‹ Les cuisinièresChapitre 22 sur 29 · SCÈNE XXIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XXIII

Les Mêmes, LA BOUGUIGNONNE.

LA BOURGUIGNONNE ouvre la porte , et reste sur le seuil , cVan air hébété.

Tiens, c'est la Bourguignonne, la nouvelle du second.

LA BOURGUIGNONNE

Voulez-vous me permettre d'allumer ma lumière , mesdemoiselles?

VICTOIRE

Entrez donc, entrez donc , a-t-elle l'air godiche !

MADELAINE

Elle est toute honteuse.. ..

LA BOURGUIGNONNE, entrant le nez baissé. Quand on ne connaît pas.

FRANÇOIS

On fait connaissance^ nous sommes tous des bonsenfaHs.

LA BOURGUIGNONNE , allumant sa charulelle. Excusez, mesdemoiselles. {Elle fait une révérence^

THÉRÈSE

Ëli ben ! elle s'en va... est-ce que votre bourgeoise est chez vous ?

LA. BOURGUIGNONNE

Non, mais elle m'a donné des tabelieis à ourler. MADELAINE.

Vous les ourlerez demain ; nous allons manger des crêpes.

LA. BOURGUIGNONNE , riant.

Hum ! hum! hum! en ce cas, je vas l'éteindre ma chandelle.

THÉRÈSE

Mais non, si vous ne la laissez pas brûler, volro bourgeoise vei'ra que vous êtes sortie.

LA BOURGUIGNONNE

C'est vrai. (Elle pose sa chandelle à côté des autres.)

FRANÇOIS

Dites donc, la Bourguignonne est joliment jobarde*

MADELAINE

Elle ne fait que d'arriver.

THÉRÈSE

Vous êtes entrée de mercredi ?

LA BOURGUIGNONNE , riant»

Oui.

THERESE

Combien que vous gagnez ?

LA BOURGUIGNONNE

Vingt écus.

FRANÇOIS

Soixante fraiics !.. et pas de vin?

LA BOURGUIGNONNE

De l'eau.

FRANÇOIS

Quelle baraque !

MADELAINE

Et pas de café ?

LA BOURGUIGNONNE

Du pain sèche.

VICTOIRE

Soixante francs j. . si c'esl pas une horreur! ils prennent des jeunesses de campagne, parce qu'ils mènent ça comme ils veulent.

LA BOURGUIGNONNE

Je n'y resf.eiai pas long - temps. Sitôt que je saurai faire un peu de cuisine, mes parens m'ont dit que je nï'en irais de cheuzeux.

THÉRÈSE

C'est bien.

MADELAINE

A la bonne heure !

FRANÇOIS

Voyons , je vais mettre la poêle au feu. Pendant que la frituie chauflera, mamzeile Victoire nous chantera bergeretle.

TOUTES

Ah ! oui ! Victoire, chantez donc bergerettCè

VICTOIRE

Non , non , quand nous aurons mangé.

THÉRÈSE

Voulez-vous que j'aille vous que'rir un restant de pâté,

Ï)0ur vous prou'.er que Madame n'enferme pas tout dans e buflet. ( Elle prend sa chandelle et sort. )

VICTOIRE

Allez.

MADELEINE

Je vas VOUS apporter du vin, pour vous faire voir que Monsieur n'a pas toujours les clefs de la cave dans sa poche.

CATHERINE

Faut prendre du café, j'en ai fait pour demain, je vas le descendre. ( Elle sort. )

VICTOIRE

Eh bien ! et vous ?

LA BOURGUIGNONNE, les hras ballans.

Moi, je n'ai rien , Madame serre tout.

FRANÇOIS

Ahl la grande jeunesse, ça passera pour aujourd'hui^ mais une autre foiS; il faudra apporter queq' cho^e.

VICTOIRE

Je m'en vas toujours meltre un bout de couvert.. .

eh bien ! aidez-moi donc , vous restez là les bras ci oisés. {Elles descendent la table ^ur le ilevantdu théâtre.) LA BOURGUIGNONNE.

Oijs qu'y a des assialtes ?

Quoi ?

LA BOURGUIGNONNE

Ous qu'y a d's assialtes ?

VICTOIRE, se moquant âHelle.

Elles sont là, les assialtes. {Elle indiqua le buffet.")

FRANÇOIS

Je suispourtanl seul d'homme ici. ji l'on était t'hardi...

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