SCÈNE V
VICTOIRE, M"' CHIFFART.
VICTOIRE , le regardant sortir.
Tiens, Monsieur qui a de l'eau chaude.
M"' CIFFART.
Ce n'est pas vous qui l'avez fait chauffer... Avez-vous été assez long- temps? Voyons ce marché; qu'est-ce que vous apportez de beau ? ( Klle regarde dans le panier. ) Qu'est-ce que c'est que ça ? du palleron I
VICTOIRE
Non, Madame, c'est de la tranche au petit os.
M™* CHIFFART, prenant un poulet.
Voyons ce poulet? C'est un poulet de grain, ça.
VICTOIRE
On me l'a pourtant vendu pour une pièce fine.
M™^ CniFFART.
Combien avez-vous payé cette belle bête ?
VICTOIRE
Quatre francs.
M«>e CHIFFART.
Quatre francs! J'en ai payé un, l'autre jour, 45 sous, qui valait mieux que ça. ^^
{Elle met le poui^S^' la table.)
Maisj Madame, vous grondez toujours. ^
M""' CHIFFART. ^ •
Voyons le reste. ( JElle regarde au fond dur panier.) Et Te dessert ; voilà du beau fruit ! Dieu bénisse l'arbre. [Elle le met sur une assiette. ) VICTOIRE.
Madame, vous n'êtes jamais contente; allez vousmême au marché.
MmP CHIFFART.
J'irai si je veux. Mettez votre pot au feu , et taisezvous.
VICTOIRE , mettant la viande dans la marmite qui est auprès du feu.
Air : F'aud. des Anglaises.
Tous les jours on me querelle.
Mad. CH[FFART.
Mais au lieu de laisonuer.
Vous feriez bien mieux, mam'zelle , • De songer à mon diner.
VICTOIRE , àpart.
Quelle femme insupportable.
Mad. CHIFFART, se retournant.
Elle me répond , je croi.
VICTOIRE , àpart.
J'aim'rais mieux servir le diable.
Mad. CHIFFART,
Taisez-vous et servez-moi. '
{Elle sort et emporte le fruit.)