LE TROISIÈME ORDRE DES INSECTES
Les PARASITES (Parasita. Lat. — Anoplura. Leach.),
Ainsi nommés de leurs habitudes ( voyez plus bas ) , n’ont que six pieds , et sont aptères de même
i (1) Podura arborea. Lin. ; De Géer, Insect., VII , 11, 1-7; — P.
J nivalis , Lin. ; De G. ibul. , 8-105 — P. aquatica , Lin. ; De G., ibid. .
11 175 — P. plumbea , Lin. ; De G. , ibid , iit , 1- 4 ; — P. ambulans , Lin. ; De G., ibid. , 5-6 ; — P. aquatica grisea , De G., ibid. , 11 , 18, ai.
Les Podures vaga , villosa , cincta , annulata , pus ilia , lignorum , fimttaria , de Fabricius.
(2 ) Podura atra , Lin.; De Géer, ibid.y ni, 7-1 4 5 les Podures vi- \ridis , polypoda , minuta , signala , de Fab.
que les thysanoures; mais leur abdomen n'a point d'appendices articulés et mobiles. Ils n'ont, pour organes de la vue , que quatre ou deux petits yeux lisses ; leur bouche est en grande partie intérieure, et présenté au dehors soit un museau ou un mamelon avancé renfermant un suçoir rétractile , soit deux lèvres membraneuses et rapprochées , avec deux mandibules en crochets. Ils ne forment dans Linnæus que le genre des
Poux. (Pediculus. L.)
Leur corps est aplati , presque transparent , divisé en douze ou onze segments distincts, dont trois pour le tronc , portant chacun une paire de pieds. Le premier de ces segments forment souvent une espèce de corselet. Les stigmates sont très distincts. Les antennes sont courtes , de la même grosseur , composées de cinq articles et souvent insérées dans une échancrure. Chaque côté de la tête offre un ou deux petits yeux lisses. Les pieds sont courts et terminés par un ongle très fort ou par deux crochets, dirigés l’un yers l’autre. Ces animaux s’accrochent ainsi facilement , soit aux poils des quadrupèdes, soit aux plumes des oiseaux, dont ils sucent le sang, et sur le corps desquels ils passent leur vie et se multiplient. Ils attachent leurs œufs à cçs appendices cutanés. Leurs générations sont nombreuses et se succèdent très rapidement. Quelques causes particulières^ et qui nous sont inconnues, les favorisent d’une manière extraordinaire, et c’est ce qui a lieu, par rapport au pou de U homme r~dans la maladie pédiculaire ou phtiriase, et même dans notre enfance. Ces insectes vivent constamment sur les mêmes quadrupèdes et sur les mêmes oiseaux , ou du moins sur des animaux de ces classes
INSECTES PA K'ASITES. 545
qui ont des caractères et des habitudes analogues. Un oiseau en nourrit souvent de deux sortes. Leur démarche est, en général , assez lente.
Les uns ( Pediculea, Leach ), tels que
Les Poux proprement dits (Pediculus. Deg. ),
Ont pour bouche un mamelon très petit, tubulaire , situé à l’extrémité antérieure de la tête, en forme de museau , et renfermant, dans l’inaction , un suçoir. Leurs tarses sont composés d’un article dont la grosseur égale presque celle de la jambe , terminé par un ongle très fort, se repliant sur une saillie, en forme de dent de la jambe, et faisant avec cette pointe l’office de pince. Ceux que j’ai observé ne m’ont offert que deux yeux lisses, un de chaque côté.
L’homme en nourrit de trois sortes ; leurs œufs sont connus sous le nom de lentes.
Dans les deux espèces suivantes, le thorax est bien distinct de l’abdomen , de sa largeur et de longueur moyenne. Elles forment le genre pediculus, proprement dit, du docteur Leach (i).
„ Le Pou humain du corps ( P. humanus corporis , De G. , Insec.t., VII, ï, 7). D’un blanc sale, sans taches, avec les découpures de l’abdomen moins saillantes que dans îa suivante. Elle vient uniquement sur le corps de l’homme, et pullule d’une manière effrayante dans la maladie pédiculaire.
Le Pou humain de la tête. ( P. humanus capitis , De G., ïnsect., "VII , 1 , 6. ) Cendré, avec les espaces où sont situés les stigmates bruns ou noirâtres; lobes ou découpures de l’abdomen arrondis. — Sur la tête de l’homme, et particulièrement des enfants.
Les mâles de cette espèce et de la précédente ont, à l’extrémité postérieure de leur abdomen , une petite pièce écailleuse et conique, en forme d’aiguillon, probablement l’organe sexuel.
Les Hottentots, les Nègres, différents singes, mangent les
(t) Zoolog. misceîlan., III .
poux, ou sont phtirophages. Oviedo prétend avoir observé que cette vermine abandonne, à la hauteur des Tropiques, les nautoniers espagnols qui vont aux Indes, et qu’elle les reprend au même point, lorsqu’ils reviennent en Europe. On dit encore que dans l’Inde, quelque sale que l’on soit, l’on n’en a jamais qu’à la tête.
Il fut un temps où la médecine employait le pou de l’homme pour les suppressions d’urine , en l’introduisant dans le canal de l’urètre.
Le docteur Leach forme un genre propre, phthirus , avec le Fou du pubis ( P. pubis , Lin. ), Red. , Exp. , xix, i • qui a le corps arrondi et large, le thorax très court , se confondant presque avec l’abdomen , et les quatre pieds postérieurs trè^forts. On le désigne vulgairement sous le nom de Morpion. Il s’attache aux poils des parties sexuelles et des sourcils. Sa piqûre est très forte.
Consultez , pour ces espèces vivant sur l’homme ? le beau traité des maladies de la peau du docteur Alibert, médecin j du roi.
Redi a figuré, mais grossièrement, plusieurs autres espèces, qui se trouvent sur divers quadrupèdes. Celle qui vit sur Iç porc a le thorax très étroit , avec l’abdomen fort large. Elle est le type du genre Hœmatopinus de M. Leach (i), le pou du bufle , figuré par De Géer ( insect., VII, i, 12), présente des caractères plus importants.
Les autres ( Nirmidea , Leach ), tels que
Les Ricins (Ricinus. De G.; — Nirrnus , Herm. Leach. ),
Ont la bouche inférieure , et composée à l’extérieur de deux lèvres et de deux mandibules en crochet. Leurs tarses sont très distincts, articulés et terminés par deux crochets
égaux.
A l’exception d’une seule espèce , celle du chien , toutes les autres se trouvent exclusivement sur les oiseaux. Leur
P) Zoolog. miscellan, , cxlvi ; P. suis , Panz. , Faun. insect. Gerrn. , LI , xvi.
Le Pou du cerf , Panz , ibid. , xv, appartient au genre Mélophage , de l’ordre des Diptères.
tête est ordinairement grande , tantôt triangulaire , tantôt en demi-cercle ou en croissant, et a souvent des saillies angulaires. Elle diffère quelquefois dans les deux sexes , de même que les antennes. J’ai aperçu , dans plusieurs , deux yeux lisses rapprochés de chaque côté de la tête. Suivant des observations que m’a communiquées M. Savigny, ces insectes ont des mâchoires avec un palpe très petit sur chacune d’elles , et cachées par la lèvre inférieure , qui a aussi deux organes de la même sorte. Ils ont encore une espèce de langue.
M. Leclerc de Laval m’a dit avoir vu , dans leur estomac , des parcelles de plumes d’oiseaux, et croit que c’est leur seule nourriture. De Géer assure cependant avoir trouvé l’estomac du ricin du pinçon rempli de sang7 dont il venait de se gorger. L’on sait aussi que ces insectes ne peuvent vivre long-temps sur les oiseaux morts. On les voit alors se promener avec inquiétude sur leurs plumes, particulièrement sur celles de la tête et des environs du bec.
Kédi en a aussi représenté un grand nombre d’espèces.
Les unes ont la bouche située près de l’extrémité antérieure de la tête. Les antennes sont insérées à côté, loin des yeux ,et très petites (i).
Dans les autres 7 la bouche est presque centrale $ les antenues sont placées très près des veux, et leur longueur égale presque la moitié de celle de la tête (*2).
Un célèbre naturaliste allemand, le docteur Nitzsch, professeur à Halle, a fait une étude très approfondie dei’organi sation tant intérieure qu’extérieure de ces animaux, ainsi que l’atteste son Mémoire sur les insectes épizoïques , inséré dans le Magazin entomoîogique de M. Germar. Le genre
,(i) Pediculus sternœ himndinis , Lin.; De G., Insect. , VII, rv, 12; — Pediculus corvi coracis, Lin.; De G., ibid. , 11; — Ricinusjringillcs De G., ibid. ., 5,6, 7; — Pediculus tinnunculi , Panz., ibid. , xvn.
(2) Picinus gallinœ , De G. , ibid. , 1 5 : sur îa poule , les perdrix et les faisans; — P. emberizœ , De G. , ibid. , g; — P. mergi , De G. , ibid. , i3, i4; — P. canis , De G., ibid. , 16; — Pediculus pcivonis , Panz., ibid., xix ; Latr. , Hist. nat. des 'Fourni. , 389 , xii, 5. Voyez encore Panzer, ibid. , pl. xx-xxxv. Son Pediculus ardece , xvm , paraît être le même que le Ricin du plongeon de De G. , iv, 1 5.
pediculus proprement dit , ou celui dont les espèces sont munies d’un suçoir, est rangé, par lui , avec les hémiptères épizoïques. Les ricins de De Géer et d’autres, ou les nirmes d’Hermann fils , c’est-à-dire les espèces pourvues de mandibules, de mâchoires, sont rapportés à l’ordre des orthoptères , et désignés collectivement par la dénomination de mallophages. Deux genres de cette division se rapprochent des précédents, en ce que ces animaux vivent aussi sur des mammifères , tels sont ceux de Trichodecte ( Trichodectes) et de Gyrope ( Gyropus ). Dans le premier, les palpes maxillaires sont nuis ou indistincts, et les antennes sont filiformes et de trois articles. Les espèces se trouvent sur le chien , le blaireau, la belette, la fouine, etc. Dans le second, les palpes maxillaires sont apparents, les antennes sont plus grosses vers le bout et de quatre articles. Ses mandibules n’ont point de dents, les palpes labiaux sont nuis et les quatre tarses postérieurs n’ont qu’un seul crochet au bout. Ces derniers caractères le distinguent d’un autre genre ayant aussi ij des palpes maxillaires visibles , des antennes de quatre articles et plus grosses vers le bout, et la bouche antérieure, celui de Liothee ( Liotheum ). Ici les mandibules sont bidentées; les palpes labiaux sont distincts, et tous les tarses sont terminés par deux crochets. Les espèces se trouvent i. sur divers oiseaux, au lieu que les gyropes vivent sur les quadrupèdes nommés vulgairement Cochons dJinde. 1 Un quatrième et dernier genre, dont les espèces sont exclusivement propres aux oiseaux, est celui de Philoptere ( Phi lop te rus ). Les antennes ont cinq articles, dont le troisième offre souvent, dans les -mâles, un rameau, formant avec le premier une pinee ; ces organes sont i. filiformes. Les palpes maxillaires sont invisibles. Les tarses ont deux crochets à leur extrémité, mais non divergents , comme le sont ceux des liothées. Ici, d’ailleurs, les mâles ont six testicules , trois de chaque côté , et leurs quatre vaisseaux biliaires sont épaissis vers le milieu de leur longueur. Ceux des trichodectes et des phiioptères n’offrent point ce renflement, et leurs testicules ne sont qu’au nombre de quatre, deux de chaque côté. Dans ces deux genres , encore, il y a dix ovaires, cinq de chaque côté • dans les
INSECTES SUCEURS. 54g
îiothées femelles, où ce savant a pu les observer, il n’en a vu que six, trois de chaque côté. Ï1 n’a point de connaissance positive sur le nombre de ceux des gyropes femelles et de celui des tèsticules de l’autre sexe. Dans tous ces genres, le thorax est biparti , c’est-à-dire que le prothorax et le mésothorax composent le tronc apparent, et que sa troisième division ou le métathorax se réunit et se confond avec l’abdomen. M. Kirbv avait le premier, à ce que jecrois, désigné ainsi ce segment ; mais M. Nitzsch me paraît avoir aussi employé, le premier les deux autres dénominations ( voyez les généralités de la classe des insectes). Les limites de cet ouvrage nous interdisent l’exposition des sous-genres qu’il a établis. Nous remarquerons seulement que celui qu’il nomme Goniodes , le quatrième du genre philoptère, est uniquement propre aux gallinacés. Dans le recueil de mémoires qui termine notre histoire des fourmis, nous avons décrit avec détail une espèce de ricin ( Philoptère ).
. M. Léon Dufour a formé avec le pou de la mélilte de i M. Kirbv , déjà très bien observé par De Géer , qui le prend pour la larve du méloe proscarabée , ainsi que par ce célèbre entomologiste anglais, un nouveau genre ( Trion j gulin des andrenettes ) , dont il a publié et représenté les caractères dans le tome treizième (g, li. ) des Annales des sciences naturelles. Si cet insecte n’était point la larve de ce méloe, ainsi que le pense M. Kirby, nul doute qu’il ne formât, dans l’ordre des parasites, un sous-genre propre; 'mais, d’après les recherches de MM. Lepeletier et Servile , le sentiment de De Géer est confirmé.
|j LE QUATRIÈME ORDRE DES IJYSECTES,
Les SUCEURS(Suctoria .De G.; — Siphonaptera.'Lâ.tT.'),
Qui composent le dernier des insectes aptères , ont pour bouche un suçoir de trois (i) pièces, renfermeés entre deux lames articulées, formant , réu-
(i) Roesel n’en représente que deux ; mais MM. Kirby et Straus en