‹ Les cuisinièresChapitre 7 sur 29 · SCÈNE TH · texte numérisé non relu

SCÈNE TH

VICTOIRE, FRANÇOIS, en veste, pantalon gris et bonnet de coton ; il porte sur t épaule un panier retnpli de pain.

VICTOIRE

Tiens , en parlant d' ça , v'ià monsieur François !

FRANÇOIS , posant son panier a terre.

Salut , jolie cuisinière !

Vous venez bien tard, aujourd'hui ?

FRANçois.

Je vous ai gardée pour la bonne bouche.

( // pose ses petits pains sur la table. ) VICTOIRE.

Je n'ai pas le temps de rire j j'ai mon dîner à faire.

Voyons , quoi que vous m'apportez , par extraordinaire.

FRANÇOIS , montrant ce qu'il a apporté.

Air : Le noble éclat du diadème , elc Sur mon zclc auriez-vous des doutes?

Je vous apporte un pain mollet.

Pour la soupe voilà les croûtes , Pour monsieur voilà 1' pain au lait.

Je n'ai qu'un' flùfc , je la donne, D' vol' bourgeoise j' connais les goûts , Et si j'avais une .;oi ronne , Mamzeir Victoir', ell' s'rait pour vous ! VICTOIRE. *

C'est une honnêteté de voire part.

FRANÇOIS. . s

Ah çà! quand serez-vous doue ma femme? •

VICTOIRE

Quand vous ne serez plus garçon.

FRANÇOIS

Comment ?

Ne m'avez-vous pas dit que voire bourgeoise devait vous céder son fonds?

FRANÇOIS

V'Ià deux ans qu'elle me promet.

VICTOIRE

- Quand vous l'aurez , nous voirons.

FRAVÇOIS.

Faut dans notre élat que tout aille par poids et mesures, je vais passer gindre la semaine prochauie. VICTOIRE.

Vous allez geindre la semaine prochaine?

FRANÇOIS

Non. ( // imite un liomtne qui pétrit, ) Han ! han ! autrement dire, premier garçon.

VICTOIRE

Air de la Boulangère .

Ça m' fait plaisir pour notre amour, 5l'y a plis qu'un pas à faire.

Je n' voudrais pas \ous voir au four Passer la imit entière.

J' veux qu* \ ous soyez matin et soir Avec la boulangère.

Au comptoir.

Avec la boulangère.

( lO )

FRANÇOIS

C n'est pas mon intention non plus J' veux qu'on dise, ma chère, La boulangère a dcsécus, Sa boutique prospère.

Je n' voudrais ras me voir enfin Avec la boulangère ,

Dans r pétrin, Avec la boulangère.

VICTOIRE

Je vois que vous pensez au solide.

FRANÇOIS

C'est comme vous.

VICTOIRE

Les amours sont bonnes, quand il y a du pain à la maison, entendez-vous, beau boulanger.

FRANÇOIS, rianl.

Les amours ne sont pas mauvaises, quand il y a du fricot avec, belle cuisinière. (// saule y en s'appuyant sur sofi panier.) Heim I nous deux... Ah! faut que je Irime, pour revenir à ce soir.

VICTOIRE, écumant le pot au feu.

Je ne vous offre pas un bouillon , le pot ne fait encore que d'écumer.

FRANÇOIS

Vous le mettez trop tard , aussi j c'est égal, donnezmoi un verre de vin.

VICTOIRE

J'en ai toujours là, vous Je savez. (Elle va prendre sous la fontaine une bouteille de i^in.) Il est au frais.

FRANÇOIS

Donnez-moi mon gobelet. f^icloire va le chercher dans le buffet et le met sur la table, FRANÇOIS.

Ci' n'est pas mon gobelet.

Victoire lui en verse à moitié du verre.

FRANÇOIS

Emplissez- le donc , pas de farce. (Elle remplit.)

VICTOIRE

Dépêchez-vous donc, si Madame entrait...

FRANÇOIS, avalant.

Oui, regardez bien j les maîtres sont si ridicules.

ViCtoire, prenant une taille dans le tiroir de la table* Marquez le pain... tenez...

FRANÇOIS

Donnez-moi la taille...

VICTOIRE

La 'là.

FRANÇOIS

Non. (// lui prend la taille.) C'est ça, la taille. (Riant.) Ah! ahl c'est un calembourg. ( Il prend le paquet de tailles auquel est attaché un eustache, place la taille que lui a donné Victoire à coté d'une de celles qui sont au paquet.)

VICTOIRE

Nous disons donc, aujourd'hui, un grand pain,

FRANÇOIS, marquant.

Deux. [Illui rend la taille.) Ah ça! à tantôt, puisque vous avez du monde , je l'eviendrai ce soir.

C'est ça , vous dînerez avec nous.

FRANÇOIS, riant.

C'est ça, tiens, nous rirons, nous ferons des calembourgs, ces demoiselles y viendront-elles?

VICTOIRE

Oui.

FRANÇOIS, lui prenant la taille.

Adieu , ma mignonne , adieu.

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