LAJEUNESSE
Que je verse... Paice que je suis cocher?... Ah! ah!
FRANÇOIS
C'est un calembourg.
TOUS, riant.
Ali ! ah '• ah !
THÉRÈSE
A vot' sauté , mam' Michel.
MÈRE MICHEL
J' VOUS f'mercie, comme dit c't' autre.
FRANÇOIS
Allons, mamzelle Victoire, ça n' se passera pas en conversation; vous nous avez promis Bergerette. VICTOIRE.
C'est que l'air est commune.
FRANÇOIS
Oui , mais elle est belle.
VICTOIRE, j'aime mieux vous chanter le départ du guernadier : Mai? avant, M. François, raconlez-nous quelque chose. FRANçois.
Oui, je veux bien vous raconter ça..... la pièce des Deux Forçats... Lia drôle d'intitulée ! Pour lors... voilà donc qu'y eu a un grand pale , habillé tout en blanc, avec un habit gris, qui doit épouser une meunière qu'a des écus. Pendant qu'ils vont à la municipalité , arrive un galérien échappé de là - bas , qu'est mal mis, une redingotte râpée... un chapeau terrible., pas de barbe faite.. . un air minable qui fait frémir. . ^ t' nez, juste comme le brigand de la Femme a Deux Maris f de l'Ambégu : on dirait que c'est le même. . . puisque y avait, à coté d' nous, des bourgeois qui disaient qu' c'était l'Ambégu qu'il l'ayait prêté à la Porte Saint - Martin , pour quelques jours, parce aue ces deux théâtres sont amis ensemble... Voilà donc que r marié r'vient, y trouve le scélérat qui l'attendait, parce qu'ils se sont trouvés ensemble à Toulon. . . Oui, l' marié avait été condamné pour un autre qu'avait fait une bassesse... C'est un beau trait ça !. . V'ià donc qui demandé au brigand, pourquoi qui vient comme ça , qu'est-ce qui Les Cuisinières. K
y a donné son adresse ? Quéque lu me veux , qui dit. — Ah l)ien! qu' dil I' galërien : Ah ! qu'esl-ce que je veux? qui dit; eh bcn ! puisque t'est à ton aise, et qu' t'est heureux , faut qu' lu m'en donnes. — Ah ! faut que je t'en donne, qui dit... quions ! c'est tout commode, qui dit ; — eh coraben qui te faut ? — Donnes-moi ce que tu voudras , mais qu' ça soye une bonne somme. — Ah ! dil 1' marié , si j'aurais su que tu aurais v'nu , je m'aurais en allé autre part, tout d' même; mais, c'esl égal , j' vas t'en donner... et j' l'invite de la noce, à condition qu' personne le verra... et que tu t'en iras tout de suite — C'est bon, qui dit, le gueux ! — Ils se quittent. — Pour enjoliver la chose, on fait v'nir des danseuses en bergères... mais des belles paysannes, avec des robes de soye et des souyers blancs... Ces paysannes - là doivent gagner de bonnes journées dans leurs déparlemens pour être si calées... et puis , quand c'est trop triste , on en fait v'nir un grand sec, qui est mince, qui vicnl dire des bêtises ; on voit qu'il met du sien , y dit un tas de mots... ça fait rire la salle; et puis quand il s'en va , on se r'met à pleurer... et pis y revient de quart d'heure en quart d'heure... parce qu'on le paye pour ça; comme à l'Anibégu dans Thérèse. Eh ben ! moi, quand je pleure, j'aime pas qu'on me fasse rire , parce que ça m' coupe ma satisfaction Quand la danse est finile , le scélérat va
dans la chambre du marié , enfonce son secrétaire , vole tous ses effets. L' marié arrive, et lui dit: Comment^ moi que j' t'ai obligé, tu me voles ma monnaie blanche et jusqu'à mes pantalons, tu es l'un gueusard! qui dit! Pour toute réponse, il reçoit un coup de pistolet de la main d'. son ami. On arrive, on panse sa blessure, et on découvre sur son épaule, deux lettres , T. F. , c' qui veut dire , galérien. Tout le mondi? pleure. Arrive un maître de poste qui s'en va; un officier en militaire , qui vient dire que le marié est un garçon honnête, qui s'a sacrifié pour un autre ; le mariage se consume; et puis ça finit par la morale, comme à la Gaîté dans la Fille de V Exilé. Comme dit M. Marty : « Toutefois et quand que l'innocence a de la vertu , tant
plus qu'on la tourmente, tant plus qu'aile doit dormir tranquille » (*). C'est sensible comme tout!...
VICTOIRE
A présent, je vas vous chanter le Départ du Gucr~ nadier, mais vous ferez chorus", y êtes-vous? J'y suis.
canio
Guer - na - dier, que tu m'af - fli - ges en m'ap — pre - naut toii dé — part ; va dire à ton ca - pi - taine qu'il [te laisse en nos can - tons, que j'en serais] ben ai - se , con - ten-te , ra — vie , de l'avoir en
;ar — m —son,