SCÈNE XXVII
Les Mêmes, M. et M-"^ CHIFFART, ouvrent la porte dufondy et demeurent stupéfaits du tableau qu'ils voyent sur le de\>ant.
FRANÇOIS , se levant avec enthousiasme.
Ah! maoïselle Victoire, faut que je vous embrasse.
MERE MICHEL
C'est juste, [riant.) Elle v'a t'avoir un garçen sur la joue , comme dit c^t' autre.
^1""= CHIFFART , sévèrement.
C'est, superbe! très-bien, très- bien, mademoiselle!
TOUS , prenant leur chandelle.
C'est ses maîtres!
La mère Michel est stupéfaite à la vue de Mad. Chiffart.
tumt CHIFFART.
Il paraît qu'on ne m'avait pas trompée , et que ça va bien quand e n'y suis pas.
VICTOIRE
Quoi donc, madame, quand l'ouvrage est faite on peut s'amuser.
M""' CHIFFART.
Oui , aux dépens de ses majlres.
VICTOIRE
Si vous croyez qu'on mange votre bien, vous vous trompez, chacun avait apporté son plat.
TOUS
Oui, madame, chacun avait apporte son plat.
FRANÇOIS
Et ceux qui n'avaient rien apporté , ont apporté leur cmabilité.
VICTOIRE
Et je suis bien libre dans ma cuisine.
M. CHIFFART, son rat décape à la main. Au fajt, si chacun avait apporté son plat...
M^e CHIFFART.
Taisez- vous, monsieur Chiffart , je sais ce que je sais.
VICTOIRE
Qu'est-ce que vous voulez dire, madame?
Mme CHIFFART.
Comme je ne veux pas que vous me laissiez dans l'emharras, je me suis précautionnée, et demain vous sortirez de chez moi.
MÈRE MICHEL
Comment, madame, vous mettez ma fille sur le pavé .'...
M™": CHIFFART.
Non, puisqu'elle a une place.
VICTOIRE , pleurnichant.
Qui est-ca qui a pu vous dire des choses pareilles ? Non , madame, je n'en ai pas.
M'"^ CHIFFART
J'en suis fâchée, j'ai arrêté Thérèse.
VICTOIRE
Comment ! Thérèse ?
THEÉRÈSE.
Dame ! vous m'aviez dit que vous quittiez... mais entrez à ma place, chez madame Goblot.
VICTOIRE
Oui , cinquante francs de moins qu'ici. Merci !
( 38 ) M. CHIFEART , à sa femme.
Mais, ma femme, puisque Victoire n'a pas de place, lu ne peux pas...
M""^ CHIFFART.
Je vous conseille de parler , qu'est-ce que j'ai trouvé dans votre gilel ? [lui montrant la reconnaissance de Victoire. ) Reconnaissez-vous ça ?
M. CHIFFART.
, C'est une reconnaissance... puisque je suis au Monlde-Piété, et que Victoire m'avait prié.... Mme CHIFFART.
u'elle retire ses effets elle-même.
( Elle lui rend la reconnaissance. )
MERE MICHEL
Madame, il ne faut humilier personne; si ma iille s'est endettée, c'était pour être utile à sa famille... d'ailleurs, comme monsieur François ne peut pas faire autrement que de l'épouser , je suis tranquille. FRANÇOIS.
A propos! je savais bien que j'étais venu pour quelque chose.
MERE MICHEL
Vous voyez.
FRANÇOIS
Je me suis arrangé avec la bourgeoise : décidément , elle me recédera son fonds Tannée prochaine •, mais en attendant, il lui faut une fille de boutiquej mamzelle Victoire, j'ai pensé à vous... ça fait que nous demeurerons toutes les deux dans la même maison, et plus tard l'hymen calmera vos chagrins
VICTOIRE
Vous^voyez, madame , que je ne suis pas sur le pavé. Monsieur, Madame, comme vous n'avez pas de reproches à me faire sur la probité , voudrez-vous me permettre de revenir vous voir.
M. CHIFFART.
Oui, Victoire, vous nous ferez toujours plaisir.
(// lui parle bas.)
M™* CHIFFART.
Allons, monsieur Chiffart , allez-vous faire long-temps la conversation ?
M. CHIFFART.
Je te suis , mignonne.
M"" CHIFFART.
Qu'est-ce que c'est que^e te suis ? passez devant.
M. CHIFFART.
Mais...
lyime CHIFFART, le poUSSant.
Passez devant.
Madame , si vous voulez voir mes effets?
M"^ CHIFFART, Sortant.
Nous verrons ça demain, il fera jour.
FRANÇOIS
Et lui signer son livret, s'il vous plaît.