueur(î).

(î) Dans un premier Mémoire de M. Dalman sur les insectes renfermés.

Notre seconde et dernière division genéralè des aranéïdes quadripulmonaires ou mygales, nous présente des caractères communs aux ériodons , comme d’avoir la languette prolongée entre les mâchoirses , les palpes composés de cinq articles ; mais les griffes des cliélicères sont repliées sur leur face interne, leurs filières sont au nombre de six, leur première paire de pattes , et non la quatrième , est la plus longue de toutes; la troisième est toujours, d’ailleurs, la plus courte. Quelques-unes de ces arachnides n’ont que six yeux. Le nombre des sacs pulmonaires ne permet point d’éloigner les sous-genres de cette division des précédents, et comme ils nous conduisent aux drasses, aux clothos , aux ségestries, sous - genres n’offrant que deux sacs pulmonaires , l’ordre naturel ne nous permet point de passer des mygales aux lycoses et autres aranéïdes chasseuses ou vagabondes. Les mygales sont de véritables araignées tapissières , et c’est en effet dans cette division qu’on avait anciennement placé l’araignée aviculaire de Linnæus.

Cette seconde division comprend les deux sous-genres suivants.

Les Dysderes. (Dysdera. Latr. )

Qui n’ont que six yeux et disposés en fer en cheval , avec l’ouverture en devant; dont les cliélicères sont très fortes et avancées, et dont les mâchoires sont droites, et dilatées à l’insertion des palpes (i).

Les Filistates. (Filistata. Latr.)

Qui ont huit yeux, groupés sur une petite élévation à

dans le succin, ce célèbre naturaliste mentionne (pag. 2 5) une araignée qui lui paraît devoir former un nouveau genre ( clialinura ). Les yeux sont portés sur un tubercule antérieur très élevé , et quatre d’entre eux , dont les deux antérieurs sont très grands et rapprochés , occupent le centre. Les filières extérieures sont fort alongées. Il semblerait, d’après ces caractères , que cette aranéide avoisinerait les mygales ou quelques autre genre analogue.

(1) Dysdera erythrina , Latr.; Walck , Tab. des aran. , Y, '/j.9» S o ; Dufour, ^nn. des scienc. phys., Y, lxxui, 7 ; Aranea rufipes , Fab. ; — Dysdera parvula , Dufour, ibid.

FAMILLE DES F1LEUSES, 25S

l'extrémité antérieure du thorax; les chélicères petites, et les mâchoires arquées au côté extérieur et environnant la languette en manière de cintre (1).

| Nous passons maintenant aux aranéïdes n’ayant qu’une paire de sacs pulmonaires et de stigmates. Toutes nous | offrent des palpes à cinq articles, insérés sur le côté extérieur des mâchoires , près de leur base , et le plus souvent dans un sinus; une languette avancée entre elles, soit presque carrée , soit triangulaire ou semi-circulaire, et six mamelons ou filières à l’anus. Le dernier article des palpes des mâles est plus ou moins ovoïde , et renferme le plus souvent , dans une excavation, un organe copulateur compliqué et très varié ; rarement ( ségestrie) est-il à nu.

À l’exception d’un petit nombre d’espèces , rentrant dans le genre mygale , elles composent celui

D’Araignée. ( Ara ne A ) de Linnæus, ou d ’Àraneus de quelques auteurs.

Une première division comprendra les Araignées sédenj taires. Elles font des toiles, ou jettent au moins des fils , pour surprendre leur proie, et se tiennent habituellement dans ces pièges ou tout auprès , ainsi que près de leurs œufs. Leur yeux sont rapprochés sur la largeur du front, tantôt au nombre de huit, dont quatre ou deux au milieu , et deux ou trois de chaque côté, tantôt au nombre de six.

Les unes, qui, dans leur marche, se portent toujours en avant , et que nous nommerons, pour cela, Rectigrades, ourdissent des toiles et sont toujours stationnaires; leurs Il pieds sont élevés dans le repos ; tantôt les deux premiers et les deux derniers, tantôt ceux des deux paires antérieures, ou les quatrièmes et les troisièmes, sont les plus longs. Les yeux ne forment point parleur disposition générale un segment de cercle ou un croissant.

(i) Filistata bicolor , Latr. ; Waîck. , Faun. franc., arachn. , VI, i-S. On trouve à la Guadeloupe une espèce»de moyenne taille, dont le mâle a les pattes longues et grêles , les palpes courbes , avec les organes sexuels situe's à l'extrémité du dernier article , et termine's par un crochet grêle et arqué en manière de faucille.

236 A&AGHNIBES PULMONAIRES.

On peut les diviser en trois sections : la première, celle des Tubiteles ou Tapissières, a les filières cylindriques,, rapprochées en un faisceau dirigé en arrière ; les pieds robustes, et dont les deux premiers ou les deux derniers et vice versa, plus longs dans les unes , et dont les huit presque égaux dans les autres;

Nous commencerons par deux sous-genres qui , sous le rapport des mâchoires , formant un cintre autour de la languette, se rapprochent des filistates et s’éloignent des suivants. Les yeux sont toujours au nombre de huit, disposés quatre par quatre sur deux lignes transverses. Le premier , celui

De Clotho. ( Clotho Waîck. Uroctea. Dufour. .)■ 1

Est des plus singuliers. Ses chélicères sont fort petites, peu susceptibles de s’écarter, ce qui rapproche ce sous-genre du dernier , et sans dentelures; les crochets sont très: petits; par la forme courte du corps et ses longues pattes, il a l’aspect des araignées-crabes ou thomises. Les longueurs relatives de ces organes diffèrent peu ; la quatrième paire et la précédente ensuite sont seulement un peu plus longues que les quatre premières ; les tarses seuls sont garnis de piquants. Les yeux sont plus éloignés du bord antérieur du thorax que dans le sous-genre suivant, rapprochés et disposés de la même manière que dans le genre mygale de M. Walckenaer; trois de chaque côté forment un triangle renversé, ou dont l’impair est -inférieur; les deux autres forment une ligne transverse, dans l’espace compris entre les deux triangles. Les mâchoires et i la languette sont proportionnellement plus petites que celles du même sous-genre ; les mâchoires ont au côté extérieur une courte saillie ou faible dilatation , servant d’in- j sertion aux palpes, et se terminent en pointe; la languette est triangulaire et non presque ovale , comme celle 'des d rases. Les deux filières supérieurs, ou les plus latérales, sont longues; mais ce qui, d’après M. Dufour, caractérise particulièrement ses Uroctées ou nos çlothos, c’est qu’à la place des deux filières intermédiaires, l’on voit

FAMILLE DES FI 'LE U S ES. 2ÙJ

j deux valves pëctiniformes, s’ouvrant et se fermant à la vo* j lonté de l’animal (i).

On ne connaît encore qu’une seule espèce ( uroctea 5— niàcülata , Dufour , Annal, des scienc. phys. , V, lxxvi , i ; Clotlio Durandiij Latr.). Son corps est long de cinq lignes, d’un brun marron , avec l’abdomen noir , ayant eu dessus cinq petites taches rondes, jaunâtres, dont quatre j disposées transversalement par paires-, et dont la dernière ou l’impaire postérieure; les pattes sont velues. On voit par | les planches du grand ouvrage sur l’Egypte, que M. Savignv l’avait trouvée dans ce pays, et qu’il se proposait d’en former une nouvellecoupe générique. M. lecomte Dejean ! l’a rapportée de la Dalmatie, etM>le chevalier de Schreibers, directeur du cabinet impérial deVienne, m’en a envoyé des individus recueillis dans les mêmes lieux. M. Dufour l’a .aussi trouvée dans les montagnes de Narbonne, j dans les Pyrénées, et dans les rochers delà Catalogne. On ! lui doit, outre la connaissancedes caractères extérieurs de cettè aranéide, des observations curieuses sur ses habitu» j des. « Elle établit, nous dit-il, à la surface inférieure des grosses pierres ou dans les fentes desrochers unecoqueen i forme dé calotté ou de patelle, d’un bon pouce de diamètre. ] Son contour présente sept à huit échancrures, dont les an- ] gles seuls sont fixés sur lapierre, au moyen de faisceaux de fils, tandis que les bords sont libres. Cette singulière tente ! est d’une admirable texture. L’extérieur ressemble à un j taffetas des plus fins, formé, suivant l’âge de l’ouvrière, i d’un plusou moins grand nombre de doublures. Ainsi lors I que i’uroctée, encore jeune, commence à établir sa retraite, elle ne fabrique que deux toiles entre lesquelles elle' se ! tient à l’abri. Par la suite, et je crois, à chaque mue, elle il - i

I (i) J’ai vu , dans un individu bien conservé, six filières , dont les deux supérieures beaucoup plus longues, terminées par un article alongé en forme de lame elliptique , et quatre autres petites, les inférieures surtout , i disposées en carré. L’anus, placé sous un petit avancement, en forme de chaperon et membraneux; offrait, de chaque côté, un pinceau de poils j rétractiles. Ces pinceaux sont les pièces que M. Dufour nomme valves pectiniformes , et distinctes des deux filières intermédiaires, qui sont cajchées par les deux inférieures.

258 ARACHNIDES PULMONÀIRËS.

ajoute un certain nombre de doublures. Enfin, lorsqu^ l’époque marquée pour la reproduction arrive, elle tisse un appartement tout exprès, plus duveté, plus moelleux , où doivent être renfermés et les sacsdes œufs elles petits récemment éclos. Quoique la calotte extérieure ou le pavillon soit, à dessein sans doute, plus ou moins sali par des corps étrangers qui servent àen masquer la présence, lJappartement de l’industrieuse fabricante est toujours d’une propreté recherchép.. Les poches ou sachets qui renferment les œufs, sont au nombre de quatre, de cinq ou même de six , pour chaque habitation , qui n’est cependant qu une seulehabitation; ces poches ont une forme lenticulaire, et ont plus de quatrelignes de diamètre. Elles sont d’un taffetas blanc comme laneigeetfournies intérieurement d’un édredon des plus fins. Ce n’estque vers la fin de décembre ou au mois de janvier que la ponte des œufs a lieu. 11 fallait prémunir la progéniture contre la rigueur de la saison et les incursions ennemies. Tout a été prévu : le réceptacle de ce précieux dépôt est séparé de la toile, immédiatement appliquée sur la pierre par un duvet moelleux, et de la calotte extérieure par lesdivers étagesdont j’ai parlé. Parmi les échancrures qui bordent le pavillon les unes sont tout-à-fait closes parla continuité de l’étoffe, les autres ont leurs bords simplement superposés , de manière que l’uroctée soulevant ceux-ci , peut à son gré sortir de sa tente et y rentrer. Lorsqu’elle quitte son domicile pour aller à la chasse, elle a peu à rédouter sa violation , car elle seule a lé secret des échancrures impénétrables , et la clef de celles où l’on peut s’introduire. Lorsque les petits sont en état de se passer des soins maternels , ils prennent leur essor et vont établir ailleurs leurs logements particuliers , tandis que la mère vient mourir dans son pavib Ion. Ainsi ce dernier est en même temps le berceau et le tombeau de l’uroctée. »

Les Drasses. ( Drassus. Walck. )

Diffèrent des clothos par plusieurs caractères. Leurs cheiicères sont robustes, saillantes et dentelées en dessous; leurs mâchoires sont tronquées obliquement à leur extrémité, et la languette forme un ovale tronqué inférieurement ou un

FAMILLE DES FILBUSES. 2,3g

triangle curviligne alongé; les yeux sont plus rapprochés du bord antérieur du thorax, et la ligne formée par les quatre postérieurs est plus longuè que l’antérieure ou la déborde sur les côtés. Les proportions des filières extérieures diffèrent peu , et l’on ne voit point entre elles ces deux valves pectiniformes qui sont propres aux clothos. Enfin , les quatrièmes pieds et ensuite les deux premiers sont très manifestement plus longs que les autres. Les jambes et le premier article des tarses sont armés de piquants.

Ces aranéïdes se tiennent sous les pierres , dans les fentes des murs, l’intérieur des feuilles, et s’y fabriquent des cellules d’une soie très blanche. Les cocons de quelques-unes sont orbiculaires, aplatis et composés de deux valves appliquées l’une sur l’autre. M. Walckenaer distribue les drasscs en trois familles , d’après la direction et le rapprochement des lignes formées, par les yeux, et le plus ou moins de dilatation du milieu des mâchoires.

L’espèce qu’il nomme vert ( viridissimus , Hist. des aran., fasc. iv , g. ) , et qui compose seule sa troisième division , construit sur la surface des feuilles une toile fine, blanche et transparente, sous laquelle elle s’établit. L’un des côtés des feuilles du poirierm’a quelquefois offert une toile semblable, mais anguleuse sur ses bords, en forme de tente , ainsi que celle que font les clothos, et sous laquelle était le cocon. Elle est, je présume, l’ouvrage de cette espèce de drasse, et nous montre l’analogie de ce sous genre avec le précédent. M. Léon Dufour nous a donné dans les Annales des sciences physiques ( Drassus segestriformis , VI, xcv, i.) une description très complète d’une espèce de drasse qu’il a trouvée sous les pierres, daps les hautes montagnes des Pyrénées, et jamais au-dessous de la zone alpine. C’est une des plus grandes de ce sous-genre , et qui me paraît avoir de grands rapports avec celle que j’ai nommée melanogastery et que je crois être le drasse lucijuge de M. Walckenaer (Schœff. , Icon. , CI , 7, )/%

L’une des plus jolies espèces, et que l’on trouve asse& communément aux environs de Paris, courant à terre, est le drasse reluisant ( D . relucens.). Elle est petite , presque cylindrique , avec le thorax fauve, recouvert d’un

duvet soyeux et pourpré 5 l’abdomen mélangé de bleu -, de rouge et de vert avec des reflets métalliques et deux lignes transverses d’un jaune d’or, dont l’antérieure arquée. On y voit aussi quelquefois quatre points dorés (1).

Dans les autres araignées tubitèles, les mâchoires ne forment point une espèce de cintre renfermant la languette; leur côté extérieur est dilaté inférieurement , au-dessous de l’origine des palpes.

Quelques-unes n’ont que six yeux, dont quatre antérieurs, formant une ligne transverse, et les deux autres postérieurs, situés, un de chaque côté, derrière les deux latéraux de la ligne précédente. Tel est le caractère essentiel

Des Ségestries. (Segestria, Latr.)

Leur languette est presque cariée et alongée. La première paire de pattes et ensuite la seconde sont les plus longues ; Ta troisième est la plus courte. Ces arariéides se filent, dans les fentes des vieux murs, des tubes soyeux, cylindriques, alongés, où elles se tiennent, ayant leurs premières paires de pattes dirigées en avant; des fils divergents bordent extérieurement l’entrée de l’habitation et forment une petite toile propre à arrêter les insectes. L’organe génital de la sé~ gestrie perfide ( arcmea Jiorentina , Ross., Faun. etrusc. , XIX, 3. ), espèce assez grande, noire , à chéîicères vertes, et qui n’est pas rare en France, est en forme de larme ou ovoïdoconique, très aigu au bout, entièrement saillant et rouge (2).

Les autres tubitèles ont huit yeux. On peut, à raison de la différence du milieu d’habitation , les partager en terrestres et en aquatiques. Quoique M. XValckenaer ait fait de celles-ci sa dernière famille des aranéïdes, celle des nayadcs , elles ont tant de rapport avec les autres tubitèles que , nonobstant cette disparité d’habitudes, il faut les placer avec elles. Dans celles qui sont terrestres, la languette est presque

(1) Voyez, quant aux autres espèces, la Faune parisienne de M. Walckenaer, et son tableau des aranéïdes.

(2) Ajoutez la ségestrie senoculee , Walck. , Hist. des aran. , Y , va; uranea senoculata Lin. , Deg.

FAMILLE DES PILEUSES

carrée ou très peu rétrécie , très obtuse ou tronquée au sommet; les mâchoires sont droites ou presque droites et plus ou moins dilatées vers leur extrémité; les deux yeux de chaque extrémité latérale du groupe oculaire sont généralement assez écartés Tun de l’autre, ou du moins ne sont point géminés et portés sur une petite éminence particulière , comme ceux des tubitèles aquatiques.

[Les Clubiones. (Clubiona. Latr.)

Ne se distinguent, guère du sous-genre suivant qu’en ce que les longueurs des filières extérieures sont peu différentes, et que la ligne formée par les quatre yeux antérieurs est droite ou presque droite. Elles font des tubes soyeux leur servant d’habitation et qu’elles placent soit sous des pierres, dans des fentes des murs, soit entre les feuilles. Les cocons sont globuleux (i).

Les Araignées propres. ( Àranea. )

Que nous avions d’abord désignées sous le nom générique de tégénaire (tegenaria) , conservé par M. Walckenaer, et auxquelles nous réunissons ses agélènes ( agelena ) et ses nysses (nyssus) , ont leurs deux filières supérieures notablement plus longues que les autres, et leurs quatre yeux antérieurs disposés en une ligne arquée en arrière ou formant une courbe.

Elles construisent dans l’intérieur de nos habitations, aux angles des murs, sur les plantes, les haies et souvent sur les bords des chemins, soit dans la terre, soit sous des pierres, une toile grande, à peu près horizontale, et à la partie supérieure de laquelle est un tube où elles se tiennent sans faire de mouvement (2).

(1) Aranea holosericea , Lin. 5 De G. , Fab. , Walck., Hist. des aran., iY , ni, fem. ; — Aranea atrox , De G. t; List. , Aran., lit. xxi, 21; Albin , Aran. , x , 48 et xvn , 82. Voyez aussi le tableau des aran. et la Faune parisienne de M. Walckenaer.

(2) Aranea domestica , Lin. , De G. , Fab. ; Clerck. , Aran. suec. , ph 11, tab. ix ; — Tegeneria civilis , Walck., Hist. des aran., Y, y; — Aranea labyrinthica , Lin. , Fab.; Clerck , Aran. suec,, p!. n , iab. vm. Voyez le tableau des aran. de M. Walckenaer,

Page 1