TOME I. l
Viennent maintenant les nayades de M. Walckenaer, ou nos tubitèles aquatiques , et qui composent le genre
D’Argyronète. (Argyroneta. Latr.)
Les mâchoires sont inclinées sur la languette, dont la forme est triangulaire. Les deux yeux de chaque extrémité latérale du groupe oculaire sont très rapprochés l’un de l'autre et placés sur une éminence spéciale ) les quatre autres forment un quadrilatère.
L ’ Argyronète aquatique ( Aranea aquatica , Lin., Geoff. , î)e G.), est d’un brun noirâtre, avec l’abdomen plus foncé, soyeux, et ayant sur le dos quatre points enfoncés.
Elle vit dans nos eaux dormantes , y nage, l’abdomen renfermé dans unebulle d’air, ets’y forme, pour retraite, une coque ovale , remplie d’air , tapissée de soie, de laquelle partent des fils, dirigés en tout sens et attachés aux plantes des environs. Elle y guette sa proie, y place son cocon, qu’elle garde assiduement, et s’y renferme pour passer l’hiver.
Le seconde section des araignées sédentaires et recti grades , celle des Inéquiteles, ou les Araignées filandieres , a les filières extérieures presque coniques, faisant peu de saillie, convergentes , disposées en rosette, et les pieds très grêles. Leurs mâchoires sont inclinées sur la lèvre et se rétrécissent, ou du moins nes’élargissent pas sensiblement, à leur extrémité supérieure.
La plupart ont la première paire de pieds, et ensuite la quatrième pluR longues. Leur abdomen est plus volumineux, plus mou, et plus coloré que dans les tribus précédentes. Elles font des toiles à réseau irrégulier , composées de fils qui se croisent en tout sens et sur plusieurs plans. Elles garottent leur proie, veillent avec soin à la conservation de leurs œufs, et ne les abandonnent point qu’ils ne soient éclos. Elles vivent.peu de temps.
Les unes ont la première paire de pieds et ensuite la quatrième plus longues. Telles sont
Les Scytodes. (Scytodes. Latr.)
Qui n’ont que six yeux, et disposés par paires. Selon
FAMILLE DES FÎLEUSES. 243
M, Dufour, les crochets des tarses sont insérés sur un article supplémentaire.
On en connaît deux espèces, dont Tune, la thoracique (i), habite l’intérieur de nos appartements , et dont l’autre, la blonde ('Annal, des scienc. phys., Y, lxxvi, 5.), a été trouvée , par ce naturaliste, sous des débris calcaires, dans les montagnes du royaume de Yalence. Elle se fabrique un tube, assez informe, d’une toile mince, d'un blanc laiteux, à peu près comme la dysdère erythrine.
Les Theridions. (Théridion. YValck. )
Dont les yeux sont au nombre de huit, et disposés ainsi : quatre au milieu en carré , dont les deux antérieurs placés sur une petite éminence, et deux de chaque côté , situés aussi sur une élévation commune. Le corselet est en forme de cœur renversé ou presque triangulaire. Ce sous-genre est très nombreux (a).
Le Théridion malmignatte ( Aranea i.3 -guttata , Fab. • Ross., Faun. etrusc., II, ix, io.) Yeux latéraux écartés en tre eux; corps noir, avec treize petites taches rondes, d’un rouge de sang, sur l’abdomen. — Toscane, île de Corse.
On croit que sa morsure est très venimeuse , et même mortelle (3).
L 9 A. maclans de Fabricius, autre espèce de théridion, mais de l’Amérique méridionale , y inspire les mêmes craintes. Il semble que ces préventions ont leur source dans la couleur noire, coupée par des taches sanguines, de ces animaux.
(il i Scytodes ihoracica, Latr. , Gener. crust. et insect. , I, v,4? Walck. , Hist. des aran. , I, x et II , suppl.
(2) Voyez le Tableau et l’Histoire des arane'ïdes de M. Walckenaer, les Annales des sciences naturelles et celles des sciences physiques. Il ! faut rapporter à ce genre les araignées bipunctata , redimita de Linnæus, V aranea albo-maculata de De Géer , etc.
[j (3) Cette espèce est le type du genre latrodecte de M. Walckenaer , qu’il distingue de celui de théridion d’après les différences des longueurs ] respectives des pieds ; mais il nda paru qu’il y avait erreur à cet égard.
| Son théridion bienfaisant ( benignuni ), Hist. des aran. , fasc. Y, ym , dont il a étudié avec beaucoup de soin les habitudes , s’établit entre les grappes de raisin, et les garantit de l’attaque de plusieurs insectes.
Les Episines. (Episinus. Walck.) v
Ont aussi liuit yeux, mais rapprochés sur une élévation commune, et le corselet étroit, presque cylindrique (i).
Les autres Inéquitèles ont la première paire de pieds et la seconde ensuite, plus longues. Tels sont
Les Pholcus. (Pholcus. Walck.)
Dont les yeux, au nombre de huit, sont placés sur un tubercule , et divisés en trois groupes : un de chaque côté , formé de trois yeux, disposés en triangle, et le troisième au milieu , un peu antérieur, composé de deux autres yeux, et sur une ligne transverse.
Le Pholcus phalangiste ( Araignée domestique , à longues pattes, Geof. ), Ph. Phalangioides.? Walck., Hist. des aran., fasc. 5 ,tab. x. Corps long, étroit, d'un jaunâtre très pâle ou livide, pubescent ; abdomen presque cylindrique, très mou, et marqué en dessus de taches noirâtres } pattes très longues , très fines , avec un anneau blanchâtre à l’extrémité des cuisses et des jambes.
Commun dans les maisons , où il file aux angles des murs une toile composée de fils lâches et peu adhérents entre eux. La femelle agglutine ses œufs en un corps rond , nu , qu’elle porte entre ses mandibules.
M. Dufour en a trouvé une seconde espèce, le Pholque à queue (Annal, des scienc. physiq., V, lxxvi, 2.), dans les fentes des rochers, à Moxente, royaume de Valence. Son abdomen se termine en une saillie conique et formant ainsi une sorte de queue, comme celui de l’épeïrc conique. De même que les précédentes, elle balance son corps et ses pattes. Les palpes du mâle ont l’organe génital très compliqué.
La troisième section des Araignées sédentaires rectigràdes, celle des Orbiteles, ou les Araignées tendeuses de plusieurs, a les filières extérieures presque coniques, peu saillantes , convergentes et disposées en rosette, et les pieds
(1) Episinus truncatus , Latr. , Gener. crust. et inseet. , tom. IV > pag. 371. Italie, environs de Paris.
FAMILLE DES FILEÜSES.
grêles comme la précédente , mais en diffère par les mâchoires , qui sont droites et sensiblement plus larges à leur extrémité.
La première paire de pieds , et la seconde ensuite , sont, toujours les plus longues. Les yeux sont au nombre de huit, et disposés ainsi : quatre au milieu, formant. un quadrilatère, et deux de chaque côté.
Elle se rapprochent des Inéquitèles par la grandeur, la mollesse, la variété des couleurs de , l’abdomen., et par la courte durée de leur vie y mais elles font des toiles en réseau, régulier, composé de cercles concentriques croisés par des rayons droits, se rendant du centre, où elles se tiennent presque toujours, et dans une situation renversée, à la circonférence. Quelques -unes se cachent dans une cavité ou dans une loge qu’elles se sont construite près des bords de la toile, qui est tantôt horizontale, tantôt perpendiculaire. Leurs œufs sont agglutinés, très nombreux, et renfermés dans un cocon volumineux.
On se sert pour les divisions du micromètre, des fils qui soutiennent la toile, et qui peuvent s’alonger d’environ un cinquième de leur longueur. Cette observation nous a été communiquée par M. Arrago.
Les Linyphies. ( Lïnyphia. Latr. )
Bien caractérisées parla disposition de leurs yeux : quatre au milieu, formant un trapèze dont le côté postérieur plus large, et occupé par deux yeux beaucoup plus gros et plus écartés 5 et les quatre autres groupés par paires , une de chaque côté , et dans une direction oblique. Leurs mâchoires ne s’élargissent qu’à leur extrémité supérieure.
| Elles construisent sur les buissons , les genêts, une toile horizontale , mince, peu serrée, et tendent au-dessus, sur |i plusieurs points, ou cBune manière irrégulière , d’autre fils, j Cette toile est ainsi un mélange de celles des inéquitèles et j des orbitèles. L’animal se tient à la partie inférieure et dans I une situation renversée (1).
j (1) Linyphia triangularis , Walck. , Hist. des aran. , Y , ix , fem. ;
| Aranea resupina silvestris , De Geer ; Aranea montana ,• Lin. 5 Clerclc , aran. , Suec. , pi. 111, lab. 15 — Aranea resupina domeslica , De G.
Les Ulobores. ( Uloborus. Latr® )
Ont les quatre yeux postérieurs placés, à intervalles égaux, sur une ligne droite , et les deux latéraux de la première ligne plus rapprochés du bord antérieur du corselet que les deux compris entre eux de sorte que cette ligne est arquée en arrière. Leurs mâchoires , ainsi que celles des épeïres , commencent à s’élargir un peu au-dessus de leur hase, et se terminent en forme de palette ou de spatule. Les tarses des trois dernières paires de pattes se terminent par un seul onglet. Le premier article des deux postérieurs a une rangée de petits crins.
Ces fileuses , ainsi que les espèces du sous-genre suivant, ont le corps alongé et presque cylindriqu e. Placées au centre de leur toile , elles portent en avant et en ligne droite les quatre pieds antérieurs , et dirigent les deux derniers dans un sens opposé^ ceux de la troisième paire sont étendus latéralement.
Ces arachnides font des toiles semblables à celles des autres orbitèles, mais plus lâches et horizontales. Elles emmaillotent, en moins de trois minutes, le corps d’un petit coléoptère qui s’est pris dans leur filet. Leur cocon est étroit, alongé, anguleux sur ses bords, et suspendu verticalement , par un de ses bouts, à un réseau. L’autre extrémité est comme fourchue, ou terminée par deux angles prolongés , dont l’un plus court et obtus ; chaque côté a deux angles aigus.
Je suis redevable de ces observations intéressantes à mon ami M. Léon Dufour.
L’ Ulobore de Walckenaer(UL TValckenaerius , Latr.) ( i ), long de près de cinq lignes, d’un jaunâtre roussâtre, couvert d’un duvet soyeux, formant sur le dessus de l’abdomen deux' séries de petits faisceaux -7 des anneaux plus pâles aux pieds. — Des bois des environs de Bordeaux ? et dans d’autres départements méridionaux.
(i) Latr. , Gener. crust. et insect. , I, 109; voyez aussi l’article Ulobore de la seconde e'dit. du Nouv. Dict. d'hist. natur.
FAMIELE des fieeüses.
Les Tetragnathes. (Tetragnatha. Latr. )
Dont les yeux sont situés, quatre par quatre , sur deux lignes presque parallèles , et séparés par des intervalles presque égaux • et qui ont les mâchoires longues, étroites, élargies seulement à leur extrémité supérieure. Leurs chélicères sont aussi fort longues, surtout dans les mâles.
Leur toile est verticale (1).
Les EpeÏres. (Epeira. Walck.)
Qui ont les deux yeux de chaque côté rapprochés par paires et presque contigus, et les quatre autres formant au milieu un quadrilatère. Leurs mâchoires se dilatent dès leur base , et forment une palette arrondie.
L’epeïre cucurbitine est la seule connue dontlatoilesoithorizontale; celle des autres est verticale ou quelquefois inclinée.
Les unes s’y placent au centre, le corps renversé ou la tête en bas; les autres se font auprès une demeure, soit cintrée de toutes parts, tantôt en forme de tube soyeux, tantôt composée de feuilles rapprochées et liées par des fils, soit ouverte parle haut et imitant une coupe ou un nid d’oiseau. La toile de quelques espèces exotiques est composée de fils si forts, qu’elle arrête de petits oiseaux, et embarrasse même l’homme qui s’y trouve engagé.
Leur cocon est le plus souvent globuleux, mais celui de quelques espèces a la figure d’un ovoïde tronqué ou d’un #cône très court.
Les naturels de la Nouvelle-Hollande (Voyage à la recherche de La Peyrouse, pag. a3g) et ceux de quelques îles de la mer du Sud, mangent, au défaut d’autre aliment, une espèce d’épeïre, très voisine de Y aranea esuriens de Fabricius.
. M.Walckenaer mentionne, dans son Tableau desaranéïdes, soixante -quatre espèces d’epéïres , et généralement remarquables par la variété de leurs couleurs, de leurs formes et
(1) Tetragnatha extensa , Waîck , Hist. des aran. , "V , vi; aranea extenso. , Lin. , Fab. , De G. ; — ; Aranea virescens ? Fab. ; — Aranea maxiilosa P ejusd. Voyez îe Tableau des Arane'ïdes de M. Walckenaer.
de leurs habitudes. Ï1 les a distribuées en diverses petites familles très naturelles , et dont nous avons cherché, à l’article Epeïre de la seconde édition du Nouveau Dictionnaire d’histoire naturelle, à simplifier l’étude. Quelques considérations importantes, telles que celles des organes sexuels, ont été négligées ou n’ont pas été assez suivies ; c’est ainsi, par exemple, que l’épeïre diadème femelle et d’autres offrent à la partie qui caractérise leur sexe , un appendice fort singulier, qui nous rappelle le tablier des femmes des Hottentots* Ces espèces doivent former une division particulière. On pourrait probablement en établir d’autres, non moins naturelles, en poursuivant cet examen.
Nous nous bornerons à citer quelques espèces principales, en commençant par les indigènes.
L ’ Epeïre diadème ( Aranea diadema , Lin., Fab.) Rœs., Insect. y IY , xxxv — xl. Grande , roussâtre, veloutée. Ab- ! domen très volumineux dans les femelles , surtout lorsqu’elles sont sur le point de faire leur ponte ; d’un brun j foncé ou d’un roux jaunâtre, avec un tubercule gros et arrondi , de chaque côté du dos , près de sa base , et une triple croix formée de petites taches ou de points blancs; palpes et pieds tachetés de noir.
Très commune en Europe , en automne. Les œufs éclosent au printemps de l’année suivante.
JJ Epeïre scalaire ( Aranea scalaris , Fab. ; Panz. Faun. , IY, xxiv.) a le corselet roussâtre, le dessus de l’abdomen ordinairement blanc, avec une tache noire, en forme de triangle renversé, oblongue et dentée. Elle fait sa toile sui\ le bord des étangs , des ruisseaux, etc.
U Epeïre a cicatrices ( Aranea cica tricosa , De G. ; A. impressa , Fab.), dont l’abdomen est aplati, d’un brun grisâtre ou d’un jaunâtre obscur, avec une bande noire, festonnée et bordée de gris , le long du milieu du dos , et huit à dix gros points enfoncés, situés sur deux lignes.
Elle file sa toile contre les murailles ou d’autres corps , et se tient cachée dans un nid de soie blanche, qu’elle se forme sous quelque partie saillante ou dans quelque cavité, à proximité de sa toile.
Elle ne travaille et ne prend dé nourriture que dans la
FAMILLE DES F'ILEÜSÉS. 2^9
nuit, ou lorsque la lumière du jour est faible. Elle se retire sous les vieilles écorces des arbres ou des pieux.
U Epeïre soyeuse ( Sericca ,’Walck., Hist. des aran. ,111, il) est couverte en dessus d’un duvet soyeux argenté ; son abdomen est aplati, sans taches et festonné sur ses bords. On latrouve dans le midi de l’Europe et au Sénégal.
U Epeïre brune ( Fusca , Walck. , Hist. des aran., H, i, fem.) est très commune dans les caves de la ville d’Angers, Son cocon est blanc, presque globuleux, fixé par un pédicule, et composé de fils très fins et doux au toucher, comme de la laine.
Celui deÀ’ Epeïre fasciée(Fasciala, Walck., Hist. des aran., 111, i,fem. ) est long d’environ un pouce, ressemble à un petit ballon, de couleur grise, avec des raies longitudinales noires , et dont une des extrémités est tronquée et fermée par un opercule plat et soyeux. L’intérieur offre un duvet très fin , qui enveloppe les œufs. Cette espèce s’établit sur les bords des-ruisseaux, et y file une toile verticale, peu régulière, au centre de laquelle elie se tient. Elle est très commune au midi de la France. Son corselet est couvert d’un duvet soyeux et argenté ; son abdomen est d’un beau jaune, entrecoupé, par intervalles, de lignes transverses, noires ou d’un brun noirâtre, arquées et un peu ondées.
M. Léon Dufour nous a donné, dans les Annales des Sciences physiques (tom. Al, pl. XCY, 5 ) , une description détaillée de cette espèce, de ses habitudes, et nous a, le premier , fait connaître son mâle. 11 en a représenté Forgane sexuel. La verge est en forme de crin tortillé.
L 1 Epeïre cucurbitine. ( Aranea cucurbitina , Lin. • A» senoculata , Fabr. ) Walck. , Hist. des aran., 111, ni. Petite; abdomen ovoïde , d’un jaune citron , avec des points noirs; une tache rousse à l’anus. Elle file, entre les tiges et les feuilles des plantes, une toile horizontale peu. étendue.
Epeïre conique ( Aranea conica , De G., Palî.) Walkc., Ilist, nat. des aran., 111, m. Remarquable par son abdomen bossu en devant et terminé en forme de cône, avec l’anus placé au centre d’une élévation.
Elle suspend à un fil l’iilsecte qu’elle a sucé.
2 5o arachnides pulmonaires.
On peut placer à la suite de cette espèce celle que M. Dufour nomme Epeire de V opuntia (Annal, des scienc. phys. , V, lxix , 3), parce qu’elle se tient constamment au milieu des feuilles de l'agave et de l’opuntia et y établit ses filets au moyen d*un réseau à fils lâches et irrégulièrement entrelacés. Elle est noire, avec des poils blancs et couchés, formant des apparences d’écailles. Son abdomen a de chaque côté deux tubercules pyramidaux, et se termine postérieurement par deux autres, mais obtus et séparés par une large échancrure. La face postérieure de chacun de ces tubercules pyramidaux offre une tache d’un beau blanc de neige nacré ; ces taches se lient entre elles et avec une ou deux autres qui leur sont postérieures, par des lignes blanches eu zig-zag. Ces tubercules n’existent point dans les individus qui viennent de naître. Les cocons sont ovales, blanchâtres et formés de deux tuniques, dont l’intérieure est une espèce de bourre enveloppant les œufs. On trouve souvent sept, huit et même dix de ces cocons à la file l’un de l’autre. Cette espèce habite la Catalogne et le royaume de Valence.
Parmi les espèces exotiques, il y en a de très remarquables. Les unes ont l’abdomen revêtu d’une peau très ferme, avec des pointes ou des épines cornées (i). D’autres ont des faisceaux de poils aux pieds (2).
Nous passerons maintenant à des araignées sédentaires, ainsi que les précédentes, mais qui peuvent marcher de côté, à reculons et eu avant , en un mot en tous sens. C’est la section des araignées latérigrades. Les quatre pieds anté-
(1) Les araignées militaris , spinosa , cancriformis , hexacantha , tetracaniha , geminata , fornicata de Fabricius. M. Vauthier, Fun de nos meilleurs peintres d’histoire naturelle , a décrit et figuré , dans les Annales des sciences naturelles (tom. I , pag. 261) , une espèce de cette division (curvicauda), très remarquable par son abdomen élargi postérieurement et terminé par deux longues épines arquées : elle est de Java. Ces espèces épineuses pourraient former un sous-genre propre.
(2) Les araignées pilipes, clavipes , etc., de Fabricius. M. Leach forme avec son A . maculata le genre nephisa. Voyez le Tableau et FHistoire des aranéides de M. Walckenaer.
FAMILLE DES FILEUSES. 25 l
rieurs sont toujours plus longs que les autres; tantôt la seconde paire surpasse la première, tantôt l’une et l’autre sont presque égales; l’animal les étend, dans toute leur longueur, sur le plan de position.
Les chélicères sont ordinairement petites, et leur crochet est replié transversalement , comme dans les quatre tribus précédentes. Leurs yeux sont toujours au nombre de huit , souvent très inégaux, et forment, par leur réunion, un segment de cercle ou un croissant; les deux latéraux postérieurs sont plus reculés en arrière , ou plus rapprochés des bords latéraux du corselet que les autres. Les mâchoires sont, dans le grand nombre, inclinées sur la lèvre. Le corps est d’ordinaire aplati , à forme de crabe , avec l’abdomen grand, arrondi et triangulaire.
Ces arachnides se tiennent tranquilles, les pieds étendus , sur les végétaux. Elles ne font point de toile, et jettent simplement quelques fils solitaires , afin d’arrêter leur proie. Leur cocon est orbiculaire et aplati. Elles se cachent entre des feuilles, dont elles rapprochent les bords, et le gardent assidûment jusqu’à la naissance des petits.
Les Micrommates. (Micrommata. Latr. — Sparctssiis.
Walck. )
Qui ont les mâchoires droites, parallèles et arrondies au bord, et les yeux disposés quatre par quatre, sur deux lignes transverses, dont la postérieure plus longue, arquée en arrière. Les seconds pieds et les premiers ensuite sont les plus longs de tous. La languette est demi circulaire (i).
On trouve communément dans les bois des environs de Paris :
La Micrommate smaragdine .( Aranea smciragdula , Fab.; A . viridissima , De (L ) Clerck. , Aran. Suec., pl'. 6, tab. iv, qui est de grandeur moyenne, d’un vert de gramen, avec les côtés bordés d’un jaune clair, et l’abdomen
(i) M. Walckenaer place ce genre dans la série de ceux qui sont composés d’espèces à la fois vagabondes et sédentaires , tels que les attes , ou nos saltiques , les thomises , les philodrotnes , les drasses , les clubiones 5 et qui n’ont que deux crochets aux tarses.
d’un jaune verdâtre, coupé sur le milieu du dos par une ligne verte.
Elle lie trois à quatre feuilles en un paquet triangulaire, en tapisse l’intérieur d’une soie épaisse, et place au milieu son cocon , qui est rond , blanc , et laisse apercevoir les œufs. Ces œufs ne sont point agglutinés.
Le Micromniate argelas (Dufour, Ann. des Scienc. pliys., VI, pag. 006, XGV, 1 '7 Walck. , Hist. des aran. , IV, 11), dont la dénomination rappelle aux naturalistes l’un de nos savants les plus zélés, que j’ai signalé à leur estime comme mon sauveur dans la tourmente révolutionnaire , est l’une de nos plus grandes espèces, et dontM. Dufour a complété la description que j’en avais donnée, et observé les habitudes. Son corps est long de sept à huit lignes, d’un blond cendré, garni de duvet, et plus ou moins moucheté de noir. Le dessus de l’abdomen offre, depuis son milieu jusqu’au bout, une bande formée d’une suite de petites taches, en forme de hache , de cette dernière couleur. On voit sous le ventre une bande longitudinale, pareillement noire, mais grise dans son milieu. Les pieds sont annelés de noir. Cette espèce avait été découverte, aux environs de Bordeaux, par le naturaliste auquel je l’ai dédiée. M. Dufour l’a depuis trouvée dans les montagnes les plus arides du royaume de Valence. Elle court avec vélocité, les pattes étendues latéralement- ses peiottes onguicuiaires lui donnent la facilité de s’accrocher sur les surfaces les plus lisses et dans toute position. Elle établit à la face inférieure des fragments de rochers, une coque qui a beaucoup d’analogie, par sa contexture, avec celle du clotho de Durand. Elle s’y retire pour semettre à l’abri des mauvais temps , échapper à ses ennemis et faire sa ponte. C’est une tente ovale, de près de deux pouces de diamètre, appliquée sur les pierres, à peu près comme les patelles miarines. Elle se compose d’une enveloppe extérieure, d’un taffetas jaunâtre, fin comme de la pelure d’ognon , mais résistant, et d’un fourreau intérieur plus souple, plus moelleux et ouvert aux deux bouts. C’est par des ouvertures, munies de soupapes , que l’animal sort. Le cocon est globuleux, placé-
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au-dessous de sa demeure, de manière qu’il peut le couver ., et renferme environ une soixantaine d’œufs.
Le même naturaliste a décrit et figuré une autre espèce, le M. a tarses spongieux (Ann. des scienc. phys. , V, lxix , 6. ), qu’il a trouvée sur un arbre, dans un jardin de Barcelone. Mais je présume, d’api ès ses habitudes, et quelques caractères descriptifs , que cette aranéïde appartient au genre philodrome de M. Walckenaer (i).
Les Senelqpes. ( Senelops. Duf. )
Font le passage du sous-genre précédent au suivant. Les mâchoires sont droites ou très peu inclinées, sans sinus latéral , et vont en pointe, étant tronquées obliquement au côté interne. La languette est demi circulaire, comme celle desmicrommates. Mais les yeux ont une autredisposition.On en voit six en devant, formant une ligne transversales deux autres sont postérieurs et situés , un de chaque côté, derrière chaque extrême de la ligne précédente. Les pattes sont longues; les seconds et ensuite ceux des deux paires suivantes surpassent les deux premiers en longueur.
L’espèce servant de type, le Senelops omalosome{J)\iÇo\i\\ Ann. des scienc. phys. , V, lxix, 4 ), a été trouvée par M. Dufour dans le royaume de Valence, mais elle y est fort rare. Son corps est long d’environ quatre lignes, très aplati, d’un roussâtre gris, avec des mouchetures cendrées, et des anneaux noirs aux pattes. L’abdomen semble présenter postérieurement des vestiges d’anneaux, formant latéralement des apparences de dents. Elle habite les rochers, et fuit avec la rapidité d’un trait. On la trouve aussi en Syrie ( Collection de M. Labillardière ) et en Egypte. Le Sénégal , le cap de Bonne-Espérance et l’île de France en fournissent d’autres espèces.
(i ) Voyez , pour d’autres espèces, le tableau des aranéïdes de M. Walckenaer, et son Hist. des araüéides, fasc. IV, Sparassus roseus , X , mâle ibid. , fasc. II , vin , mâle. Je crois qu’il faut rapporter à ce sous-genre Yaranea venatoria de Linnæus (Sloan, Hist. nat. de la Jam. , ccxxv ï, 2; Nhamdiu, 2? Pison) ; et une autre espèce des Grandes-Indes , très analogue à la précédente , que l’on voit figurée sur des dessins et des tapisseries venant de la Chine.
Les Philodromes. (Philodromus. Walck. ) (i).
Diffèrent des deux sous-genres précédents par leurs mâ« choires inclinées sur la languette; cette partie est en outre plus haute que large. Les yeux, presque égaux entre eux, forment toujours un croissant ou un demi-cercle. Les latéraux ne sont jamais portés sur des tubercules ou sur des éminences. Les chélicères sont alongées et. cylindriques. Les quatre ou les deux derniers pieds ne diffèrent pas notablement en longueur des précédents.
Suivant M. Walckenaer, ces aranéides courent avec rapidité, les pattes étendues latéralement, épient leur proie, tendent des filets solitaires pour la retenir, se cachent dans des fentes ou dans des feuilles, qu’elles raprochent pour faire leur ponte.
Les unes ont le corps aplati, large, l’abdomen court, élargi postérieurement et les quatre pattes intermédiaires plus alongées. Telle est le Philodrome tigré ( thomise tigrée, Latr. ; Araneus margaritarius , Clerck. , VI, ni; Schæff. , Icon . , lxxi, 8; Frisch., Ins., io , centur., II, xiv ; Aranea levipes , Lin. ? ). Cette espèce est longue de trois lignes. Ses deux yeux intermédiaires antérieurs et les quatres latéraux sont situés sur un espace un peu plus élevé, et les latéraux, selon le même naturaliste, sont un peu plus gros ou du moins plus apparents. Le thorax est très large, aplati, d’un fauve rougeâtre, brun latéralement et postérieurement, et blanc par devant. L’abdomen, qui semble former un pentagone, est tigré , à raison des poils roux, bruns et blancs dont il est revêtu. Il est bordé de brun sur les côtés, et a, au milieu du dos, quatre ou six points enfoncés. Le ventre est blanchâtre. Les pattes sont longues, fines, rougeâtres, avec des taches brunes.
Cette espèce est très commune sur les arbres , les cloisons de bois, les murailles, etc. , et s’y tient les pattes étendues et comme collées. Dès qu’on la touche, elle s’enfuit avec une extrême rapidité, ou. se laisse tomber en dévidant un fil qui la soutient. Son cocon est d’un beau
(i) Ce sous-genre formait, dans la première édition de cet ouvrage , notre première division des Thomises.
FA-MILLE DES FILEUSES. 2 55
blanc et renferme environ cent œufs qui sont jaunes et libres. Elle le place dans les fentes des arbres ou des poteaux exposés au nord, et le garde assidûment.
Les autres philodromes , qui , dans la méthode de M. Walckenaer , forment plusieurs petits groupes, ont le corps et quelquefois les chélicères proportionnellement plus longs. L’abdomen est tantôt pyriforme ou ovoïde, tantôt cylindrique. La seconde paire de pattes, et ensuite la4 première ou la quatrième sont les plus longues,
Nous citerons le Philodrome rhornbif&re (Faun. franc. , ara.néide, vi, 8, mâle). Son corps est long de trois lignes et demie, roussâtre; les seconds pieds et les deux derniers ensuite sont les plus longs; le thorax est brun sur les côtés; l’abdomen est ovoïde et offre en-dessus une tache noire ou brune, eo losange, et bordée de blanc.
Le Philodrome oblong{ Walck., ibid.y tab: ead., fig. g), appartient à la même division, sous le rapport des proportions relatives des pattes et de la disposition des yeux; mais l’abdomen est plus long, presque cylindrique ou en cône alongé , avec trois raies longitudinales et des points bruns, sur un fond jaunâtre, qui est aussi la couleur du thorax. Cette partie offre, dans son milieu, deux raies brunes, formant un Y alongé.
Ces deux espèces se trouvent aux environs de Paris. Voyez , quant aux autres, la Faune française, d’où nous avons extrait les descriptions précédentes.
Les Thomises. ( Thomisus. Walck. )
Diffèrent desphiîodromespar leurs chélicères, proportionnellement plus petites et cunéiformes, et par leurs quatre pieds postérieurs, très sensiblement où même subitement plus courts que les précédents. Les yeux latéraux sont sou- ! vent situés sur des éminences, tandis que ceux .des philo- ! dromes sont constamment sessiles. ici encore les deux latéraux postérieurs sont plus rejetés en arrière que les deux ! intermédiaires de la même ligne, tandis que dans les thomises ces quatre yeux sont à peu près de niveau.
- Lesespècesde cesous-genre sont cellesqu’on a plus particulièrement désignéessous le nom à’ Araignées crabes. Les mâles»
sont souvent très différents, par les couleurs, des femelles , et beaucoup plus petits.
Les unes, toutes exotiques(i) ont les yeux disposés, quatre par quatre, sur deux lignes transverses, presque parallèles, et dont la postérieure plus longue.
Dans les autres, qui forment le plus grand nombre, l’ensemble de ces yeux représente un croissant, dont la convexité est antérieure et en dehors.
' Le Thomise arrondi ( Aranea glohosa , Fab. ) Aranea ir~ regularis , Panz. , Faun. , Insect. Gérai. , fasc. 74 ? tak* xx? fem. ; Walck. Faun., franc., aranéid. , vi , 4. Long de près de trois lignes , noir , avec l’abdomen globuleux, rouge ou jaunâtre tout autour du dos.
Le Thomise à crête. {Cris ta tu s ; Clerck., Aran. suec.,pl.6, tab. vi.Taille du précédent; corps d’un roussâtre gris, quelquefois brun, parsemé de poils , avec de petites épines aux pieds; yeux latéraux plus gros, et portés sur un tubercule; une raie transverse , jaunâtre , sur le devant du corselet; deux autres formant un V, de la même couleur, ! sur son dos ; abdomen arrondi , avec une bande jaunâtre, ayant de chaque côté trois divisions, en forme de dents, sur le milieu de son dos. Cette espèce est commune, et j se trouve souvent à terre.
Le Thomise cilron{Aranea citrea., De G.; Schœff., ïcon. 1 Insect. , tab. xix , i3. D’un jaunâtre citron , avec l’abdo- ) men grand , plus large en arrière, et ayant souvent, sur 1 le dos , deux raies ou deux taches rouges, ou couleur de souci. Sur les fleurs (2). v;: !
Un sous-genre, établi par M. Walckenaer, sous le nom de Storene {Storena) , mais qui n’est encore connu qu’ini. parfaitement, paraît devoir terminer cette section et conduire aux onyopes, qui tiennent autant des araignées-crabes
(1) Thomisus Lamarck , Latr. , espèce voisine de Y aranea nobilis de Fab. ; — T. canceridus , Walck., ejusd. • — T . leucosia {aranea régi a ? Fab. ) ; — T. plagusius ; — T. pinnotheres.
(2) Voyez le tableau des aranèides de M. Walckenaer, laFaunefrancaise , les Annales des sciences physiques, pour des espèces d’Espagne décrites par M. Dufour; et l’article Thomise du Nouv. Dict. d’hist. nat. , 2e édition.
FAMILLE DES FILEUSES. 267
que des araignées - loups. Les storènes ont les mâchoires inclinées sur la languette, qui estpresque aussi longuequ^elle, et en forme de triangle alongé; les chélicères coniques* les deux pieds antérieurs et ensuite les seconds les plus longs de tous ; les deux suivants surpassent les derniers. Les yeux sont disposés sur trois lignes transveres , 2 , 4 •> 2 7 les deux postérieurs forment avec les deux intermédiaires de la seconde ligne, un petit carré, et les deux antérieurs sont écartés ( Voyez le Tabh des aran. de M. Walck., IX, 85, 86. ).
D’autres araignées, dont les yeux, toujours au nombre de huit, s’étendent plus dans le sens delà longueur du corselet que dans celui de sa largeur, ou du moins presque autant dans l’un que dans l’autre, et qui forment, par leur réunion , soit un triangle curviligne ou un ovale , tronqués, soit un quadrilatère, composent une seconde division générale , les Araignées vagabondes , que je nomme ainsi paropposition à celles de la première division ou des sédentaires.
Deux ou quatre de leurs yeux sont souvent beaucoup plus gros que les autres ; le thorax est grand et les pieds sont robustes; ceux de la quatrième paire, les deux premiers, ou ceux de la seconde paire ensuite , surpassent ordinaire» ment les autres en longueur.
Ces araignées ne font point de toiles, guettent leur proie, la saisissent à la course ou en sautant sur elle.
Nous les partagerons en deux sections.
La première, celle des Citigrades, se compose des x\raignées- Loups de plusieurs. Les yeux forment, par leur disposition, soit un triangle curviligne ou un ovale, soit un quadrilatère , mais dont le côté antérieur est beaucoup plus étroit que le thorax, mesuré dans sa plus grande largeur. Cette ! partie du corps est ovoïde, rétrécie en devant, et en carène, dans le milieu de sa longueur. Les pieds ne sont générale- ] ment propres qu’à la course. Les mâchoires sont toujours | droites et arrondies au bout.
La plupart des femelles se tiennent sur leur cocon, ou l’emportent même avec elles, appliqué contre la poitrine et à la base du ventre, ou suspendu à l’anus. Elles ne l’abandonnent que dans une extrême nécessité , et retournent le chercher lorsqu’elles n’ont plus rien à craindre. Elles veil- TOME I. 17
lent aussi , pendant quelque temps, à la conservation de
leurs petits.
Les Oxyopes. ( Oxyopes. Latr. — S phasus. Walck. )
Qui ont les yeux rangés deux par deux , sur quatre lignes transverses, et dont les deux extrêmes plus courtes ; ils dessinent une sorte d’ovale, tronqué aux deux bouts. La languette est alongée , plus étroite à sa base, dilatée et ar* rondie vers le bout. La première paire de pattes est la plus longue; la quatrième et la seconde sont presque égales; la troisième est la plus courte (i).
Les Ctènes. ( Ctenus. Walck. )
Ont les yeux disposés sur trois lignes transverses, s’alongeant de plus en plus (2, 4, 2) , et formant une sorte de triangle curviligne, renversé, tronqué en devant ou à sa ; pointe. La languette est carrée et presque isométrique; la quatrième paire de pieds et la première après sont les plus longues; la troisième est la plus.courte.
Ce genre a été établi sur une espèce d’arachnide assez grande, qui se trouve à Cayenne. Depuis, on en a découvert quelques autres, soit de la même colonie, soit du Brésil, mais toutes inédites.
Les Dolomedes. ( Dolomedes. Latr. )
Dont les yeux, disposés sur trois lignes transverses, 4?
2, 2 / représentent un quadrilatère, un peu plus large que long , avec les deux derniers ou postérieurs situés sur une éminence ; et qui ont la seconde paire de pieds aussi longue ou plus longue que la première , ceux de la quatrième sont plus longs. La languette est carrée et aussi large que haute, ainsi que celle des ctènes.
(1) Sphasus heterophthalmus , Walck., Hist. des aran. , fasc. III, tab. vin , fem. ; Oxyopes variegatus , Latr. -Sphasus italicus , Walck., ibid. , fasc. IV , tab. vni, fem. ; Oxyopes lineatus, Latr. , Gener. crnst. et ins. , tom, I , v, 5, fem. Voyez l’article Oxyope de la partie entomologique del’EncycI. méthodique, le tableau des aranéïdes de M, Walc-. kettâer, et la Faune française.
FAMILLE DES FILEUSES
Les uns ont les deux yeux latéraux de la ligne antérieure plus gros que les deux mitoyens compris entre eux, et l’ab* domen en ovale oblong et terminé en pointe.
Les femelles se construisent, aux sommités des arbres chargés de feuilles , ou dans les buissons, un nid soyeux, en forme d’entonnoir ou de cloche, y font leur ponte, et lorsqu’elles vont à la chasse, ou qu’elles sont forcées d’abandonner leur retraite, elles emportent toujours avec elles leur cocon, qui est fixé sur la poitrine. Clerck dit avoir vu des individus sauter très promptement sur des mouches qui volaient autour d’eux (i).
Les autres ont les quatre yeux de devant égaux , et l’abdomen ovale et arrondi au bout.
Ils habitent le bord des eaux, courent sur leur surface avec une yitesse surprenante, y entrent même un peu sans se mouiller. Les femelles font , entre les branches des végétaux , une grosse toile irrégulière , dans laquelle elles placent leur cocon. Elles le gardent jusqu’à ce que les œufs soient éclos (2).
Les Lycobes. (Lycosa. Latr. )
Qui ont encore les yeux disposés en us quadrilatère , mais aussi long ou plus long que large, et dont les deux postérieurs ne sont point portés sur une éminence. La première paire de pieds est sensiblement plus longue que la seconde, mais plus courte que la quatrième, qui surpasse, sous ce rapport, toutes les autres. Les mâchoires sont tronquées obliquement à leur extrémité interne. La languette est carrée, mais plus longue que large.
Les lycoses se tiennent presque toutes à terre, où elles
(1) Araneus mirabilis , Clerck. , Aran. Suec. , pl. v, tab. 10; Aran. rufo-fasciata , De G. $ A. obscura , Fab. Voyez la Faune française (Do- 1 lomèdes sylvains) et les Annales des sciences physiques ( dolomède spini- 1 mane, Dufour, V, lxxvi, 3).
1 (2) Dolomedes marginatus , Walck.; Araneus undatus , Clerck , V ,
tab. 1 ; De G., Insect., VII , xvi , fig. i3-i5 ; Panz , Faun. , lxxi ; 22; — Dolomedes fimbriatus , Walck. ; De G., Insect. , VII, xvi, 9-1 1 ; — Araneus fimbriatus , Clerck., V, tab. ix. Ces espèces composent la division des dolomedes riverains de M. Walck enaer.
courent très vite. Elles s’y logent dans des trous, quelles trouvent formés, ou qu’elles ont creusés, en fortifiant les parois avec de la soie, et les agrandissent à mesure Qu’elles croissent. Quelques-unes s’établissent dans les c&vités et les fentes des murs , y font des tuyaux de soie , qu’elles recouvrent à l’extérieur de parcelles de terre ou de sable. C’est dans ces retraites qu’elles muent etiju’elles passent l’hiver, après en avoir fermé , à ce qu’il paraît, l’ouverture. C’est là aussi que les femelles font fëur ponte. Elles emportent, lorsqu’elles vont en course, leur cocon, qui est fixé par des fils à l’anus. Les petits se cramponnent, à leur sortie de l’œuf, sur le corps de^eur mère, et y demeurent attachés, jusqu’à ce qu’ils soient assez forts pour chercher eux-mêmes leur nourriture.
Les lycoses sont très voraces, et défendent courageusement la possession de leur domicile.
Une espèce de ce genre , la Tarentule , ainsi nommée de la ville de Tarenie , en Italie, aux environs de laquelle elle est commune, jouit d’une grande célébrité. Dans l’opinion du peuple, son venin produit des accidents très graves, suivis même souvent de la mort, ou le tareniisme , et qu’on ne peut dissiper que par le secours de la musique et de la danse. Les personnes éclairées et judicieuses pensent qu’il est plus nécessaire de combattre les terreurs de l’imagination que les effets de ce venin , et la médecine, au surplus, offre d’autres moyens curatifs.
M. Chabrier a publié {Soc. Acad, de Lille , 4 e cahier) des observations curieuses sur la lycose tarentule du -midi de la France.
Ce genre est très nombreux en espèces, mais qu’on n’a pas encore bien caractérisées.
La Lycose tarentule ( Aranea tarentula , Lin. , Fab.) Albin. , Aram, tab. xxxix; Senguerd. de Tarent. Longue d’environ un pouce. Dessous de l’abdomen rouge, traversé dans son milieu par une bande noire.
La Tarentule du midi de la France {Lycose narbonnaise, Walck. , Faun. franç. , aran. , I, i — -4*) est un Peu moins grande, avec le dessous de son abdomen très noir, bordé de rouge tout autour.
FAMILLE DES FILELSES.
On trouve aux environs de Paris une espèce analogue , la Lycose ouvrière ( Fabrilis , Clerck. , Aran. Suec. , pl. 4, tab. 11 ; Walck. , Faun. franc. , aran. ÏI, 5. )
La Lycose à sac ( Aranea saccata , Lin. ; Araneus arnen tatus , Clerck., IV, tab. vm ; Lister, tit. 25, fig. 25). Petite, noirâtre: carène du corselet d’un roussâtre obscur, avec une ligne cendrée; un petit faisceau de poils gris, à la base supérieure de l’abdomen ; pieds d’un roux livide, entrecoupé de taches noirâtres ; cocon aplati et verdâtre, — Très commune aux environs de Paris (1).
Nous terminerons cette section par le sorn-genre,
De M.yrmécie (Mvrmecia. Latr. ) ,
Qui semble conduire à la suivante, et dont nous avons exposé les caractères dans les Annales des Sciences naturelles (tom. 111 , pag. 27). Les veux forment un trapèze court et large; il y en a quatre en devant, sur une ligne transverse; deux autres, plus intérieurs que les deux extrêmes précédents, composent une seconde ligne transverse; les deux derniers sont en arrière des deux précédents. Les chélicères sont fortes. Les mâchoires sont arrondies et très velues au bout. La languette est presque carréeyun peu plus longue que large. Les pieds sont longs, presque filiformes; ceux de la quatrième paire et de la première sont les plus longs de tous Le thorax semble être partagé en trois parties , dont l’antérieure, beaucoup plus grande, est carrée, et dont les deux autres en forme de nœuds ou de bosses. L’abdoinèn est beaucoup plus court que le thorax, et recouvert, depuis sa naissance jusque vers son milieu, d’un épiderme solide.
La Myrméciejauve y sur laquelle j’ai établi ce genre, se trouve au Brésil ; mais il paraît qu’il en existe d’autres espèces dans la Géorgie américaine.
La seconde section des Araignées vagabondes , celle des Sàltigrades, désignées par d’autres sous le nom à’ Araignées
(1) Voyez , pour les autres espèces, le Tableau et rHistoire des arane'ïdes de M. Walckenaer , et la partie des arane'ïdes du même, dans ia Faune française. Consultez encore l’article Lycose de la seconde édition du Nouv. Dict. d’hist. natur.
phalanges j a les yeux disposés en un grand quadrilatère , et dont le côté antérieur , ou la ligne formée par les premier^ , s’étend dans toute la largeur du corselet; cette partie du corps est presque carrée ou en demi-ovoïde , plane ou peu bombée en dessus, aussi large en devant que dans le reste de son étendue , et tombe brusquement sur les côtés. Les pieds sont propres à la course et au saut.
Les cuisses des deux pieds de devant sont ordinairement remarquables par leur grandeur.
L’araignée à chevrons blancs de Geoffroy , espèce de saltique, très commune en été , sur les murs ou sur les vitres exposés au soleil, marche comme par saccades, s’arrête tout court après avoir fait quelques pas , et se hausse sur les pieds antérieurs. Vient-elle à découvrir une mouche, un cousin surtout, elle s’en approche tout doucement, jusqu’à une distance qu’elle puisse franchir d’un trait, et s’élance tout d’un coup sur l’animal qu’elle épiait. Elle ne craint pas de sauter perpendiculairement au mur , parce qu’elle s’y trouve toujours attachée par le moyen d’un fil de soie, et qu’elle le dévide à mesure qu’elle avance. Il lui sert encore à se suspendre en l’air j à remonter au point d’où elle était descendue, ou à se laisser transporter par le vent d’un lieu à l’autre. Ces habitudes conviennent, en général , aux espèces de cette division.
Plusieurs se construisent, entre des feuilles, sous des pierres, etc., des nids de soie, en forme de sacs ovales et ouverts aux deux bouts. Ces arachnides s’y retirent pour se reposer, changer de mue, et se garantir des intempéries des saisons. Si quelque danger les menace , elles en sortent aussitôt et s’enfuient avec agilité.
Des femelles se font , avec la même matière, une espèce de tente, qui devient le berceau de leur postérité , et où les petits vivent, pendant quelque temps, en commun avec leur mère.
Quelques espèces , semblables à des fourmis, élèvent leurs pieds antérieurs, et les font vibrer très rapidement.
Les mâles sé livrenfquelquefois des combats très singuliers par leurs manœuvres, mais qui n’ont aucune issue funeste.
FAMILLE DES F1LEUSES.
Un sous-genre, établi par M. Rafinesque , celui De Tessarops (Tessarops. ),
Nous paraît se rapprocher beaucoup du suivant, à raison de la plupart de ses caractères et de ses habitudes, mais s’en éloigner beaucoup, s’il n’y a pas d’erreur, sous le rapport du nombre des yeux, qui ne serait que de quatre. ( Voy. les Annales générales des Sciences physiques, tom. Y1IÏ , p. 88. ) Un autre sous-genre, qui ne nous est pareillement connu que par sa description, est celui
De Palpimane (Falpimanus. ),
Publié par M. Dufour, dans les Annales des Sciences physiques (V, lxix, 5), et qui lui paraît intermédiaire entre les érèses et les saltiques. La disposition des yeux est à peu près la même que dans le premier de ces deux sous-genres. La languette est pareillement Triangulaire et pointue , et les mâchoires sont encore dilatées et arrondies au bout; mais, suivant ce naturaliste , elles seraient inclinées et non droites comme celles des érèses. L’article terminal des tarses antérieurs serait inséré latéralement et dépourvu de crochets, il n’en décrit qu’une espèce ( Palpimane bossu)* Elle ne saute point, marche avec assez de lenteur, et se trouve sous les pierres , dans le royaume de Valenc’e; mais elle y est très rare.
M. Lefèvre a rapporté de Sicile une nouvelle espèce d’aranéïde , qui me paraît être de ce genre.
Dans les deux sous-genres suivants, le nombre des yeux est toujours de huit, et les mâchoires sont droites.
Les Erèses. (Eresus. Walck.)
Qui ont près du milieu de l’extrémité antérieure du corselet, quatre yeux rapprochés en un petit trapèze, et les quatre autres sur ses côtés, et formant aussi un autre quadrilatère , mais beaucoup plus grand. Leur languette est triangulaire et pointue. Leurs tarses sont terminés par trois crochets (1).
(1) Eresus cinnaberinus , Walck.; Aranea quatuor-guitata , Ross., Faun. etrusc. , tom. II, 1, 8 , 9; Coqueb. , Illust. , icon. Insect. , decas. III , xxvn, 12 ; — - Aranea nigra + Ve tag., Specim, insect. Ca-
Les Saltiques. (Salticus. Latr. — Attus. Walck.)
Qui ont quatre yeux , dont les deux intermédiaires plus gros , en avant du corselet, sur une ligne transverse, et les autres près des bords latéraux, deux de chaque côté ; ils forment ainsi un grand carré ouvert postérieurement, ou une parabole. La languette est très obtuse ou tronquée au sommet. Les tarses n’offrent, à leur extrémité, que deux crochets.
Plusieurs mâles ont de très grandes chélicères.
Les uns ont le corselet épais et en talus, très incliné à sa base.
Le Saltique de Sloane. ( Aranea sanguinolenta , Lin.) Noir , une ligne blanche formée par un duvet , de chaque côté du' corselet; abdomen d’un rouge cinabre, avec une tache alongée , noire, au milieu du dos. — Midi de la France , sur les pierres (i).*
Les autres ont le corselet très aplati, et presque insensi- j blement en pente , à sa base.
Tantôt leur corps est simplement ovale, garni de poils ou de duvet épais, avec les pieds courts et robustes.
Le Saltique chevronné {Aranea scenica , Lin.; Y Araignée a chevrons , Geoff. ) Araignée à bandes blanches , De G. , Insect., YIÏ , xvn, 8, 9. Long d’environ deux lignes et demie ; dessus noir , avec les bords du corselet et trois lignes en forme de chevrons sur le dessus de l’abdomen, blancs. — Très commune (2).
lab. M. Dufour a décrit, dans les Annales des sciences physiques, deux espèces d’Espagne, l’une , Vërèse acanihophile (VI, xcv ,3,4) est mon érèse rayé du nouy. Dict. d’hisL natur. ; l’autre , Ve'rèse impérial ( V , Lxix , 2 ) a de grands rapports avec V aranea nigra de Pétagua , citée cidessus. Ces deux espèces sont représentées dans la Faune française, aran. , pl. iv , 3, 4? 5. Voyez aussi, même planche, fîg. 7, Yérèse 1 cinabre.
(1) Cette division comprend les attes suivants de M. Walckenaer : bicolor , chalybeius , niger, cup reus , muscorura , Y aranea grossipes de De Géer,
(2) Ajoutez aitus tardigradus , Walck, Hist. des aran. , V, iv, fera.
Vo vez son tableau des aranéides.