FAMILLE DES PÉ DIP ALPES
Tantôt leur corps est étroit , al o âgé , presque cylindrique et ras ; les pieds sont longs et grêles.
Le Saltiqu efou rm i{ Form icarius .) Avança formicaria^De G . Insect., tora. VII, xvm, i, 2; atte fourmi, Walck.,Faun. Franc., aran , V, i -3. Roux; devant du corselet noir ; des bandes noires et deux taches blanches sur l’abdomen (i).
La seconde famille des Arachnides pulmonaires, celle
Des PÉDIP ALPES (Pédipalpi.) ,
Nous offre des palpes très grands, en forme de bras avancés , terminés en pince ou en griffe ; des chélicères ou antenne-pinces à deux doigts , dont Pun mobile ; un abdomen composé de segments très distincts , sans filières au bout , et les organes sexuels situés à la base du ventre. Tout le corps est revêtu d’un derme assez solide; le thorax est d’une seule pièce , et présente , près des angles antérieurs, trois ou deux jeux lisses, rapprochés ou groupés ; et près du milieu de son extrémité antérieure , ou postérieurement , mais dans la ligne médiane, deux autres yeux lisses, pareillement rap» prochés. Le nombre des sacs pulmonaires est de quatre ou de huit.
Les uns^, qui forment le genre
Tarentule (Tarantula. Fabric.),
Ont l’abdomen attaché au thorax par un pédicule ou par une portion de leur diamètre transversal, sans la-
CO Voyez y pour toutes les autres espèces de ce sous-genre, la partie des aranëïdes de la Faune française. M. Walckenaer , auteur de cette partie, mentionne , dans son tableau des aranëïdes, une espèce renfermée dans du succin.
mes en forme de peigne à sa base inférieure, ni d’aiguillon à son extrémité. Leurs stigmates , au nombre de quatre, sont situés près de l’origine du ventre, et recouverts d’une plaque. Leurs anteqne-pinces ( mandibules des auteurs ) sont en griffe, ou terminées simplement par un crochet mobile. Leur languette est alongée, très étroite , en forme de dard et cachée. Ils n’ont que deux mâchoires, et formées par le premier article de leurs palpes.
Ils ont tous huit yeux , dont trois , de chaque côté , près des angles antérieurs, disposés en triangle; et deux près du milieu, au bord antérieur et portés sur un tubercule commun ou sur une petite éminence , un de chaque côté. Les palpes sont épineux. Les tarses des deux pieds antérieurs diffèrent des autres; ils sont composés de beaucoup d’articles , en forme de fil ou de soie ; et sans onglet au bout.
Ces arachnides n’habitent que les pays très chauds de l’Asie et de l’Aniérique. Leurs habitudes nous sont inconnues. On en fait aujourd’hui deux genres.
Les Phrynes. ( Phrynus. Oliv. )
Qui ont des palpes terminés en griffe, le corps très aplati, le thorax large, presque en forme de croissant ; P abdomen sans queue , et les deux tarses antérieurs très longs , très menus, semblables à des antennes en forme de soie (i).
Les Tuélyphones. ( Thelyphonus. Latr. )
Se distinguent des phrynes par leurs palpes plus courts , plus gros, terminés en pince ou par deux doigts réunis; par leur corps long, avec le thorax ovale , et le bout de l’abdomen muni d’une soie articulée, formant une queue ; leurs
(i) Phalangium reniforme , Lin.; Pall., Spicil. zool. , fasc. IX, m, 5,6; Herbst. , Monog. phal. , m ; Indes orientales, îles Séchelles ; Herbst. , ibid , iv , i , Amérique méridionale; — Tarentula reniformis , Fab. ; Pall. , Spicil. zool. , 9 , m , 3 , 4 ; Herbst. , ibid , v . 1 ; ejusd, , iv , 2 , var. ? Antilles.
famille des pédipalpes. 267
deux tarses antérieurs sont courts , d’une même venue , et à articulations peu nombreuses (1).
Les autres ont l’abdomen intimement uni au thorax par toute sa largeur, offrant à sa basé inférieure deux lames mobiles en forme de peigne , et terminé par une queue noueuse, armée, d’un aiguillon à son extrémité ; leurs stigmates sont au nombre de huit, découverts et disposés quatre par quatre , de chaque côté , de la longueur du ventre ; leurs antenne-pinces sont terminées par deux doigts», dont l’extérieur mobile. Ils forment le genre
Des Scorpions. (Scorpio. Lin. Fab.)
Qui ont le corps long et terminé brusquement par une queue longue, grêle , composée de six nœuds, dont; le dernier finit en pointe arquée et très aiguë, ou en, un dard , sous l’extrémité duquel sont deux petits trous, servant d’issue à une liqueur venimeuse, contenue dans un réservoir intérieur. Leur thorax , en forme de carré long et ordinairement marqué , dans son milieu , d’un sillon longitudinal, a dfe chaque côté, près de son extrémité antérieure , trois ou deux yeux lisses , formant une ligne courbe , et vers le milieu du dos deux autres yeux lisses rapprochés. Les palpes sont très grands, avec une serre au bout, en forme de main ; leur premier article forme une mâchoire concave et arrondie. A l’origine de chacun des quatre pieds
(1) Phalangium caudaium, Linn. ; Pall. , Spicil. zool. fasc. IX, 111 , 1 , 2, de Java, L’Amérique méridionale fournit une autre espèce, décrite | et figurée dans le Journal de Physique et d’Histoire naturelle ( 1777 ) ; les habitants de la Martinique l’appellent le vinaigrier. Une troisième espèce, plus petite que les précédentes , et dont les pattes sont fauves , habile la presqu’île en-dcçà du Gange.
antérieurs , est un appendice triangulaire , et ces pièces forment, par leur rapprochement, l’apparence d’une lèvre à quatre divisions , mais dont les deux latérales peuvent être considérées comme des sortes de mâchoires, et dont les deux autres forment la languette. L’abdomen est composé de douze anneaux , ceux de la queue compris; le premier est divisé en deux parties, dont l’antérieure porte les organes sexuels , et l’autre les deux peignes. Ces appendices sont composés d’une pièce principale, étroite, alongée, articulée, mobile à sa base, et garnie , le long de son côté inférieur , d’une suite de petites lames, réunies avec elle par une articulation, étroites, aiongéés , creuses intérieurement, parallèles, et imitant des dents de peigne ; leur nombre est plus ou moins considérable , selon les espèces ; il varie quelquefois d’une certaine quantité, et peut-être avec l’âge, •dans la même. On n’a pas encore déterminé, par des i expériences positives , quel est l’usage de ces appendices « Les quatre anneaux suivants ont chacun une paire de sacs pulmonaires et de stigmates. Immédiatement après le sixième, l’abdomen se rétrécit brusquement, et les six autres anneaux, sous la forme de nœuds , composent la queue. Tous les tarses son ^semblables, de trois articles, avec deux crochets au bout du dernier. Les quatre derniers pieds ont une base commune , et le premier article de leurs hanches est soudé ; les deux derniers sont même adossés, en partie, à l’abdomen.
Les deux cordons nerveux, partant du cerveau, se réunissent par intervalles , et forment sept ganglions , dont les derniers appartiennent à la queue. Dans toutes les autres arachnides , le nombre des ganglions est de trois au plus.
Les huit stigmates donnent dans autant de bourses blanches , renfermant chacune un grand nombre de petites lames très déliées, entre lesquelles il est probable que l’air se filtre. Un vaisseau musculeux règne le long
FAMILLE DES PÉDIDÀLPES. 269
du dos, et communique avec cliaque bourse par deux vaisseaux (1) ; d’autres branches en partent pour toutes les parties. Le canal intestinal est droit et grêle. Le foie se compose de quatre paires de grappes glanduleuses, qui versent leur liqueur dans quatre points de l’intestin. Le mâle a deux verges sortant près des peignes , et la femelle deux vulves. Ces dernières donnent dans une matrice composée de plusieurs canaux qui communiquent les uns avec les autres, et que l’on trouve au temps du part, remplis de petits vivants: les testicules sont aussi formés de quelques vaisseaux anamostosés ensemble (2).
Ces arachnides habitent les pays chauds des deux hémisphères, vivent à terre, se cachent sous les pierres ou d’autres corps , le plus souvent dans les masures ou dans les lieux sombres et frais, et même dans l’intérieur des maisons. Ils courent vite, en recourbant leur queue en forme d’arc sur le dos. Ils la dirigent en tout sens , et s’en servent comme d’une arme offensive et défensive. Ils saississent avec leurs serres les cloportes et les différents insectes , tels que des carabes , des charançons , des orthoptères , etc. , dont ils se nourrissent, les piquent avec l’aiguillon de leur queue , en la portant en avant, et font ensuite passer leur proie entre leurs chélicères et leurs mâchoires. Ils sont friands des œufs d'aranéïdes et de ceux d’insectes.
La piqûre du Scorpion d’Europe n’est pas , à ce qu’il paraît, ordinairement dangereuse. Celle du scorpion de Souvignargues , de Maupërtuis, ou de l’espèce que j’ai nommée roussdtre ( Occitanus ) , et qui est plus forte que la précédente, produit, d’après les expériences que le
(1) Voyez nos remarques pre'ce'dentes sur la circulation des arachnides pulmonaires.
(2) Consultez, sur l’anatomie des scorpions, Tréviranus , Marcel de Serres et Leon Dufour (Journ. de physique , juin 1817).
2 y O ARACHNIDES PULMONAIRES,
docteur Maccary a eu le courage de faire sur lui-même, des accidents plus graves et plus alarmants; le venin paraît être d’autant plus actif que le scorpion est plus âgé. On emploie , pour en arrêter les effets, l’alkali volatil, soit extérieurement , soit à l’intérieur.
Quelques naturalistes ont avancé que nos espèces indigènes produisent deux générations par an. Celle qui me semble la mieux constatée a lieu au mois d’août. La femelle , dans l’accouplement , est renversée sur le dos. Suivant M. Maccary, elle change de peau avant de mettre bas ses petits. Le mâle en fait autant à la même époque.
La femelle fait ses petits à diverses reprises. Elle les porte sur son dos pendant les premiers jours, ne sort pas alors de sa retraite , et veille à leur conservation l’espace d’environ un mois , époque à laquelle ils sont assez forts pour s’établir ailleurs et pourvoir à leur subsistance. Ce n’est guère qu’au bout de deux ans qu’ils sont en état d’engendrer.
Les uns ont huit yeux, et forment le genre Buthus de M. Leach.
heScorpion d? Afrique {Afer,, Lin., Fab.). Rœs., insect., 3 , lxv . — Herbst. , monog. , scorp. , i . Long de cinq à six pouces, d’un brun noirâtre, avec les serres grandes, en cœur, très chagrinées et un peu velues. Bord antérieur du corselet fortement échancré. Treize dents à chaque peigne. — Des Indes orientales, de Ceyian, etc.
Le Scorpion roussâtre ( Occitanus , Amor. ),- Tunetanus} Herbst., monog., scorp., 111, 3 :■ Buthus occitanus , Leach., Zoolog. Misceil. cxlîii. Jaunâtre ou roussâtre; queue un peu plus longue que le corps, avec des lignes élevées et finement crénelées. Vingt-huit dents et au-delà (52-65 , Maccary.) à chaque peigne. — Midi de l’Europe, Barbarie, et très commun en Espagne.
Les autres n’ont que six yeux, et composent le genre Scorpion, proprement dit, du même naturaliste.
Le Scorpion dJ Europe ( E uropœus7 Lin., Fab.). Herbst., Monog. scorp., 111, i, 2. D’un brun plus ou moins foncé,
ÀI1 ACTINIDES TRACHÉENNES. 271
avec les pieds et le dernier article de la queue d’urx brun plus clair ou jaunâtre ; serres en forme de cœur et anguleuses^ neuf dents à chaque peigne. — Les départements les plus méridionaux et orientaux de la France.
LE SECOND ORDRE DES ARACHNIDES Les TRACHÉENNES. (Tkacheariæ. )
Différent du précédent par des organes respiratoires, consistant en des trachées (i) rajonnées ou
(1) Les trachées sont des vaisseaux qui reçoivent et distribuent le fluide aérien dans tout l’intérieur du corps, et suppléent ainsi au défaut de circulation. Elles sont de deux sortes. Les tubulaires ou élastiques sont formées de trois membranes , dont l’intermédiaire, composée d’un filet cartilagineux, élastique, roulé en spirale, et dont les deux autres celluleuses. Les trachées vésiculaires ne sont formées que de deux membranes et de cette sorte. Ce sont des espèces de poches pneumatiques , susceptibles de se gonfler et de s’abaisser. Les insectes aquatiques et plusieurs autres aériens en sont dépourvus. Elles communiquent entre elles par des trachées tubulaires. Dans plusieurs orthoptères, où elles sont bien développées, des arcs cartilagineux, formés par des appendices des demi-anneaux inférieurs de l’abdomen , servent'd’attaches aux muscles qui les retiennent. Les trachées sont divisées en deux troncs principaux , s’étendant longitudinalement, un de chaque côté , et recevant l’air au moyen d’ouvertures latérales appelées stigmates, et jetant ensuite des branches et des rameaux nombreux qui répandent ce fluide. Mais dans plusieurs insectes , il existe aussi deux autres troncs plus ou moins longs , situés entre les deux précédents et communiquant avec eux. M. Marcel de Serres les distingue par la dénomination de pulmonaires : les deux ordinaires sont ^pour lui des trachées artérielles. Il distingue aussi deux sortes de stigmates : les uns,
1 simples , ou les stigmates ordinaires , consistent en deux lèvres membraneuses, ayant des fibres ou stries transverses , s’ouvrant au moyen d’une simple contraction 5 les autres stigmates, ceux qu’il nomme trémaères , sont formés d’une ou de deux pièces, mais leplüs souvent de deux, cornées, mobiles, s’ouvrant ou se fermant comme des volets. De Geer (Descript. du criquet de passage) les compare à des paupières. Ils sont propres à ' certains orthoptères , et leur position indique que ce sont les stigmates du mésothorax. M. Leon Dufour (Ann. des sc. natur., mai 1826) a donné
ARACHNIDES TRACHÉENNES.
ramifiées , et ne recevant l’air que par deux ouvertures ou stigmates; par l’absence d’organe circulatoire (1) , et à l’égard du nombre des jeux qui n’est que de deux à quatre (2). Faute d’observations anatomiques assez générales , les limites de cet ordre ne sont pas encore rigoureusement tracées. Quelques-unes mêmes de ces arachnides, telles que les pycnogooides , n’offrent aucun stigmate, et leur mode de respirer est inconnu.
Les arachnides trachéennes se partagent très naturellement en celles qui sont pourvues d’antennepinces terminées par deux doigts, dont l’un mode 1res bonnes figures de ces diverses sortes de stigmates , mais sans employer les désignations du naturaliste précédent. Il paraîtrait , d’après sa description des stigmates abdominaux, que ceux-ci ont les caractères des trémaères, tandis que ceux qu'il décrit ensuite comme différents , sont les stigmates ordinaires. Nous croyons, au surplus, que ces dissemblances ne tiennent qu’à de simples modifications des lèvres. Réaumur (Mem., I, iv, 1 6 ) a figuré un stigmate de cette dernière sorte , mais dont les lèvres ont un rebord intérieur, qui doit, selon toute apparence, être corné. Supposons qu’elles soient presque entièrement de cette consistance, nous aurons alors cette espèce de stigmate que M. Serres nomme trémaère. Quelques larves aquatiques ont des appareils respiratoires particuliers et dont nous parlerons en traitant de ces insectes.
(1) La présence des trachées exclut toute circulation complète, c’està-dire la distribution du sang aux diverses parties , et son retour des organes de la respiration au cœur. Ainsi, quoique l’on ait récemment découvert des vaisseaux dans quelques insectes (phasmes) , quoique leur existence soit possible dans diverses arachnides trachéennes , ces animaux ne rentrent pas moins, sous ce rapport, dans le système général. M. Marcel de Serres a observé que le tube intestinal des phalangium ou faucheurs jette un très grand nombre de cæcums ou d’appendices verraiformes, qui semblent avoir de l’analogie avec les vaisseaux hépatiques , et que les trachées rampent et se ramifient à l’infini sur ces cæcums.
(2) Suivant Müller, Vhydrachne umbrata a six yeux ; mais n’est-ce pas «ne erreur d’optique ou une méprise ?
FAMILLE DES FAUX SCORPIONS. 2 Ij7)
bile, ou bien par un seul, pareillement mobile, en forme de griffe ou de crochet ; et en celles où ces organes sont remplacés par de simples lames ou lancettes, et cpii, avec la languette, constituent un suçoir. Mais la plupart de ces animaux étant fort petits, cet examen entraîne de grandes difficultés , et l’on sent que de tels caractères ne doivent être employés que lorsqu’on ne peut faire autrement.
La première famille des Arachnides trachéen^ nés , celle
Des FAUX SCORPIONS (Pseudo Scorpiones. ),
A le thorax articulé, avec le segment antérieur beaucoup plus spacieux, en forme de corselet; un abdomen très distinct et annelé , des palpes très grands, en forme de pieds ou de serres ; huit pieds dans les deux sexes, avec deux crochets I égaux au bout des tarses , les deux antérieurs au plus exceptés; deux antenne-pinces ou ehélicères ! apparentes y terminées par deux doigts, et deux mâchoires formées par le premier article des palpes. Ils sont, tous terrestres et ont le corps ovale ou oblong ; cette famille ne comprend que il deux genres.
Les Galéodes. (Galeodes. 01 iv. — Solpuga. Licht.
Fab. )
Ont deux antenne-pinces très grandes , à doigts verticaux, fortement dentés, F un supérieur, fixe et soutome i. 18
2^4 ARACHNIDES TRACHÉENNES,
vent muni , à sa base, d’un appendice (i) grêle , alongé, terminé en pointe , et Fautre mobile ; les palpes grands, avancés , en forme de pieds ou d’antennes , terminés par un article court, en forme de bouton , vésiculeux et sans crochet au bout; les deux pieds antérieurs d’une figure presque semblable, pareillement mutiques, mais plus petits; les autres terminés par un taÉse, dont le dernier article, muni au bout de deux petites pelotes et de deux longs doigts, avec un crochet à leur extrémité; cinq écailles en forme de demi-entonnoir et pédicellées , sur chaque pied postérieur , disposées en une rangée le long de leurs premiers articles ; et deux jeux très rapprochés sur une éminence antérieure du premier segment thoracique , qui représente une grande tête, portant , outre les parties de la bouche les deux pieds antérieurs.
Leur corps est oblong , généralement mou et hérissé de longs poils. Le dernier article des palpes, ou leur bouton, renferme , suivant M. Dufour, un organe particulier, en forme de disque ou de cupule, d’un blanc nacré, et qui ne se présente en dehors que lorsque l’animal est irrité. Les deux pieds antérieurs peuvent être considérés comme de seconds palpes. Le labre a la forme d’un petit bec très comprimé , recourbé , pointu et velu au bout. La languette est petite , en forme de carène , et sc termine par deux soies barbues, divergentes, postées chacune sur un petit article. Les autres paires de pieds sont annexées à autant de segments. J’ai aperçu un grand stigmate , de chaque côté du corps , entre les premiers et les seconds pieds, ainsi qu’une fente a la base du ventre. L’abdomen est ovalaire et composé de neuf anneaux. [Voyez , pour d’autres particularités, la description d’une espèce découverte en Espagne par M. Dufour, et décrite et figurée par lui dans les Annales des sciences physiques, tom. Y, pl. lxix, 5. )
(i) Je ne crois pas qu’il soit exclusivement propre à F un des sexes»
FAMILLE DES FAUX-SCORPIONS. 2j5
On soupçonne que les anciens ont désigné ces arachriides sous les noms de phalangïtim , solifuga, telragnatha , etc. M. Poe en a découvert une espèce dans les environs de la Havane ; mais les autres sont propres aux pays cbauds et sablonneux de l’ancien continent. Ces animaux courent avec une extrême vitesse, redressent leur tête , semblent vouloir se défendre, lorsqu’on les surprend, et sont réputés venimeux (1).
Les Pinces. ( Chelifer. Geoff. — Obisium . Ilig. )
Ont les palpes aïongés, en forme de bras, avec une pince en forme de main et didactyle au bout ; tous les pieds égaux, terminés par deux crochets , et les yeux placés sur les côtés du tborax.
Ces animaux ressemblent à de petits scorpions privés de queue. Leur corps est aplati , avec le thorax presque carré, et ayant de chaque côté un ou deux yeux.
Ils courent vite , et souvent à reculons ou de côté , comme les crabes. Rœsel a vu une femelle pondre ses œufs et les rassembler en tas. Hermann père dit que Il ces individus les portent réunis en une pelotte sous leur ;j ventre. Il croit même, d’après une autre observation,
| que ces arachnides peuvent filer.
ISon fils ( Menu aplérol. ) divise ce genre en deux sections. Les uns ( Chelijer, Leach.) ont le premier segment du tronc, ou du thorax, partagé en deux par une ligne imprimée et transversale; les tarses d’un seul article; une espèce de stylet au bout du doigt mobile des cbéiicères , et les poils du I corps en forme de spatule.
! La Pince crabe (Phalangium cancroides 7 Lin.; Scorpio cancroides , Fab. ) Rœs. , 1ns., 111, supp. lxiv, ' vulgaire-
] (i) Solpulga falalis , Fab. ; Herbst. , Monog. , solp. ï , i , du Bengale :
— S. chelicornis , Fab. } Herbst. , ibid. , H, ï ; — Phalangium arancoides,
\ Pall., Spicil. zool, , fasc. IX, ni, 7, 8, 9. Payez, enoulre, la Monographie de ce genre publiée par Herbst. , et les Voyages de Pallas et d’Olivier.
276 ARACHNIDES TRACHÉENNES.
ment Scorpion des livrées , se trouve dans les herbiers , les
vieux livres , etc., où elle se nourrit des petits insectes qui
Içs rongent.
Une autre ( Scorpio cimicoides , Fab.)Herm., Me ni. aptér. ,
VII, 9, habite sous les écorces d’arbres, les pierres, etc.
D’autres {Obi 'sium , Leach.) ont le thorax sans division , les chélicèjres sans stylet , les poils du corps en forme de soies (1). Mais le nombre des yeux nous fournit un caractère plus important. 11 est de quatre dans les Obisies et de deux dans les Pinces proprement dites (2).
La seconde famille des Arachnides trachéennes , celle
Des PYCNOGON1DES. (Pycnogonides. )
A le tronc compose de quatre segments, occupant presque toute la longueur du corps ^ terminé à chaque extrémité par un article tubulaire, dont Y antérieur plus grand , tantôt simple , tantôt accompagné d’antenne-pinces et de palpes , ou d’une seule sorte de ces organes, constitue la bouche (3). Les deux sexes ont huit pieds propres à la course; mais les' femelles offrent , en outre , deux fausses j pattes, situées près des deux antérieurs, et servant uniquement à porter les œufs.
(1) lierai. , Mém. aptér. , y, 6; yi, i/p
(2) Voyez la Monographie des scorpionides du docteur Leach , dans j le troisième volume de son Zoological misceilany, tab. ipï et 142 ; et un j Mémoire sur les insectes du Copal, par M. Dalman, où. il en décrit et figure une espèce sous le 110m d’ eucarpus , et où il présente des observa- j lions sur d’autres espèces.
(3) Le siphon d’une grande espèce du sous-genre phoxichilë , apportée j du cap de Bonne-Espérance par feu Belalande , m’a offert des sutures longitudinales , de manière qu’il me paraît composé du labre, de la languette et de deux mâchoires, le tout soudé ensemble. Les palpes sont dès lors ceux de ces mâchoires.
FAMILLE DES PYCNOGONIDES. 2 77
' Les Pjcnogonides sont des animaux marins (1), ayant de l’analogie , soit avec les Cjames et les Chevrolles y soit avec les arachnides du genre Pha langium , ou les Faucheurs, auxquels Linnæus les a réunis. Leur corps est ordinairement linéaire , avec les pieds très longs, de huit à neuf articles , et terminés par deux crochets inégaux, paraissant n’en former qu’un seul , et dont le plus petit est fendu. Le premier article du corps, et qui tient lieu de tête et de bouche , forme un tube avancé , presque (Cylindrique ou en cône tronqué , ayant à son extrémité une ouverture triangulaire ou en trèfle. Il porte à sa base les antenne-pinces et les palpes. Les antenne - pinces sont cylindriques ou linéaires , simplement prenantes, composées de deux pièces , dont la dernière en pince , avec le doigt inférieur, ou celui qui est immobile, quelquefois plus court. Les palpes sont en forme de fil, de cinq on neuf articles, avec un crochet au bout. Chaque- •segment suivant, à l’exception du dernier y sert d’attache à une paire de pieds (2); mais le pre-
(1) Suivant M. Savigny, ils font le passage des arachnides aux crustacés. Nous ne les plaçons ici qu’avec doute.
(2) M. Milne Edwards, qui a observé ces animaux sur le vivant, m’a dit avoir vu dans l’intérieur de ces organes des expansions latérales du canal intestinal, ou des cæcums. J’en avais effectivement aperçu les traces, sous la forme de vaisseaux noirâtres, dans divers nymphons. Cette observation me porterait à croire que ces animaux respirent par la peau, caractère d’après lequel ils pourraient former un ordre particulier, et peut-être intermédiaire entre les arachnides et les insectes aptères ds l’ordre des parasites.
278 ARACHNIDES TRACHÉENNES.
mier , on celui avec lequel s’articule la bouche ; a sur le dos un tubercule portant y de chaque côté,^ deux jeux lisses, et en dessous, dans les femelles seulement, deux autres petits pieds, repliés sur eux-mêmes , et portant les œufs qui sont rassemblés tout autour d’eux, en une ou deux pelotfes. Le dernier Segment est petit , cylindrique , et percé d’un petit trou à son extrémité. On ne découvre aucuns vestiges de stigmates.
Ces animaux se trouvent parmi les plantes marines, quelquefois sous les pierres, près des rivages, et quelquefois aussi sur des cétacés.
Les Pycnogonons. (Pycnogonum. Brun. Müll. Fab.) ij
Sont dépourvus d’antenne-pinces et de palpes , et la longueur de leurs pieds ne surpasse guère celle du corps, qui est proportionnellement plus court et plus épais que dans les genres suivants. Ils vivent sur des cétacés (1).
Les Phoxichiles. (Phoxichilus. Latr. )
N’offrent point de palpes, de même que les précédents, mais ont des pieds fort longs et deux antennepinces (2).
Les Nymphons. (NYMPHON^Fab. ) Ressemblent aux Phoxichiles par la forme très étroite
(ij Müll. , Zool. dan. , exix , 10-1 2 , femelle. Trouvé sur nos côtes par MM. Surirey et d’Orbigny.
(2) Rapportez à ce genre le pycnogonum spinipes d’Otlion Fabricius, ; sa variété du P. grossipes, sans antennes 5 les phalangium aculeatum , spinosum de Montagus (Lin. Traîis. ), le njrmphon femoratum des Actes | de la Soc. d’hist. natur. de Copenhague (1797) ; 1 c nymphon hirtum | de Fabricius, qui peut-être ne diffère pas des phalangium spinipes , s pi- |
nosum , cités plus haut.
FAMILLE DES HOLÈTRES.
et oblongue de leur corps, îa longueur de leurs pieds, et la présence des au tenue -pinces ; mais ont, en outre, deux palpes (1).
La troisième famille des Arachnides trachéennes , celle
Des HOLÈTRES. (Holetra. Hermann.)
A le thorax et l’abdomen réunis en une masse, sous un épiderme commun : le thorax est tout au plus divisé en deux, par un étranglement, et l’abdomen présente seulement dans quelques-uns des apparences d’anneaux, formés par des plis de l’épiderme.
L’extrémité antérieure de leur corps est souvent avancée en forme de museau ou de bec y la plupart ont huit pieds et les autres six (2). 9
Cette famille ce compose de deux tribus.
La première tribu des Arachnides Holètres , celle des Phal ancien s ( Phalangita * Latr. ) , a des antenne-pinces très apparentes , soit en
(1) Pycnogorum grossipes , Olh. Fab. ; Müll. , Zool. dan. , cxix, 5-g , fem.; à comparer avec les nymphons gracile et femoratum du docteur Leach. (Zool. miscell. , xix , i , 2). Son genre ammothea ( A . carolinensis, ibid. , xui) diffère de celui des nymphons par les antenne - pinces beaucoup plus courtes que la bouclie , leur première pièce , ou celle de la racine, étant fort petite. Les palpes ont neuf articles, tandis que ceux des nymphons n’en offrent que cinq. Dans ce genre , ainsi que ceux de phoxiehile et de pycnogonon , le second article des tarses est fort court. Le tubercule portant les yeux est quelquefois place sur une saillie qui s’avance au-dessus de la base de l’article antérieur, ou la bouche.
(2) Le trombidium longipes d’Herman fils , Mém. aptér. , pl. 1,8, est représenté avec dix pieds, dont les deux premiers très longs. Il ne lui en donne que huit dans le texte.
ARACHNIDES TRACHÉENNES.
saillie au-devant du tronc, soit inférieures , et toujours terminées en une pince cliclactyie , précédée d’un à deux articles.
Ils ont deux palpes en forme de fil, de cinq articles , dont le dernier terminé par un petit onglet ; deux yeux distincts , deux mâchoires formées par le prolongement de l’article radical des palpes , et souvent quatre de plus (1) , et qui ne sont aussi qu’une dilatation de la hanche des deux premières paires de pieds; le corps ovale ou arrondi, recouvert, du moins sur le tronc, d’une peau plus solide ; des apparences d’anneaux ou des plis sur l’abdomen. Les pieds, toujours ay nombre de huit ,, sont longs et divisés distinctement à la manière de cqjix des insectes (2). Plusieurs au moins ( faucheurs), ont à l’origine des deux pieds postérieurs, deux stigmates, un de chaque côté , mais cachés par leurs hanches.
(1) Dans la supposition quoies deux mâchoires supérieures représentent, avec leurs palpes, les mandibules des crustacés décapodes , les quatre autres représenteront aussi les quatre mâchoires des mêmes crustacés, et les deux mâchoires, ainsi que la lèvre inférieure des insectes broyeurs. M. Marcel de Serres nous apprend que le ganglion venant immédiatement après le cerveau , est en face de la troisième paire de pattes , qui, d’après ces rapprochements, serait l’analogue de la première des insectes ; or c’est là aussi qu’est placé , dans ceux-ci , le même ganglion. Voyez l’ordre des myriapodes.
(2) Hanches , cuisses, jambes et tarses de même que dans les familles précédentes. Mais les pieds des autres arachnides trachéennes sont composés d’articles courts , dont les proportions relatives ne diffèrent que graduellement, de sorte que ces distinctions de parties sont moins appréciables.
FAMILLE DES HOLÈTRES.
La plupart vivent à terre, sur les plantes, au bas des arbres , et sont très agiles ; d’autres se cachent sous la pierre , dans la mousse. Leurs organes sexuels sont placés sous la bouche et intérieurs.
Les Faucheurs. (Phalaxgium. Lin. Fab. )
Qui ont les antenne - pinces saillantes , beaucoup plus courtes que le corps , et les jeux portés sur un tubercule commun.
Leurs pieds sont très longs, fort menus; et détachés du corps, ils donnent, pendant quelques instants, des signes d’irritabilité. Les deux sexes sont placés vis-à-vis l’un de l’autre dans la copulation , qui a lieu vers la fin de l’été. L' organe générateur du mâle a la forme d’un dard , terminé en demi-flèche. La femelle a uoroviducte membraneux, en forme de fil, flexible et annelé. Les trachées sont tubulaires.
Le Faucheur des murailles (Cornutum , Lin., mâle; Opilio , ejusd. , femelle.) Herbst., Monog. pliai., 1, 3, mâle; ihid. 1, femelle. Corps ovale , roussâtre ou cendré en dessus,- blanc en dessous; palpes longs; deux rangées de petites épines sur le tubercule portant les yeux, et des piquants sur les cuisses. Antenne-pinces cornues dans Se mâle; une bande noirâtre, avec ses bords festonnés, sur le dos, dans la femelle (1).
Un célèbre entomologiste anglais, M. Kirbv, a formé , sous le nom de Gonolepte ( Gonoleptes .), un genre propre sur des espèces qui ont les palpes épineux, avec les deux derniers articles presque de la même grandeur, subovalaires, et un fort onglet terminal ; et dont les hanches des deux pieds postérieurs sont fort grandes, soudées et forment une plaque sous le corps. Ces pieds sont éloignés des autres
(1) Consultez les Monographies de ce genre publie'es par Latreille (à la suite de l’Histoire des fourmis), Herbst et Hermann fils (Mem. aptérologv).
2b>2 ARACHNIDES TRACHÉENNES.
et rejetés en arrière (1). Dans les Faucheurs proprement dits, les palpes sont filiformes, sans épines , terminés par un article beaucoup plus long que le précédent, avec un petit crochet au bout. Tous les pieds sont rapprochés, à à hanches semblables et contiguës à leur naissance. Telles sont toutes nos espèces indigènes.
Les SlRONS. (SiRO. Latr. )
A les antenne - pinces saillantes , presque aussi longues que le corps , les yeux écartés et portés chacun sur un tubercule isolé ou sans support (2).
Les Macrochèles. ( Macrocheles. Latr. )
Ont aussi les antenne - pinces très-saillantes et fort longues ; mais leurs yeux sont nuis ou sessiles. Les deux pieds antérieurs sont fort longs et antenniformes; le dessus du corps forme une plaque ou écaille sans anneaux distincts.
Je rapporte ace genre les Acarus màrginatus et testadinarius d’Herman fils (Mémoire aptérol. pag. 76 , pl. VI , fig. 6 , et pag. 80 , pl. ix , fîg. 1 . ).
Les Trogules. (Trogulus. Latr.)
Dont l’extrémité antérieure du corps s’avance en forme de chaperon , et reçoit dans une cavité inférieure les antenne-pinces et les autres parties de sa bouche.
Leur corps est très aplati et recouvert d’une peau très ferme. Sous les pierres (3).
(1) Gonoleptes horridus , Trains. Lin. Soc. XII, xxn, 16 ; espèce du Brésil.
(2) Siro rubens , Latr. , Gener. crust. et insect. , I , vi , 2 $ ■— Acarus crassipes , Herm. , Mém. aptér. , m, 6 et ix , Q. N.
(3) Trogulus nepœformis , Lat. , Genèr. , crust. et insect. ,1, vi , 1 ; Phalangium tricarinalum , Lin. ] Midi de la France , Espagne.
FAMILLE DES HOLÈTRES. 283
La seconde tribu des Arachnides Holètres, celle des Acarides ( Acarides ), a tantôt des antennepinces , mais simplement composées d’une seule pince , soit didactyle , soit en griffe , et cachée dans une lèvre sternale ; tantôt un suçoir , formé de lames en lancette et réunies, ou n’a même pour bouche qu’une cavité, sans autres pièces apparentes.
Cette tribu est formée du genre
Des Mites. (Acarüs. L.)
La plupart de ces animaux sont très petits ou presque microscopiques. Ils sont dispersés partout. Les uns sont errants , et parmi eux on en rencontre sous les pierres , les feuilles, les écorces des arbres, dans la terre, les eaux, ou bien sur les provisions de bouche, comme la farine, la viande desséchée, le vieux fromage sec, sur les substances animales en putréfaction; d’autres vivent, en parasites, sur la peau ou dans la chair de divers animaux, et les affaiblissent souvent beaucoup par leur excessive multiplication. On attribue même à quelques espèces l’origine de certaines maladies , et particulièrement de la gale. Il paraît résulter des expériences du docteur Galet , que les mites de la gale humaine, mises sur le corps d’une personne saine, lui inoculent le virus de cette maladie. On trouve aussi diverses sortes de mites sur des insectes , et plusieurs coléoptères vivant de substances cadavéreuses ou excrémentielles , en sont quelquefois tout couverts. On en a observé jusque dans le cerveau et les yeux de l’homme.
Les mites sont ovipares et pullulent beaucoup. Plusieurs ne naissent qu’avec six pieds , et les deux autres se ; développent peu de temps après. Leurs tarses se termi-
284 ARACHNIDES TRACHÉENNES,
nent de manières diverses et appropriées à leurs habitudes.
Les unes ( Ses Acarides propres, Acarides , Latr.) ont huit pieds, uniquement propres à la course, et des antenne-pinces.
Les Trombidions. ( Trombidium. Fab. )
Qui ont des antenne- pinces en griffe ou terminées par un crochet mobile ; des palpes saillants, pointus au bout, avec un appendice mobile ou une espèce de doigt sous leur extrémité; deux yeux, situés chacun au bout d’un petit pédicule fixe , et le corps divisé en deux parties, dont la première ou l’antérieure très petite, et porte, outre les yeux et la bouche , les deux première paires de pieds.
Le Trombidion satiné ( T. holosericeum , Fab. ) Herm. , Mém. aptér. , pl. I, 2, et II, 1 , très commun, au printemps , dans les jardins; d’un rouge couleur de sang , abdomen presque carré, rétréci postérieurement, avec une échancrure; dos chargé de papilles velues à leur base, et globuleuses à leur extrémité.
On trouve aux Indes orientales une autre espèce trois à quatre fois plus grande, et qui donne une teinture rouge : c’est le T. colorant ( T. tinctorium , Fab.) Herm., Mém. apt. I, 1, (1).
Les Erythrees. (Erythræus. Latr. )
Qui ont les antenne -pinces et les palpes des Trombidions , mais dont les yeux ne sont point portés sur de pédicule, et dont le corps n’est pas divisé (2).
Les Gamases. (Gamasus. Lat. Fabr.)
Dont les antenne-pinces sont didactyles, et qui ont des palpes saillants ou très distincts, et en forme de fil.
(1) T . fuliginosum^ Herm. , Mém. apt. , 1 , 3 ; — T. bicolor , ibid. , 11, 3 ; — T. assimile , ibid. , 3 ; — T. curtipes , ibid. , 4 ; — T. trigonum , ibid. , 5 ; — T. trimaculalwn , ibid. , 6.
(3) Erythræus phalan gioides , Latr. ; Trombidium phalangioides , Herm. , ibicl., 1 ,®io; — Trombidium quisc/udiarurn , ibid. , 9 ; — T. par rietinum, ibid., 135 — T. pus ilium . ibid , 1.1 , 4 ) — T. tnuroru.ni ibid. , 5.
FAMILLE DES HOLËTIIES. 285
Les uns ont le dessus du corps revêtu , en tout ou en partie, d’une peau écailleuse (i).
Les autres ont le corps entièrement mou. Quelques espèces de cette division vivent sur différents oiseaux et quadrupèdes. On en connaît, tels surtout .que Y Acarus telarius de Linnæus, ou le Gamase tisserand , qui forment sur les feuilles de plusieurs végétaux, particulièrement sur celles du tilleul, des toiles très fines, et leur nuisent beaucoup* Cette espèce est rougeâtre, avec une tache noirâtre de chaque côté de l’abdomen.
Les Cheyletes. (Cheyletus. Lat.)
Qui ont aussi des antenne- pinces didactylcs , mais dont les palpes, sont épais , en forme de bras et terminés en faulx (2).
Les Oribates. ( Oribata. Latr. — Notaspis. Herm. )
Dont les antenne-pinces sont encore didactyles, mais dont les palpes sont très courts ou cachés 5 qui ont le corps recouvert d’une peau ferme, coriace ou écailleuse, en forme de bouclier ou dJécusson , et les pieds longs ou de grandeur moyenne. . *
Le devant du corps est avancé en forme de museau. On voit souvent une apparence de corselet. Le bout du tarse est terminé par un seul crochet dans les uns , par deux ou trois dans les autres, sans pelotte vésiculeuse.
ils se trouvent sur les pierres, les arbres, dans la mousse, et marchent lentement (3).
(1) Gamasus marginatus , Latr.; Acarus marglnatus , Herm., Me'm. apt. , vi, 6, trouve' sur le corps calleux du cerveau d’un homme; — Trombidium longipes , Herm. , ibid. , 1, 8; — Acarus coleoptrato-
I rum, Fab. ; De Geer, Mém. insect. , VII , vi, 5; — Acarus hirundinis , J| Herm., ibid. , 1 , * i3 ; > — A. vsspertilionis , ibid., i4; — Trombidium bipuslulatum , ibid. , 11, 10;- — T. socium , ibid. , n, 1 3 ; — T. tiliarium , ji ibid. ,12 ; — T. telarium , ibid. , i5 : ces trois espèces vivent en société' | sur les feuilles, les recouvrent de fils soyeux et très fins ; — T. celer ,
! ibid. , i4; — Acarus gallinœ , De Geer, Insect. , VII, vi, i3.
(2) Acarus eruditus , Schrank , Enum., Insect. , Àust. , n° io58, tab,
! 11, 1 ; ejusd. , peciculus musculi , ibid., n° 1024» 1, 5.
(3) Voyez Hermann, Mém. apie'r. , genre notaspe ; et Olivier, Encycb aiélliod. , insect. , article Oribate.
286 ARACHNIDES TRACHÉENNES.
Les Uropodes. ( Uropoda. Lat. )
Qui ont, à ce que l’analogie nous fait présumer, des chélicères en pince; dont les palpes ne sont point apparents ou saillants; dont le corps est encore recouvert d’une peau écailleuse, mais qui ont des pieds très courts , et un fil à Y a* nus, au moyen duquel ils se fixent sur le corps de quelques insectes coléoptères, et se suspendent en l’air (i).
Les àcarus. ( Acarus. Fab. Latr. — Sarcopte s. Latr. )
Ayant, ainsi que les précédents, deux antenne-pinces didactyles, des palpes très courts ou cachés, mais dont le corps est très mou ou sans croûte écailleuse.
Les tarses ont, à leur extrémité, une pelotte vésiculeuse. Plusieurs espèces se nourrissent de nos substances alimentaires. D’autres se trouvent dans les ulcères de la gale de l’homme, de celles du cheval, du chien, du chat (a).
D’autres Mites ( les Tiques , Riciniœ , Latr. ) ont aussi huit pieds et uniquement propres è la course, mais sont dépourvus d’antenne-pinces proprement dites; ces organes sont remplacés par deux lames en lancettes, formant, avec la languette , un suçoir.
Tantôt elles ont des yeux distincts , des palpes saillants , filiformes et libres; un suçoir composé de pièces membraneuses et sans dentelures , et le corps très mou. Elles sont vagabondes.
Les Bdelles. (Bdella. Lat. Fab — Scirus. Herm. )
Qui ont les palpes alongés, coudés, avec des soies ou des poils au bout; quatre yeux et les pieds postérieurs plus longs. Leur suçoir est avancé en forme de bec conique ou en alêne.
(O Acarus vegelans , De Ge'er, Insect. , VII, vu, i5. L’ acarus spini tarsus d’Hermann, Me'm. apt, , vi, 5 , forme peut être un genre intermediaire entre celui-ci et le précédent.
(2) Acarus domesticus , B 3 G. , ibid. , v, i-/j ; — Acarus siro , Fab. ;
A. scabiei , ibid., 12, i3 ; voyez la Dissertation en forme de thèse
du docteur Galet; — A. fzrinœ , ibid. , i5 5 — A. avicularum , ibid. vi? 9 ; — A. passerinus , ibid. , 12 , remarquable par la grandeur de sa troisième paire de pieds ; — A. dimidiatus , Herm. , Mém. apt. vi,4j — Trombidium expalpe , ibid., 1 1 , 8.
FAMILLE DES IIOLÈTRES. 287
Elles se trouvent sous les pierres, les écorces d'arbres, ou dans la mousse.
h&Bdelle rouge (Acarus longicornis , Lin.' La Pince rouge , Geoff. ) Scirus vulgaris , lierai. , Mém. apt. , 111 , 9 ; ÎX , S. Longue à peine d’une demi-ligne , d’un rouge écarlate, avec les pieds plus pâles. Suçoir en forme de bec alongé et pointu. Palpes à quatre articles, dont le premier et le dernier plus longs; celui-ci un peu plus court et terminé par deux soies. — Commune aux environs de Paris; sous les pierres (1).
Les Smarides. (Smaridia. Latr. )
Se distinguent des bdelles par les palpes, qui ne sont guère plus longs que le suçoir, droits et sans soies au bout; par leurs yeux au nombre de deux, et en ce que les deux pieds antérieurs sont plus longs que les autres (2),
Tantôt ces mites à huit pieds et sans antenne-pinces n’ont point d’yeux perceptibles ; leurs palpes sont , soit antérieurs et avancés, mais en forme de valvules élargies ou dilatées vers le bout, servant de gaine au suçoir, soit inférieurs; les | pièces du suçoir sont cornées, très dures et dentées; le corps ! est revêtu d’une peau coriace, ou a, du moins en avant, une plaque écailleuse.
Ces tiques sont parasites, se gorgent du sang de plusieurs animaux vertébrés , et d’abord très aplaties, acquièrent, par I la succion , un très grand volume et une forme vésiculaire. Elles sont rondes ou ovales.
Les Ixodes. ( ïxodes. Lat. Fab. — - Cynorœsthes. Hcrm. )
Dont les palpes engaînenl le suçoir et forment avec lui un bec avancé, court, tronqué et un peu dilaté au bout:
Les ixodes fréquentent les bois fourrés , s’accrochent aux
(1) Scirus longirostris , Herm. , Mém. apt. , vi , 2 5 — S. laürostris , ibid. , 11 , 1115 — S. setirostris l'ûiïà. , ni , 12 ; ix, T.
(2) Acarus sambuci , Schrank, et peut-être les trombidions suivants d’Herman ; Miniatum ,1,7; — Papillosum ,11, 65 — Scjuammatum , ibid. , 7. Le second est même très voisin de l’espèce qui sert de type au genre.
288 ARACHNIDES TRACHÉENNES,
végétaux peu élevés, par les deux pieds antérieurs , et tiennent les autres étendus. Ils s’attachent aux chiens, aux bœufs , aux chevaux , à d’autres quadrupèdes, et même aux tortues, engagent tellement leur suçoir dans leur chair, qu’on ne peut les en détacher qu’avec force et en enlevant la portion de chair qui lui adhère. Ils pondent une quantité prodigieuse d’œufs, et par la bouche, suivant M. Chabrier. Leur multiplication sur un bœuf, un cheval , est quelquefois si grande, que ces animaux en périssent d’épuisement. Leurs tarses sont terminés par deux crochets insérés sur une palette, ou réunis à leur base sur un pédicule commun.
11 paraît que les anciens désignaient ces arachnides sous le nom de Ricin. Les piqueurs appellent Louvette l’espèce qui se fixe sur le chien , ou la suivante.
U I jc ode ricin {Acarus ricinus, Lin.) Acarus reduvius De G. , Insect. , VII, vi , i., 2 ; d’un rouge de sang foncé , avec la plaque écailleuse antérieure plus foncée ; côtés du corps rebordés, un peu poilus; palpes engainant le suçoir.
UIxode réticulé ( Reticulatus , Latr., Fab. ), Acarus rj reduvius , Schrank, Enum. insect. , Aust., n° io43 , 111, s
I , 2; Cynorhœstes pictus , Hermann ; cendré, avec de petites taches et de petites lignes annulaires d’un brun rougeâtre ; bords de l’abdomen striés; palpes presque ovales. ,
II s’attache aux bœufs , et a, lorsqu’il est tuméfié , cinq ; à six lignes de longueur.
L’étude des espèces de ce genre n’a pas été suffisamment 1 approfondie (1).
Les Argas. ( Argas, Latr. — Rhynchoprion. Herm. )
Diffèrent des Ixodes par la situation inférieure de leur bouche et par leurs palpes qui n’engaînent pas le suçoir, ont une forme conique et sont composés de quatre articles, : et non de trois, comme dans le genre précédent.
(1) Acarus cegyjJtiuSy Lin. ; Herm. , Mém. apt. , iv, 95 L. 5 iv, i3 ;
Acarus rhinocerolis , De G., Insect., VII, xxxvm, 5, 65 — Acarus
americanus, Lin.; — A. nigud, De G. , ibid. , xxxvir, 9, i3. Voyez le genre ixodes de Fabricius , et le travail ge'ne'ral du docteur Leach sur les insectes aptères de Linnæus (Trans. linn. Soc. , tom. XI).
FAMILLE DES HOLÈTRES. 289
UArgas borde ( Ixodes rejlexus , Fab. ) Lat. , Gen. crust. et insect. , I, vi, 3 ; Herm., Mém. apt. , IV, 10, iî; d’un jaunâtre pâle, avec des lignes couleur de sang foncé , ou obscures et anastomosées. — Sur les pigeons, dont il suce le sang.
Une autre espèce , VArgas de Perse ( Malleh de Mianeh ). décrite par des voyageurs sous le nom de punaise venimeuse de Miana, a été , ainsi que d’autres ixodes, l’objet d’une notice très curieuse, publiée par M. Gotthéf Fischer de Waldheim.
D’autres Mites ( les Hydrachnelles, Hydrachnellœ , Lat. ) ont encore huit pieds, mais ciliés et propres à la natation.
Elles forment le genre Hydrachna de Millier (1), ou celui d 'Athaxde Fabricius, et vivent uniquement dans l’eau. Leur ! corps est généralement ovale ou presque globuleux et très mou. Celui de quelques mâles se rétrécit postérieurement, d’une manière cylindrique ou en forme de queue ; leurs parties génitales sont placées à son extrémité; la femelle les a sous le ventre. Le nombre des yeux varie de deux à quatre,
; et va même jusqu’à six, suivant Millier, jî La bouche des espèces que j’ai pu étudier m’a offert les trois modifications suivantes, et qui ont servi de base à trois coupes génériques , mais auxquelles il est presque impossible de rapporter toutes les espèces d’hydrachnes de J Millier, ce naturaliste ne les ayant pas décrites avec assez de détails.
; Les Eylaïs. (Eylais. Latr. )
! Oui ont des antenne-pinces terminées par un crochet mobile (2).
Les Hydrachnes. ( Hydrachna. Latr. )
ji Dont la bouche est composée de lames formant un suçoir | avancé, et dont les palpes ont, sous leur extrémité, un ap pendice mobile (3).
(1) Hydrarachna , Herm.
(2) Atax exlendens , Fab. ; Müll. , îx , 4-
(3) A. geograp/iicus , Fab. ; Müll. , vm ,3*5 A. globator, Fab. , Müll. ; îx , i .