II. Antennes de neuf ou six articles
Ijes G . macro ny que , géo risse.
01 6 INSECTES COLÉOPTÈ UES.
cinq articles , mais dont le premier petit et oblique.
( Insect. Suec. I, p. i38 . )
La seconde tribu , celle des Macrodactyles ,( Macrodactjla )J> renferme des clavicornes à jambes simples, étroites, à tarses longs, tous composés , à l’exception d’un seul sous-genre ( géorisse) , bien distingué de tous les autres de cette tribu , par ses antennes de neuf articles, et dont les trois derniers forment une massue presque solide , de cinq articles distincts, dont le dernier grand, avec deux forts crochets au bout. Le corps est épais ou convexe. Le corselet est moins arrondi, et se termine le plus souvent de chaque côté par des angles aigus.
Cette tribu a pour type principal le genre *
Dryops ( Dryops ) d’Olivier ,
Ou celui de Parnus de Fabricius, qui se divise de la manière suivante :
i° Ceux dont les antennes, jamais guère plus longues que la tête, sont composées de dix à onze articles qui, à partir du troisième , forment une massue presque cylindrique ou un peu en fuseau, arquée, et un peu en scie.
Les Potamophiles. ( Potâmophilus. Germ. — Parnus, Fab. )
Que, sans connaître rétablissement de ce sous-genre, nous avions nommé (Regin. anim. , Ilï? p. 268) Bydere ( Hydera ) , ont leurs antennes à découvert, ne se logeant point dans des cavités particulières un peu plus longues que la tête, avec le premier article presque aussi long que les suivants pris ensemble , et le second court et globuleux. Les palpes sont saillants, la bouche est entièrement à nu, le
FAMILLE DES CL AVICGRJSES. 5lJ
présternum ne s’avançant point sur elle, caractère exclusivement propre dans cette tribu à ce sous-genre (i).
Les Dryops proprement dits. (Dryops. Oliv. — Parnus. Fab, )
Dont les antennes plus courtes que la tête sont reçues dans une cavité située sous les yeux, et recouvertes, en grande partie , par le second article, qui est grand , dilaté , en forme de palette presque triangulaire, et fait une saillie en manière d’oreillette ; de là le nom d eDermeste à oreilles , donné par Geoffroy à l’espèce la plus commune (2). Les palpes ne sont point saillants.
20 Ceux dont les antennes , composées de onze articles , sont filiformes où à peine un peu plus grosses vers le bout, et presque aussi longues au moins que la tête et le corselet.
LesELMis. (Elmis. Latr. — Limnius. lîig.)
On les trouve dans l’èau , sous les pierres, ou sur les feuilles du nénuphar (3).
3° Ceux dont les an tennes, toujours fort courtes, n’offrent que neuf ou six articles et qui se terminent en une massue presque solide, ovale ou presque globuleuse.
Xes Mâcronyques. (Macronychus. Midi., G crm. )
Ont cinq articles distincts aux tarses , le corps oblong, des antennes de six articles, dont le dernier (composé peutêtre de trois ) formant une massue ovale pelles sont susceptibles de se replier sous les yeux (4).
(1) Parnus acuminatus , Fab. ; Panz. , Faun. insect. Gérai., VI, 8; — Dryops picipes , Oliv. , III ,4 s, i-, 2.
(2) Latr. , Gen. erust. et insect. , II , 55; Schoenli. , Synon. insect. , 1 , 11, p. 11 6. Le Dryops de Duméril présente quelques différences dans la longueur des pattes , la forme des antennes et du corselet, et d’après lesquelles le docteur Leach a cru devoir former avec cette espèce un genre propre , Dyops. Les autres espèces rentrent dans celui de Parnus.
(3) Latr. , ibid. ,11, p. 49; Schoen. , ibid. , I n, p. 117 ; Gyllenh. , Insect. Suec, I, p. 55 1.
(4) Macronychus yuadriluberculaLiis , Midi. ; Ilig. , Mag. , V ; Latr. , Gener. crust. et insect. , II , pag. 58; Parnus obscurus , Fab. ; Germ insect. Spec. nov. , I , p. 89.
5l8 INSECTES COLÉOPTÈRES.
Les GioRissES. (Georissus. Latr., Gyl3. — Pimelia. Fab.)
Où les tarses ne paraissent composés que de quatre articles ) dont le corps est court , renflé, presque globuleux , avec l’abdomen embrassé par les élytresj et dont les antennes offrent neuf articles , et se terminent en une massue ronde, formée par les trois derniers (i).
La cinquième famille des Coléoptères pentamères , celle
Des PALPICORNES (Palpicornes),
Nous offre , comme la précédente , des antennes terminées en massup et ordinairement perfoliée, mais de neuf articles au plus dans tous , insérées sous les bords latéraux et avancés de la tête, guère plus longues qu’elle et les palpes maxilliaires , souvent même plus courtes que ces derniers organes. Le menton est grand et en forme de bouclier.
Le corps est généralement ovoïde , ou hémisphérique , bombé ou voûté. Les pieds sont , dans plusieurs, propres à la natation , et n’ont alors que quatre articles bien distincts, ou cinq , mais dont le premier beaucoup plus court que le suivant ; tous les articles sont entiers.
Ceux dont les pieds sont propres à la natation , avec le premier article des tarses beaucoup plus court que les suivants , et dont les mâchoires sont
(ij Pimelia ppgmœa, Fab.; Georissus pygmœus , Gyll., Insect. Suce., I y ni, p. 6y5 ; Trox dubius , Panz. , Faun insect. Gérai. , LXII , 5.
FAMILLE DES PALPICORNES. 5 l’Q
en tièremenl cornées , composeront une première tribu, celle des Hydrophiliens ( Hydrophilii ), qui embrasse le genre
Des Hydrophiles (Hydrqphilus) de Geoffroy.
Linnæiis n’en a formé qu’une division ( la première) de son genre Dyiiscus ; mais l’anatomie de ees insectes diffère essentiellement. Le canal digestif des hydrophiles a beaucoup d’analogie, par sa longueur, surpassant quatre ou cinq fois celle du corps , et par sa contexture , de celui des lamellicornes, et ne se rapproche de celui des carnassiers que sous le rapport des vaisseaux biliaires. Ils n’ont ni la vessie natatoire ni l’appareil excrémentiel qui caractérisent les hydrocanthares. Dans les femelles seulement, cet appareil est remplacé par des organes sécrétant la matière propre à former le cocon renfermant les œufs, et l’anus présente, à cet effet, deux filières. Enfin, les organes génitaux masculins ont les plus grands rapports avec ceux des coléoptères de la famille précédente (i).
Les uns, dont le corps est tantôt ovale, oblong, et déprimé, ou alongé et étroit, avec le corselet inégal ou raboteux et rétréci postérieurement, les jambes grêles, munies de petits éperons, et les tarses filiformes, peu ou faiblement ciliés et terminés par deux forts crochets , ont des antennes (toujours composéesde neuf articles) finissant en unemassue presque en forme de cône renversé, légèrement perfoliée ou presque solide, et l’extrémité des mandibules entière ou terminée par une seule dent. Ces palpicornes sont tous très petits , nagent peu ou mal, habitent les eaux stagnantes et s’en éloignent quelquefois, pour se cacher dans Ja terre
(i) « La conformation et la structure des organes génitaux mâles des palpicornes justifient pleinement la place que M. Latreille leur a assignée dans le cadre entomologique, (Léon Dufour , Annal, des sc. nat. , VI , pag. 172).
ou sous des pierres. Ils composent la famille des Helophoridées ( Helophoridea ) de M. Leach , dénomination qui nous rappelle le genre Elophorus de Fabricius.
Ici la longueur des palpes maxillaires ne surpasse pas celle des antennes ou lui est même inférieure. Le chaperon est entier ou sans échancrure notable.
Tantôt les palpes maxillaires sont terminés par un article plus gros et ovalaire.
Les Elophores. (Elophorus. Fab. — Silpha. Lin. — Dermestes . Geoff. — Hydrophilus. De G. )
Ont le corps ovale, le corselet transversal, et les yeux peu élevés (i).
Les Hydrochus. (Hydrochus. Germ. — Elophorus. Fab. )
Qui ne se distinguent des précédents que par leur forme étroite et alongée , leur corselet en carré long , et la proéminence de leurs yeux (2).
Tantôt les palpes maxillaires se terminent en manière d’alène, ou par un article plus grêle, court et conique.
Les Ochthébies. (Ochthelius. Leach., Germ. — Elophorus .
Fab. — Hydrœna. Ilig. , Latr. )
Le corselet est presque semi-orbiculaire (3).
Là, les palpes maxillaires, terminés par un article plus grand que le précédent, en forme de fuseau et. pointu au bout, sont beaucoup plus longs que les antennes et la tête. Le chaperon est fortement échancré. Us ont d’ailleurs le port des Ochthébies.
Les Hydrænes. (Hydræna. Kugel., Leach.) (4)
Les autres Hydrophiüens ont le corps ovoïde ou presque
( 1 ) Les Elophores de Fabricius, à l'exception des espèces des sous-genres suivants.
(2) Elophorus eîongatus , Fab. ; E. crenuius , ejusd. ; — E. brevi s*
Gyllenh.; Voyez Germ. insect. Spec. nov. , I , pag. 90.
(3) E. pygmœus , Fab. ; Hydrœna riparia , Latr. ; — ■ Hydrœna margipallens, Latr. ; Elophorus marinas , Gyll.; Voyez Germ., ibid. p. 90.
(4) E. minimus , Fab ; GylL • Hydrœna riparia , Kugel.; H. longipajpis , Schœnh. ; Germ. , Faun. insect. Europ. , VIII , 6 ; Voyez , pour d’autres espèces , Germ. insect. Spec. nov. , I, p. 98.
FAMILLE DES PALP1C0RNES. 521
hémisphérique et généralement convexe on bombé , avec le corselet toujours beaucoup plus large que long, et uni , les jambes terminées par de forts éperons, et les tarses le plus souvent ciliés. L’extrémité de leurs mandibules présente deux dents. Ils embrassent la famille des Hydrophi lidés {Hy~ drophilidea ) du docteur Leach , ou le genre hydrophile de Fabricius.
Quelques-uns n’ont que six articles aux antennes , et leur chaperon est échancré. Tels sont
Les Sperchés. (Spercheus. Fab. ) (i)
Dans les suivants, les antennes sont toujours composées de huit ou neuf articles , et le chaperon est entier ou légèrement concave au bord antérieur.
Une espèce qui nous a été communiquée par notre ami M. Leach, nous a présenté des caractères singuliers, et qui m’ont déterminé à considérer cet insecte comme le type d’un nouveau sous-genre (2), celui
De Globaire. (Globaria.)
Que je nommerai ainsi parce que son corps est presque sphérique, comprimé latéralement , et qu’il paraît susceptible de se mettre en boule, à la manière des agathidies. Ses antennes ne m’ont paru composées que de huit articles, dont le cinquième dilaté en manière d’épine au côté interne, le suivant en cône renversé, alongé, le septième cylindrique et le dernier ou le huitième conique; ces derniers articles forment une massue fort alongée, presque cylindrique et terminée en pointe. Lés palpes maxillaires sont un peu plus courts que les antennes. Les yeux sont gros et saillants. Le
(1) Spercheus e ma rginatus , Fab. ; Panz. , Faun. insect. Germ., XCI, 4 M, Bourdon , naturaliste français, qui explore maintenant les états de la république de la Colombie, a le premier découvert cette espèce aux environs de Paris.
(2) Il semble venir plus naturellement près de celui de Bérose de M. LeacL ; mais , à raison du nombre des articles des antennes , j’ai cru devoir le placer immédiatement après les Spercbés. On pourrait , au surplus , renverser cet ordre , en commençant par les sous-genres qui ont neuf articles aux antennes , et en terminant par ceux ou elles en ont un et trois de moins, ou par les Globaires et les Spercliés,
corselet est presque semi-lunaire. Les élytres embrassent entièrement l’abdomen. La poitrine est dépourvue d’épine sternale. Les quatre jambes postérieures ont à leur extrémité un faisceau de soies , presque aussi long que le tarse : l’écusson est petit , en triangle alongé et étroit.
La seule espèce connue ( G. de Leach) est petite et exotique. Je la crois de l’Amérique méridionale.
Tous les autres hydropliiliens ont neuf articles aux antennes , et la massue est ovalaire ou ovoïde. Le corps n’est point susceptible de se contracter en boule.
Les espèces les plus grandes ont les deux articles intermédiaires de la massue antennaire, ou le septième et le huitième , en forme de rein ou de croissant irrégulier , obtus à l’un de leur bout , prolongés , arqués et pointus à l’autre, avec un vide ou écart notable entre eux • le pre mier de cette massue est cupulaire, plus prolongé au côté antérieur. Le milieu du sternum est relevé en carène , et terminé postérieurement en une pointe plus ou moins longue et très aiguë. Les palpes maxillaires sont plus longs que les antennes, avec le dernier article plus court que le précédent. Les tarses, surtout les derniers , sont comprimés , garnis d’une frange de poils ou de cils au côté interne, et terminés par deux crochets généralement petits, inégaux et unidentés inférieurement. L’écusson est assez grand.
Ces espèces composeront le sous-genre
D’Hydrophile proprement dit (Kydrophilus. Geoff., Fab. h Leach. — Dytiscus . Lin. )
Ici l’épine sternale est fortement prolongée en arrière. Le dernier article des deux tarses antérieurs des mâles est dilaté en manière de palette triangulaire. L’écusson est grand. Ce sont les Hydrous de M. Leach (i).
Les larves ressemblent à des espèces de vers, mous, à forme conique et alongée, pourvus de six pieds, avec la. tête assez grande, écailleuse, plus convexe en dessous qu’eu dessus et armée$ de mandibules fortes et crochues. Elles
(i) Zooh miscel. , III, pag, 94.
FAMILLE DES FALPICORNES.
respirent par l’extrémité postérieure du corps. Elles sont très voraces et nuisent beaucoup aux étangs , en dévorant le frai.
VH. brun ( H . piceus , Fab. • Oliv., col. III, 89,1, 1 ) , est long d’un pouce et demi, ovale, d’un brun noir, comme poli ou enduit d’un vernis , avec la massue des antennes en partie roussâtre, et quelques stries peu marquées sur les ély très , dont l’extrémité postérieure est arrondie extérieurement et prolongée en une petite dent à l’angle interne.
Il nage et vole très bien , mais il marche mal. Sa pointe sternale peut quelquefois blesser , lorsqu’on le tient dans la main , et qu’on lui laisse la liberté de se mouvoir.
L’anus de la femelle a deux filières, avec lesquelles elle forme une coque ovoïde, surmontée d’une pointe en forme de corne arquée et de couleur brune. Son tissu extérieur est une pâte gommeuse , d’abord liquide, se durcissant ensuite et devenant impénétrable à l’eau. Les œufs qu’elle enveloppe y sont disposés avec symétrie et maintenus par une sorte de duvet blanc. Ces coques flottent sur l’eau.
La larve est déprimée, noirâtre, ridée, avec la tête d’un brun rougeâtre, lisse, ronde et pouvant se renverser en arrrière. Cette faculté lui donne le moyen de saisir les petites coquilles qui nagent à la surface de l’eau. Son dos lui sert de point d’appui, et c’est sur cette sorte de table qu’elle les casse et dévore l’animal qu’elles renferment. Le corps de ces larves devient flasque, lorsqu’on les prend. Elles nagent avec facilité, et ont, au-dessous de l’anus, deux appendices charnus, qui servent à les maintenir à la surface de l’eau , la tête en bas , lorsqu’elles y viennent respirer. Suivant M. Miger, qui nous a fourni ces observations ( Annal, du Mus. d’hist. natur., XIV , 44 1 ) ? d’autres larves d’hydrophyles sont dépourvues de ces appendices, ne nagent point et ne se suspendent point comme les précédentes. Les femelles de ces espèces nagent difficilement, et portent leurs œufs sous l’abdomen, dans un tissu soyeux; mais ces espèces appartiennent aux derniers sous-genres de cette tribu.
Celui d 'hydrophile propre du docteur Leacfi se compose
52/i insectes coléoptères.
des espèces dont les tarses sont identiques dans les deux sexes et point dilatés , dont l’épine pectorale se termine avec l’arrière-sternum, et dont l’écusson est proportionnellement plus petit (i).
Dans tous les hydropliiliens suivants , les deux articles intermédiaires de la massue des antennes sont parfaitement transversaux, de forme régulière, point prolongés en manière de dent à l’un de leurs bouts , et sans vide entre eux * le dernier est obtus ou arrondi au bout. La poitrine n’offre ni carène ni épine. Les tarses sont moins ou peu propres à la natation , peu ou point ciliés et terminés par des crochets grands, égaux et simples.
Ceux dont les palpes maxillaires sont beaucoup plus longs que les antennes, avec le dernier article plus court que le précédent et cylindrique ) dont le corps est peu élevé, avec le bout des élytres tronqué ou très obtus, composent le genre
De Limnébie ( Limnèbius ) du docteur Leach (2).
Ceux dont les padpes maxillaires ne sont guère plus longs que les antennes, avec le dernier article aussi long ou plus long que le précédent, presque ovalaire et dont le corps est bombé, sont compris par le même savant anglais, dans deux autres genres. L’un , celui
D’Hydrobie ( Hydrobius )
À les yeux déprimés ou peu convexes. L’ extrémité antérieure de la tête n’est point rétrécie brusquement, et la base du corselet est de la largueur de celle des élytres (3).
Les Béroses. ( Berosus. )
Ont, au contraire, des yeux très saillants, l’extrémité antérieure de la tête brusquement rétrécie et le corselet
0) Rapportez aux Hydroiis de M. Leach , outre le piceus , les espèces suivantes de Fabricius : ater, olivaceus , rufipes , etc. Celles que celui-ci nomme Caraboides , ellip tiens , etc., sont des Hydrophiles proprement dits, pour le naturaliste anglais".
(2) H. g ris eus , truncatellus , Fab.
(3) Les H. scarabceoides , melanocephalus , orbicularis , etc.
FAMILLE DES PALPICORNES. 52 5
"plus étroit à sa base, que les élytres. Le corps est très bombé (i)«
La seconde tribu , les Sphæridiotes ( Sphœridiota ), est formée de palpicornes terrestres, à tarses composés de cinq articles . très distincts et dont le premier aussi long au moins que le suivant. Les palpes maxillaires sont un peu plus courts que les antennes , avec le troisième article plus grand, renflé, en forme de cône renversé. Les lobes maxillaires sont membraneux.
Le corps est presque hémisphérique , avec le présternum prolongé en pointe à son extrémité postérieure, et les jambes épineuses; les antérieures sont palmées ou digitées dans les grandes espèces. Les antennes sont toujours composées de neuf articles, ou simplement de huit , si l’on considère le dernier comme un appendice du précédent. ( Voyez les taupins et plusieurs antres genres de coléoptères).
Ces insectes sont petits, et habitent les bouzes et autres matières excrémentielles ; quelques espèces se tiennent près du bord des eaux.
Ils composent le genre
Des Sphéridies (Sphæridium) de Fabricius.
Mais dont il faut séparer plusieurs espèces, ce qu’avait déjà fait Olivier. Le docteur Leach n’y conserve même que celles dont les tarses antérieurs sont dilatés dans les males. Tel est
Le S. à quatre taches (Dermestes scarahœoides, Linn.;
(1) H. luridus , Fab.
Oliv. y col. II , i5 , i et 3, II, il ). 11 est d’un noir luisant, lisse, avec l’écusson alongé, les pieds très épineux, une tache d’un rouge de sang à îa base de chaque étui , et leur extrémité rougeâtre. Ces taches diminuent ou s’oblitèrent dans plusieurs individus.
Les espèces dont les tarses sont semblables dans les deux sexes , et dont la massue des antennes est lâchement imbriquée , composent le genre Cercydion (î) de ce savant. On pourrait, d’après la considération de la forme des jambes , de la disposition de leurs épines ou de leurs dentelures , diviser les sphéridies en plusieurs autres coupes qui faciliteraient Fetude des espèces , et dont le nombre paraît avoir été trop multiplié (2).
La sixième et dernière famille des coléoptères Pentamères, celle
Des LAMELLICORNES (Lamellicornes),
Nous offre des antennes insérées dans une fossette profonde, sous les bords latéraux delà tête, toujours courtes , de neuf ou dix articles le plus sou » vent, et terminée dans tous eri une massue, ordinairement composée des trois derniers , qui sont en forme de lames, tantôt disposées en éventail, ou à la manière des feuillets d’un livre, s’ouvrant ou se fermant de même , quelquefois contournées et s’emboîtant concentriquement, le premier ou l’inférieur de cette massue ayant alors la forme
(1) Les Sphéridies , unipunctatum , melanoçephalum , etc.; Zool. raiscell. , III , pag. 95.
(2) Voyez , pour les autres espèces , Olivier , Schcenherr, Gyllenhaï, Dejean , etc.
cl’ un demi-entonnoir, et recevant les autres , tantôt disposées perpendiculairement à l’axe et formant une sorte de peigne.
Le corps est généralement ovoïde ou ovalaire et épais. Le côté extérieur des deux jambes antérieures est denté, et les articles des tarses , à l’exception de quelques mâles , sont entiers et sans brosses ni pelotte en dessous. L’extrémité, antérieure de la tête s’avance ou se dilate le plus souvent en manière de chaperon. Le menton est ordinairement grand , recouvre la languette, ou est incorporé avec elle et porte les palpes. Les mandibules de plusieurs sont membraneuses, caractère qu’on n’observe clans aucun autre coléoptère. Souvent les mâles diffèrent des femelles , soit par des élévations en forme de cornes ou de tubercules du corselet ou de la tête , soit par la grandeur de leurs mandibules.
Cette famille est très considérable, et l’une des plus belles des insectes de cet ordre, sous le rapport de la grandeur clu corps, de la variété de formes du corselet et de la tête, considérés dans les deux sexes, et souvent aussi, quant aux espèces, vivant en état parfait, de substances végétales, par l’éclat des couleurs métalliques dont il est orné. Mais la plupart des autres espèces, se nourrissant de végétaux décomposés,, tels que le fumier, le tan , ou de matières excrémentielles, sont communément d’une teinte noire ou brune et uniforme. Quelques copropliages cependant ne le cèdent point , à cet
égard aux précédents. Tous ont des ailes et la démarche lourde.
Les larves ont le corps long^ presque demi cylindrique, mou , souvent ridé, blanchâtre, divisé en douze anneaux, avec la tête écailleuse, armée de fortes mandibules, et six pieds écailleux. Chaque côté du corps a neuf stigmates ; son extrémité postérieur est plus épaisse, arrondie et presque toujours courbée en dessous, en sorte que ces larves, ayant le dos convexe ou arqué, ne peuvent s’étendre en ligne droite, marchent mal sur un plan uni et tombent à chaque instant à la renverse ou sur le côté. On peut se faire une idée de leur forme par celle de la larve si connue des jardiniers , sous le nom de ver blanc, celledti hanneton ordinaire. Quelques-unes ne se changent en nymphe qu’au boni de trois à quatre ans ; elles se forment dans leur séjour, avec de la terre ou les débris des matières qu’elles ont rongées, une coque ovoïde ou en forme de boule alongée , dont les parties sont liées avec une substance glutineuse , qu’elles font sortir du corps. Elles ont pour aliments les bouzes, le fumier, le terreau, le tan, les racines des végétaux, souvent même de ceux qui sont nécessaires à nos besoins , d’où résultent pour le cultivateur des pertes considérables. Les trachées de ces larves sont élastiques, tandis que celles de l’insecte parfait sont tubulaires. Le système nerveux, considéré dans ces deux âges , présente aussi des différences
FAMILLE DES LAMELLICORNES. 52g
remarquables. Les ganglions sont moins nombreux et plus rapprochés dans l’insecte parvenu à sa dernière transformation ., et les deux postérieurs jettent un grand nombre de filets disposés en rayons. D’après les observations de M. Marcel de Serres sur les yeux des insectes, ceux de la plupart des lamellicornes offrent des caractères particuliers, et qui rapprochent leur organisation de celle des yeux des ténébrionites, des blattes et autres insectes lucifuges.
Le tube alimentaire est généralement fort long,
surtout dans les coprophages, contourné sur luimême, et le ventricule ehylifique est hérissé, de papilles , que M. Dufour a reconnu être des bourses destinées au séjour du liquide alimentaire. Les vaisseaux biliaires ressemblent, par leur nombre et leur mode d’implantation , à ceux des coléoptères carnassiers, mais ils sont beaucoup plus longs et plus déliés.
Nous partagerons cette famille en deux tribus (1).
La première , celle des Scarabéïdes ( Scara bœides') , nous offre des antennes terminées en massue feuilletée et plicatile dans la plupart , composée, dans les autres , d’articles emboîtés , soit en forme de cône renversé, soit presque globuleux.
(i) L’anatomie est, selon M. Dufour, si différente, que ces deux tribus devraient constituer deux familles. Les sections seraient alors des tribus f et formeraient quelques-unes de leurs divisions , autant de genres principaux ( Bousier , Aphodie , Géotrupe , Scarabée , Rutèle, Hanneton , Glaphyre , Cétoine , pour la première tribu ).